Proposition alléchante : de jeunes scientifiques carburent au sirop d'érable

De jeunes scientifiques montrent comment le sirop d’érable peut ralentir la progression des maladies neurodégénératives

25 mai 2016

Le Dr J. Alex Parker, professeur agrégé au Département de neurosciences de Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM), est un chercheur financé par les IRSC qui se spécialise dans les maladies neurodégénératives liées à l'âge.

À l'aide de modèles animaux simples (comme des vers de terre), il explore l'évolution des troubles neurologiques et cherche de nouvelles façons de les prévenir ou de ralentir leur progression.

Deux jeunes Montréalaises, Catherine Aaron et Gabrielle Beaudry, étaient des étudiantes de 17 ans au Collège Jean‑de‑Brébeuf qui avaient besoin d'un mentor pour leur projet de recherche parascolaire.

Inspirées par la découverte du Dr Parker sur le rôle du sucre dans la prévention de la progression de la SLA, Catherine et Gabrielle lui ont soumis une idée : pourquoi ne pas tenter la même expérience avec du sirop d'érable? Reconnu depuis longtemps pour ses antioxydants, le sirop d'érable pourrait aussi avoir un effet préventif sur des maladies comme la SLA, la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Dr J. Alex Parker
Photo – avec la permission de Nadia Zheng.

Impressionné par leur enthousiasme, le Dr Parker  a accepté leur proposition.

Il a accueilli les deux jeunes scientifiques à son laboratoire, les encadrant avec son équipe dans leur projet de recherche.

Se fondant sur les travaux du Dr Parker, Catherine et Gabrielle ont donné du sirop d'érable à des vers atteints de SLA pour déterminer si le produit protégeait leurs neurones contre la maladie.

C. elegans
Photo – avec la permission du laboratoire Parker.

Les résultats ont été prometteurs. 

Un grand nombre des vers (C. elegans) incorporant les gènes de la SLA ont pu se défendre contre la progression de la maladie.

On ne sait pas encore ce que cela signifie pour les humains, mais la découverte donne à espérer.

Le Dr Parker s'empresse par contre de préciser qu'il ne faut pas commencer à noyer nos aliments dans le sirop d'érable! La dose équivalente de sirop d'érable chez les humains causerait un risque à la longue, les dangers d'un régime enrichi en glucose étant bien connus (maladies cardiovasculaires, diabète de type 2).

L'étude a quand même produit des données utiles, notamment au sujet des propriétés neuroprotectives du sirop d'érable. On espère que cette découverte débouchera un jour sur des essais avec des modèles animaux plus évolués, comme des souris.

En 2014, Catherine et Gabrielle ont reçu le prix du public (volet québécois) du concours Sanofi Biogenius Canada pour leur travail sur le sirop d'érable.

Ces jeunes scientifiques ont maintenant 19 ans. Catherine est en première année de médecine à l'Université de Montréal, alors que Gabrielle étudie en psychologie à l'Université de Sherbrooke.

De leur côté, le Dr Parker et son équipe ne ménagent pas les efforts afin d'en apprendre toujours davantage sur les maladies neurodégénératives, avec l'aide de C. elegans.

Le 20 avril 2016, le prestigieux Journal of Agricultural and Food Chemistry a publié leur étude, « Maple syrup decreases TDP-43 proteotoxicity in a C. elegans model of ALS ». Félicitations à tous les intéressés pour cette belle réussite.

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