IMAGINE un avenir sans maladies digestives

L'honorable Jane Philpott, Megan Henry, Filomena Tassi et le Dr Paul Moayyedi lors de l'annonce de la mise sur pied du réseau IMAGINE de la SRAP.

Allocution de Megan Henry et du Dr Paul Moayyedi lors de l'annonce de la mise sur pied du réseau IMAGINE de la SRAP.

Le réseau révolutionnaire IMAGINE de la SRAP pourrait annoncer la fin des maladies digestives comme les MII et le SCI

31 aout 2016

Les problèmes de digestion de Megan Henry ont commencé lorsqu'elle avait 16 ans. À cette époque, elle a commencé à ressentir d'intenses douleurs abdominales et à devoir passer beaucoup de temps aux toilettes, ce qui a engendré chez elle un sentiment de honte et un désir de s'isoler. Megan ne comprenait pas ce qui se passait dans son corps, jusqu'à ce qu'elle reçoive enfin un diagnostic de maladie de Crohn et de syndrome du côlon irritable (SCI). 

Les maladies inflammatoires de l'intestin (MII) regroupent deux affections intestinales distinctes qui se ressemblent : la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Les personnes atteintes de la maladie de Crohn présentent une inflammation du tractus gastro-intestinal, qui provoque de nombreux symptômes débilitants, y compris une intense douleur abdominale. Cette inflammation est visible à l'examen. Les personnes atteintes de colite ulcéreuse, quant à elles, présentent une inflammation apparente limitée au gros intestin qui entraine principalement une activité intestinale irrégulière. Pour sa part, le SCI est un trouble fonctionnel qui ne s'accompagne d'aucune inflammation décelable et pour lequel l'arsenal diagnostique courant ne révèle aucun résultat anormal. Des symptômes semblables à ceux de la maladie de Crohn y sont associés, y compris la douleur abdominale et l'activité intestinale irrégulière, mais il est plus difficile à diagnostiquer, vu l'absence d'inflammation visible.

La prévalence des MII et du SCI au Canada compte parmi les plus élevées du monde. De fait, 1 Canadien sur 150 souffre d'une MII, ce qui en fait un problème aussi courant que le diabète de type 1 ou l'épilepsie. Il en va de même pour le SCI, qui touche 5 millions de Canadiens auxquels s'ajoutent 120 000 nouveaux cas chaque année.

Sources : Crohn et Colite Canada et Fondation canadienne de la santé digestive.

Le sentiment d'isolement ressenti par Megan à l'époque où elle a reçu son diagnostic l'a poussée à se tourner vers Internet pour trouver des conseils qui l'aideraient. Elle y a découvert de nombreux blogues très inspirants de personnes atteintes d'un trouble intestinal comme elle. C'est alors qu'elle a décidé de lancer son propre blogue, The Gut Gazette (en anglais seulement), lequel est vite devenu une destination populaire au sein du lectorat des blogues sur la santé. Pour Megan, les échanges qu'elle a commencé à avoir avec d'autres patients grâce à son blogue ont marqué « une période charnière de son existence », comme elle le dit. « Soudainement, je ne me sentais plus aussi seule. Il y avait d'autres gens qui vivaient exactement la même chose que moi », poursuit-elle.

En continuant de se renseigner sur la santé digestive pour tenir son blogue à la popularité grandissante, Megan a découvert avec étonnement le grand nombre de personnes qui souffraient des mêmes troubles qu'elle. Cette découverte l'a incitée à mettre sur pied un groupe d'entraide pour les gens atteints de problèmes de santé digestive durant sa deuxième année d'études à l'Université de Guelph.

Quelques années plus tard, une série d'évènements ont amené Megan à jouer le rôle de représentante des personnes atteintes d'une MII ou du SCI au cours d'une réunion en vue de l'évaluation de demandes de subventions. C'est lors de cette réunion qu'elle a fait la connaissance du Dr Paul Moayyedi, chercheur subventionné par les IRSC, professeur de gastroentérologie à l'Université McMaster et un des principaux chercheurs au sein du réseau IMAGINE de la SRAP. Le scientifique l'a par la suite invitée à se joindre à une équipe de représentants des personnes atteintes d'un problème de santé digestive au sein du réseau IMAGINE de la SRAP.

Le Dr Paul Moayyedi au Farncombe Family Digestive Health Research Institute. Photo offerte par l'Université McMaster.

Le réseau IMAGINE de la SRAP

IMAGINE est un acronyme qui désigne Inflammation, Microbiome and Alimentation: Gastro-Intestinal and Neuropsychiatric Effects Network (réseau [de recherche] sur les effets gastro-intestinaux et neuropsychiatriques associés à l'inflammation, au microbiome et à l'alimentation). Le réseau IMAGINE est l'un des cinq réseaux de recherche sur les maladies chroniques financés par la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) du Canada.

Le Dr Moayyedi collabore actuellement avec des chercheurs, des spécialistes cliniciens et des patients partout au Canada en vue de déterminer le lien entre l'alimentation, la flore intestinale et les troubles gastro-intestinaux chroniques comme les MII et le SCI. Ces troubles ayant été associés à des taux élevés d'anxiété et de dépression, le réseau IMAGINE de la SRAP se penchera aussi sur la relation entre les problèmes de santé mentale et les troubles gastro-intestinaux chroniques.

Il est prévu de recruter 8 000 adultes et enfants canadiens pour participer à l'étude : 2 000 personnes atteintes de la maladie de Crohn, 2 000, de la colite ulcéreuse, 2 000, du SCI et 2 000 en bonne santé digestive. Au cours des cinq prochaines années, l'équipe de recherche examinera les changements dans l'alimentation et dans la flore intestinale de chaque participant, et étudiera la relation de ces changements avec l'exacerbation des symptômes.

Participation des patients

La participation de représentants des patients comme Megan est un autre élément important du réseau IMAGINE de la SRAP. Selon le Dr Moayyedi, ces représentants « apportent une bouffée d'air frais. Nous avons réellement tenu compte de leur rétroaction pour définir notre projet de recherche, et nous continuerons d'être à leur écoute. Leur perspective diffère de celle des chercheurs, mais elle est très importante. Ils nous aident à réaliser la meilleure recherche possible qui nous permettra d'obtenir des réponses ayant une pertinence pour les patients. »

Les chercheurs espèrent mieux comprendre les causes des MII et du SCI à la fin de l'étude, ce qui devrait ouvrir la voie à la mise au point de traitements plus efficaces, voire mener un jour à la découverte de traitements curatifs, pour ces maladies qui touchent des millions de Canadiens.

Le rôle de représentante des patients qu'a accepté de jouer Megan lui permet de puiser dans son expérience pour influer sur le type de recherche menée par le réseau IMAGINE de la SRAP. « Travailler avec le Dr Moayyedi et tous les autres gastroentérologues réputés, en plus d'avoir le privilège de représenter d'autres patients est une expérience incroyable », conclut-elle.

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