Un atelier des IRSC permet de réunir de chercheurs et des représentants de l'industrie pour lutter ensemble contre les « superbactéries »
Des chercheurs et l'industrie explorent des partenariats pour contrer la résistance aux antimicrobiens

Des représentants de la communauté de recherche en santé, de l’industrie et du gouvernement se réunissent pour contrer la résistance aux antimicrobiens.

Les 21 et 22 juin, l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) a tenu à Ottawa un atelier réunissant des chercheurs dans le domaine de la santé ainsi que des représentants de l'industrie pharmaceutique, du secteur des soins de santé et du gouvernement pour agir contre une menace grandissante pour la santé publique : les bactéries, les virus et les autres microbes devenus résistants à des médicaments auparavant efficaces comme les antibiotiques.

Phénomène connu comme la résistance aux antimicrobiens (RAM), l'émergence de « superbactéries » pose des risques importants pour la santé publique, comme la propagation des maladies infectieuses, l'augmentation des couts des soins de santé, et le risque de mortalité par suite de maladies auparavant soignables.

Chef de file mondial de la recherche sur les maladies infectieuses, le Canada a un rôle clé à jouer dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, ce qui explique qu'une soixantaine de personnes se soient réunies au Centre Shaw d'Ottawa.

Listes des sociétés représentées :

  • Axela Inc.
  • Biomerieux
  • Cytodiagnostics
  • GenePOC
  • GSK Canada
  • Janssen
  • Merck
  • Moleculomics
  • Philips Healthcare
  • Pro-Lab

Plus précisément, ces personnes cherchaient à établir des relations de travail collaboratives et à former des équipes qui, avec un financement de 3,6 millions de dollars des IRSC (et des fonds de contrepartie de l'industrie), puissent mettre au point de nouveaux tests pour diagnostiquer la résistance aux antimicrobiens avec rapidité et précision. Les équipes s'efforceront notamment de concevoir des tests permettant de distinguer les infections bactériennes des infections virales, et de dépister des pathogènes comme C. difficile, Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), et la famille de bactéries qui comprend Salmonella et E.coli – des microbes particulièrement problématiques, selon l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis.

À l'atelier, les participants ont eu l'occasion de réseauter, d'échanger sur les secteurs de recherche qui les intéressent, et de se renseigner sur les fonds mis à disposition par le gouvernement du Canada pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens. Des représentants des IRSC, de Santé Canada, de l'ASPC et du Conseil national de recherches étaient du nombre.

« Les IRSC sont heureux d'avoir pu aider à réunir la communauté de recherche et l'industrie, qui, par leur action concertée, seront en mesure de trouver des solutions réellement innovantes à la menace mondiale que constitue la résistance aux antimicrobiens », a affirmé le Dr Marc Ouellette, directeur scientifique de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC.

Au pays, les IRSC jouent un rôle de premier plan dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens au Canada en s'associant à des ministères fédéraux comme Santé Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada, ainsi qu'aux provinces et territoires, pour financer la recherche qui renforcera la surveillance et les capacités de recherche en laboratoire; qui aidera à mettre au point de nouveaux traitements, tests diagnostiques et mesures préventives; et qui permettra de mieux comprendre la façon dont la résistance aux antimicrobiens se transmet entre différents organismes, par exemple, des animaux aux humains.

Sur la scène mondiale, le Canada, par l'entremise des IRSC, s'est joint à 21 autres États membres qui mettent en commun des ressources dans le cadre de l'Initiative de programmation conjointe sur la résistance aux antimicrobiens (en anglais seulement), afin de lutter contre un problème réellement planétaire représentant une priorité bien actuelle pour les pays du G7 et du G20.

Après la tenue de l'atelier à Ottawa, les équipes auront jusqu'au mois de novembre pour présenter une demande de financement aux IRSC à hauteur de 3,6 millions de dollars, et l'annonce des candidats financés aura lieu au début de la nouvelle année. Ultérieurement, les équipes auront la possibilité de présenter une demande de financement supplémentaire de l'ordre de millions de dollars provenant des IRSC, afin d'étendre la portée de leurs projets au cours des années à venir.

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