Prévenir les AVC à la source
Une initiative mondiale sans précédent visant à améliorer la chirurgie cardiaque et à sauver des vies

Le Dr Whitlock est chercheur principal au Programme de soins périopératoires et chirurgicaux de l’Institut de recherche sur la santé des populations à Hamilton et professeur agrégé au Département de chirurgie de l’Université McMaster.

Mention de source : Photo utilisée avec l’autorisation du Dr Richard Whitlock.

Enjeu

La fibrillation auriculaire (FA) est le type le plus courant d’arythmie (trouble du rythme cardiaque) et touche, selon la Fondation canadienne des maladies du cœur, environ 350 000 Canadiens. Les personnes atteintes de FA courent trois à cinq fois plus de risques de subir un AVC. En fait, on estime que jusqu’à 15 % de tous les AVC sont causés par la FA.

Mais comment la FA conduit‑elle à l’AVC? Chez les personnes atteintes de FA, du sang peut stagner dans l’appendice auriculaire gauche, une structure de la cavité supérieure du cœur, et commencer à coaguler. Les caillots ainsi formés peuvent s’infiltrer dans le courant sanguin et, s’ils atteignent le cerveau, causer un AVC. À l’heure actuelle, on a surtout recours aux anticoagulants pour prévenir les AVC chez les personnes atteintes d’une FA, mais leur utilisation est limitée parce qu’ils peuvent provoquer des hémorragies, et que les patients risquent de ne pas respecter le traitement médicamenteux.

Approche

Le Dr Richard Whitlock, de l’Université McMaster et de l’Institut de recherche sur la santé des populations, étudie une nouvelle façon de prévenir l’AVC chez les personnes atteintes de FA, qui consiste tout bonnement à enlever l’appendice auriculaire gauche. Cette intervention visant à prévenir les AVC, qui est pratiquée durant la chirurgie cardiaque, donne lieu à un vif débat parce qu’elle n’a jamais (ou plutôt n’avait jamais) été correctement évaluée dans un essai randomisé.

La Left Atrial Appendage Occlusion Study III (LAAOS III) est une étude internationale dirigée par des Canadiens et financée par les IRSC qui portera sur l’efficacité de l’intervention (sûreté, simplicité, rapport coût‑efficacité) chez 4 700 patients opérés à cœur ouvert qui sont atteints de FA. En tout, 120 centres dans plus de 30 pays participeront à l’étude pour déterminer si l’ablation de l’appendice auriculaire gauche, en plus du traitement habituel, peut réduire le risque d’AVC et d’autres complications.

Impact

LAAOS III a le potentiel de changer la manière dont la chirurgie cardiaque est pratiquée chez les personnes atteintes de FA et de prévenir des centaines d’AVC chaque année au Canada seulement. De plus, l’étude encouragera la réalisation de recherches plus poussées sur cette intervention, laquelle pourrait s’appliquer à d’autres personnes que celles qui sont opérées du cœur et qui présentent une FA.

« La question entourant l’occlusion de l’appendice auriculaire gauche est très importante : les preuves à ce jour sont prometteuses, sans être encore concluantes. S’il est démontré que la LAAOS III prévient l’AVC, cette intervention peut théoriquement avoir des répercussions énormes sur la vie des personnes qui subissent une chirurgie cardiaque partout dans le monde. »

Dr Richard Whitlock
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