S'attaquer au diabète au Canada et ailleurs dans le monde
Message des directeurs scientifiques des IRSC à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé 2016

Nous célébrons aujourd'hui la Journée mondiale de la Santé, qui a été instituée pour marquer la création de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 7 avril 1948. Depuis près de 70 ans, l'OMS joue un rôle de premier plan dans la direction et la coordination des activités internationales des Nations Unies dans le domaine de la santé.

Cette année, la Journée mondiale de la Santé a pour thème le diabète, une des nombreuses maladies non transmissibles qui représentent un fardeau et une menace de taille pour la population mondiale. L'OMS estime à 422 millions le nombre de personnes atteintes de diabète dans le monde, dont 2,4 millions au Canada. La campagne de cette année vise à sensibiliser les gens à la hausse du diabète et de son fardeau, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et à mettre en branle des mesures ciblées et abordables pour s'attaquer à la maladie.

Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas d'insuline ou en produit en quantité insuffisante, ou lorsque le corps n'utilise pas efficacement l'insuline qu'il produit. Les formes les plus courantes de la maladie sont le diabète de type 1, qui nécessite des injections quotidiennes d'insuline, et le diabète de type 2, que l'on peut souvent contrôler par l'alimentation, l'activité physique et des médicaments. Le diabète se caractérise par une hyperglycémie (taux élevés de sucre dans le sang) qui, avec le temps, peut causer des lésions au cœur, aux vaisseaux sanguins, aux yeux, aux reins et aux nerfs. Ces lésions peuvent accroître les risques de crise cardiaque et d'AVC et mener à la cécité et à l'amputation.

La bonne nouvelle est qu'il est possible de traiter le diabète. On peut prévenir le diabète de type 2 par des interventions qui visent à sensibiliser les gens, à modifier leur mode de vie et à changer les environnements où ils vivent, jouent, travaillent et apprennent afin de promouvoir un poids santé, l'exercice physique régulier et une saine alimentation. À l'échelle mondiale, le défi consiste non seulement à donner accès à des traitements abordables, mais aussi à mettre en œuvre puis porter à grande échelle des interventions efficaces en matière de prévention partout dans le monde. La situation est particulièrement difficile dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui ne disposent pas des ressources ou de l'infrastructure nécessaires pour mettre en œuvre des programmes de prévention du diabète.

Le Canada joue un rôle de premier plan dans l'amélioration de la compréhension et du traitement du diabète et de ses complications. Cela a commencé par la découverte de l'insuline par Frederick Banting et Charles Best à l'Université de Toronto en 1921. Aujourd'hui, les chercheurs canadiens continuent d'être à l'avant-plan de la recherche sur le diabète grâce au soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada. Tout récemment, les IRSC ont financé un nouveau réseau de recherche national appelé SPOR Network on Diabetes and Related Complications (Réseau de la SRAP sur le diabète et ses complications) (en anglais seulement).

Ce réseau est codirigé par le Dr Gary Lewis, directeur du Centre de recherche sur le diabète Banting et Best de l'Université de Toronto, et le Dr Jean-Pierre Després, à l'Université Laval. Le réseau représente une collaboration importante réunissant des chercheurs d'établissements universitaires canadiens, des patients et des partenaires, dont l'Association canadienne du diabète, la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile et Merck Canada.

La contribution du Canada au défi mondial que pose le diabète passe aussi par la participation des IRSC à l'Alliance mondiale contre les maladies chroniques (AMMC) (en anglais seulement), groupe qui réunit les plus grands organismes de recherche en santé du monde entier. Le diabète est l'une des priorités de l'AMMC. Les organismes membres soutiennent actuellement 17 projets axés sur l'amélioration de la prévention et du traitement du diabète de type 2 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Parmi ces projets, les IRSC en financent un mené au Canada par des chercheurs de l'Université McMaster portant sur la prévention du diabète aux Philippines. Ces chercheurs travaillent avec d'autres chercheurs et des travailleurs de la santé communautaire pour adapter et mettre en place un programme de prévention du diabète dans la région sud-ouest des Philippines. Le programme se fonde sur un programme de sensibilisation à la santé cardiovasculaire élaboré et mis en œuvre au Canada.

Les IRSC s'attaquent aussi au problème du diabète dans les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Canada. L'obésité comme facteur de risque de diabète de type 2 est l'un des quatre domaines prioritaires de l'initiative Voies de l'équité en santé pour les Autochtones des IRSC. En partenariat avec les communautés autochtones, nous soutenons la recherche visant à réduire l'obésité et à prévenir l'apparition du diabète de type 2. Par exemple, le Dr Jonathan McGavock, à l'Université du Manitoba, dirige un projet portant sur un programme faisant appel aux pairs en vue de prévenir la prise de poids chez les jeunes des Premières Nations à risque de développer le diabète de type 2.

À titre de directeurs scientifiques des IRSC, nous sommes fiers d'appuyer le travail exceptionnel des chercheurs canadiens dans le domaine du diabète en collaboration avec de précieux partenaires ici et à l'étranger. Comme pays, le Canada prend des engagements et des mesures concrètes pour s'attaquer au diabète.

Dre Nancy Edwards
Directrice scientifique
Institut de la santé publique et des populations des IRSC

Dr Malcolm King
Directeur scientifique
Institut de la santé des Autochtones des IRSC

Dr Philip Sherman
Directeur scientifique
Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC

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