Chimiothérapie 2.0 : traitements anticancer ciblés

Dre Sandra Turcotte, Institut atlantique de recherche sur le cancer.
Photo – avec la permission de Martin Wightman.

La nouvelle génération de traitements anticancer personnalisés

17 mars 2016

Depuis leur introduction dans les années 1940, les médicaments chimiothérapeutiques classiques sont largement utilisés pour traiter le cancer en raison de leur capacité de cibler les cellules cancéreuses qui se divisent rapidement. Cependant, pour détruire les cellules cancéreuses, la chimiothérapie est une stratégie qui s'apparente davantage à une pluie de missiles qu'à une attaque ciblée, car les médicaments sont également toxiques pour les cellules saines, ce qui crée des dommages collatéraux importants.   

Les chercheurs savent que la réponse à la chimiothérapie n'est pas la même pour tous les cancers. Le phénomène moléculaire par lequel des cellules cancéreuses répondent à certains types de chimiothérapies tandis que d'autres y résistent demeure obscur.

La Dre Sandra Turcotte, chercheuse résidente à l'Institut atlantique de recherche sur le cancer et professeure de biochimie à l'Université de Moncton, dirige une équipe de chercheurs qui font des progrès importants dans la découverte de la prochaine génération de médicaments ciblés contre le cancer.  

Spécialiste de l'hypernéphrome, communément appelé cancer du rein, la Dre Turcotte n'est pas sans savoir que les tumeurs rénales à un stade avancé résistent aux traitements reposant sur la chimiothérapie classique. Consciente de la nécessité de trouver une meilleure solution, elle cherche à exploiter le pouvoir de la « létalité synthétique ».

Dre Sandra Turcotte, Institut atlantique de recherche sur le cancer.
Photo reproduite avec la permission de l'Université de Moncton.

Le terme « létalité synthétique » – dans lequel synthétique est utilisé dans son sens original venant du grec ancien, c'est-à-dire la combinaison de deux entités qui en forment une nouvelle – désigne les situations où au moins deux mutations cellulaires deviennent létales lorsqu'elles se produisent simultanément dans la même cellule, entraînant la mort de la cellule ou de l'organisme hôte.   

Ainsi, dans le cas d'un médicament chimiothérapeutique, bien que ni la mutation cellulaire ni le médicament n'aient d'effet létal séparément, la combinaison des deux signe l'arrêt de mort de la cellule cancéreuse.

La capacité d'identifier de nouvelles interactions synthétiques létales s'avère une stratégie très prometteuse et un précieux outil pour les médecins, élargissant le choix de traitements anticancer.

Cette nouvelle génération de traitements anticancer ciblés a attiré l'attention de chercheurs comme la Dre Turcotte qui, bien qu'elle s'intéresse d'abord à combattre l'hypernéphrome, est convaincue que la létalité synthétique offre des possibilités illimitées.

La Dre Turcotte aborde le problème d'une façon unique, en tentant de découvrir le rôle particulier joué par la protéine von Hippel–Lindau (VHL) comme inhibiteur du développement du cancer du rein.

Lorsque le gène de VHL est inactivé ou qu'il subit une mutation, on peut voir apparaître diverses tumeurs, dont l'hypernéphrome à cellules claires. Dans leurs recherches, la Dre Turcotte et son équipe ont découvert une nouvelle molécule, la STF-62247, et observent ce qui se produit lorsque la perte de VHL est combinée à cette molécule récemment découverte pour stimuler la létalité synthétique.

Grâce au financement des IRSC, la Dre Turcotte et son équipe continuent d'explorer les façons de parfaire le processus afin de mettre au point des traitements anticancer viables. Ils espèrent qu'un jour, cette nouvelle découverte issue des laboratoires de l'Institut atlantique de recherche sur le cancer parviendra jusqu'aux centres de traitement du cancer partout dans le monde.

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