Dre Nadine Caron – mentor autochtone et participante au développement des capacités autochtones

Dre Nadine Caron
Photo – avec la permission de Martin Dee.

Source d’inspiration de la prochaine génération de leaders autochtones combinant médecine moderne et respect pour les connaissances autochtones

Affiché initialement le 21 juin 2016

Membre du conseil d’administration des IRSC, la Dre Nadine Caron, une Ojibway de Kamloops en Colombie-Britannique, est la première femme autochtone à recevoir un doctorat en médecine de l’Université de la Colombie-Britannique (UCB). Elle a ensuite obtenu une maitrise en santé publique de l’Université Harvard durant sa résidence en chirurgie générale à l’UCB, avant de décrocher une bourse de recherche en chirurgie oncologique endocrinienne à l’Université de la Californie (San Francisco).

Dre Nadine Caron est la récipiendaire du Prix Thomas Dignan en santé des Autochtones 2016 du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

Très consciente de la sous-représentation des populations nordiques et autochtones dans l’élaboration des politiques de santé, la Dre Caron s’efforce, par ses recherches et son travail de revendication, d’influencer les politiques de santé canadiennes de façon à ce qu’elles répondent mieux aux besoins des populations marginalisées, y compris les Autochtones et les habitants des régions nordiques et rurales.

Les recherches de la Dre Caron visent à assurer à tous les Canadiens un accès équitable aux services de santé et aux programmes de formation en médecine, quel que soit leur lieu de résidence.

Depuis de nombreuses années, elle agit comme porte-parole non seulement des Autochtones, mais aussi des populations nordiques et rurales, attirant l’attention sur leurs perspectives uniques. La sensibilisation des décideurs aux besoins particuliers de ces populations contribue à une plus grande équité dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des soins chirurgicaux en Colombie-Britannique.

De fait, l’impact de son travail se fait sentir à la grandeur du pays.

En particulier, les recherches de la Dre Caron mettent en évidence des disparités claires entre les services offerts dans les grands centres urbains et ceux offerts dans les collectivités autochtones, rurales, éloignées ou nordiques. À partir de cette information, on s’est livré à des analyses des lacunes dont les résultats guident aujourd’hui l’amélioration des politiques et des pratiques.

Par exemple, dans son travail de chirurgienne, la Dre Caron a constaté que l’information utilisée pour guider les choix thérapeutiques provenait surtout des régions métropolitaines, et était conçue pour des patients dont la réalité diffère souvent totalement de celle des gens du Nord. Il a été déterminé que cette situation découlait en partie d’un manque de données, ce que la Dre Caron a entrepris de changer.

Voici quelques obstacles communs liés à la géographie qui empêchent les gens d’accéder à l’éventail complet des services de santé :

  • manque d’outils de diagnostic de pointe;
  • problèmes de connectivité découlant de l’accès limité aux services Internet à large bande, essentiels pour profiter des innovations en télésanté;
  • choix limité en matière de soins opératoires (incluant les examens préopératoires et les soins postopératoires), ce qui nécessite souvent de longs déplacements et un hébergement temporaire loin de la famille et des réseaux sociaux, avec pratiquement aucun soutien sur place;
  • manque d’humilité culturelle et de sécurité culturelle dans le secteur de la santé.

La Dre Caron incarne le concept de double regard, une philosophie des Premières Nations qui encourage à reconnaitre la valeur des perspectives multiples comme moyen de comparer différentes cultures, d’en faire ressortir les différences et de les enrichir mutuellement. Cette capacité fait d’elle une pionnière reconnue. Elle travaille aussi sans relâche pour faire de l’UCB le lieu d’apprentissage de choix pour la prochaine génération de professionnels de la santé autochtones (médecins, chirurgiens, infirmières, dentistes, etc.), en soutenant des programmes de mentorat pour étudiants autochtones.

En respectant les connaissances traditionnelles autochtones et en revendiquant un espace pour la sagesse et la perspective autochtones, elle est devenue une courroie de transmission entre la médecine moderne et les pratiques de guérison traditionnelles, permettant la libre circulation des idées.

« Les Autochtones peuvent devenir des leaders en santé, non seulement en santé autochtone, mais en santé en général. Ils peuvent modifier de façon démontrable la santé et le bienêtre et travailler à une meilleure prise en charge du diabète, du cancer, de la maladie mentale et de bien d’autres problèmes de santé. »

Dre Nadine Caron

La Dre Caron continue de chercher comment donner aux Autochtones les moyens de jouer un rôle plus actif dans l’avenir de leurs soins de santé, et se rend régulièrement dans des collectivités éloignées de la Colombie-Britannique pour prononcer des conférences publiques à titre bénévole. Au fil des ans, elle est devenue pour les jeunes un puissant modèle de rôle qui les incite à saisir toutes les occasions possibles de parfaire leur formation et à suivre le chemin qu’elle a ouvert.

Ouvrir des portes et combler des lacunes est devenu une seconde nature pour la Dre Caron, qui demeure une habituée des premières, étant récemment devenue la première femme autochtone à obtenir sa permanence à la Faculté de médecine de l’UCB.

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