Discours du président : Partager la terre, partager un avenir – Forum national marquant le 20e anniversaire de la Commission royale sur les peuples autochtones

4 novembre 2016

Winnipeg, Manitoba

Merci, Gauri, pour votre aimable présentation. [Gauri Sreenivasan, Fédération des sciences humaines]

Distingués invités, chers amis,

Je voudrais d’abord reconnaitre le territoire ancestral des Anishinaabeg, des Cris, des Oji-Cris, des Dakotas et des Dénés sur lequel nous nous trouvons aujourd’hui. J’aimerais aussi reconnaitre ce territoire comme celui de la nation métisse.

Je tiens à remercier le Centre Caboto d’accueillir ce forum, ainsi que l’École d’études en politiques de l’Université Queen’s et le Centre national pour la vérité et la réconciliation de l’Université du Manitoba d’avoir organisé l’évènement.

Alors que nous sommes réunis à l’occasion du 20e anniversaire de la Commission royale sur les peuples autochtones, il convient de prendre une pause pour réfléchir aux progrès accomplis et faire l’inventaire de ce qui reste à faire – ensemble.

Il y a 20 ans, les graines de l’espoir ont été semées.

Par leurs recommandations audacieuses et clairvoyantes, les visionnaires de la Commission royale sur les peuples autochtones ont documenté les aspirations des Autochtones dans un rapport qui a suscité l’espoir de toute une génération de Canadiens.

Ils ont entendu ce qui devait être dit, ont été touchés par ces paroles, et ont tenu compte des nombreuses voix représentatives de toute la diversité des peuples autochtones du Canada.

En particulier, la Commission royale a reconnu l’existence de lacunes au niveau des soins de santé et de la recherche en santé – des lacunes qui devaient être comblées.

Lors de la création des IRSC en 2000, les membres du milieu scientifique et les dirigeants des IRSC ont compris que la recherche en santé autochtone devait être une priorité.

En reconnaissance de cette priorité, les IRSC ont inclus l’Institut de la santé des Autochtones parmi leurs 13 instituts de départ.

Je suis fier de dire que cet institut demeure le seul institut national de recherche en santé au monde consacré à l’amélioration de la santé et du bienêtre des peuples autochtones.

Au nom des IRSC, je désire reconnaitre les contributions inestimables des dirigeants de cet institut : le Dr Jeff Reading, le tout premier directeur scientifique, et le Dr Malcolm King, le directeur scientifique actuel. 

Malcolm ne pouvait être avec nous aujourd’hui puisqu’il se trouve à Melbourne, en Australie, pour représenter le Canada à la Conférence internationale sur la santé et le bienêtre des Autochtones du Lowitja Institute. Mais je sais qu’il aurait aimé être ici, et je désire le remercier sincèrement de ses efforts acharnés pour promouvoir l’excellence en recherche sur la santé des peuples autochtones.

Je suis fier du soutien apporté jusqu’ici par les IRSC à la recherche en santé autochtone et à la formation d’une nouvelle cohorte de chercheurs-boursiers autochtones dans ce domaine. 

Mais je suis particulièrement sensible à ce que nous avons appris comme organisation au cours de nos 16 années de collaboration avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis du Canada.

Nous avons appris à connaitre l’extraordinaire richesse et diversité de ces collectivités, ainsi que leurs méthodes traditionnelles d’apprentissage – et de guérison.

Nous avons appris à connaitre la recherche communautaire et avons créé, conjointement avec les communautés, ce qu’on appelle aujourd’hui la science de la mise en œuvre. D’ailleurs, l’initiative phare « Voies de l’équité en santé pour les Autochtones » a constitué la première grande initiative stratégique des IRSC en sciences de la mise en œuvre et de la prestation.

Nous avons appris combien il est difficile pour les jeunes chercheurs autochtones de s’intégrer à un système universitaire occidental, ce qui nous a incités à créer des programmes de mentorat.

Nous avons appris combien il est difficile pour les collectivités inuites de vivre dans un pays qui demeure entièrement tourné vers le Sud, ce qui nous a amenés à concevoir des projets chapeautés par le Conseil de l’Arctique.

Mais notre découverte la plus importante est peut-être celle de la terrible situation des communautés autochtones par rapport aux enjeux de santé, et de leurs résultats de santé très en deçà de ceux des autres Canadiens.

C’est pourquoi nous avons besoin de plus de recherche, afin de produire les données scientifiques qui permettront d’améliorer l’état de santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Canada.

Dans leur plus récent plan stratégique, Feuille de route pour la recherche, les IRSC ont fait de la santé et du bien-être des populations autochtones une de leurs quatre priorités de recherche.

En réponse à un certain nombre d’appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, nous reconnaissons que le moment est venu d’intensifier nos efforts de recherche en santé des Autochtones.

Par cet engagement, les IRSC ont resserré leurs liens avec les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Suivant les conseils de celles-ci, nous avons promis la mise en œuvre immédiate d’une série de mesures concrètes pour renforcer davantage la recherche en santé autochtone au Canada.

En particulier, les IRSC s’engagent à :

  1. améliorer leur capacité d’interagir avec les communautés autochtones d’une manière adaptée à leur culture, en créant une équipe spécialement chargée de travailler directement avec les peuples, les chercheurs et les communautés autochtones;
  2. s’assurer que le gouvernement fédéral est informé du besoin de représenter la diversité des peuples autochtones du Canada dans la composition du conseil d’administration des IRSC;
  3. accepter la définition de « recherche en santé autochtone » élaborée par l’Institut de la santé des Autochtones de concert avec les parties prenantes autochtones;
  4. établir, en collaboration avec le nouveau conseil consultatif des instituts sur la santé des Autochtones, des indicateurs de rendement pour valider les investissements des IRSC dans la recherche en santé autochtone;
  5. porter leurs investissements dans la recherche en santé autochtone à au moins 4,6 % de leur budget annuel (ce qui est proportionnel à la population autochtone du Canada);
  6. chercher à augmenter ces investissements à mesure que le permettront la capacité de recherche et des ressources financières accrues;
  7. continuer à travailler avec le groupe de référence pour la recherche en santé autochtone afin d’utiliser un processus itératif d’évaluation par les pairs pour les demandes de subvention touchant la santé autochtone, de telle manière à assurer de meilleurs taux de succès pour les propositions de recherche libre portant sur la santé des Autochtones;
  8. créer, en consultation avec le conseil consultatif des instituts sur la santé des Autochtones, des initiatives stratégiques porteuses visant à améliorer la santé des peuples autochtones;
  9. organiser chaque année des réunions entre le président des IRSC et les dirigeants de l’Assemblée des Premières Nations, de l’Inuit Tapiriit Kanatami et du Conseil national des Métis pour discuter des priorités de recherche en santé autochtone;
  10. travailler avec les autres conseils de recherche fédéraux pour élaborer des stratégies visant à renforcer la capacité de recherche autochtone par la formation et le mentorat dans tout le continuum professionnel, depuis les études de premier cycle jusqu’au niveau postdoctoral.

Aux IRSC, nous comprenons le pouvoir et le potentiel de la recherche en santé, et l’importance de la collaboration. J’ai bon espoir que les nouvelles connaissances qui résulteront de ces mesures ciblées contribueront positivement à la santé des personnes, des familles et des communautés.

Par ailleurs, nous espérons et nous prévoyons que les mesures et les engagements que nous prenons aujourd’hui contribueront véritablement à affermir une relation de confiance et de respect mutuel, ainsi qu’à améliorer la santé des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Je me réjouis déjà de travailler avec vous – et tous nos partenaires autochtones – à la réalisation de ces objectifs.

Merci

Thank you

Miigwetch

Ékosi

Munsi

Marsee

Matna

Wopida

Wela’lioq

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