Déclaration du Dr Marc Ouellette à l'occasion de la Journée mondiale du sida 2016

Le 1er décembre est la Journée mondiale du sida. C’est une journée pour réfléchir aux progrès réalisés en vue d’éradiquer cette grave menace de santé publique, et au travail qu’il reste à faire. Le 1er décembre marque aussi le début de la Semaine nationale de sensibilisation au sida chez les Autochtones visant à reconnaître le fait que les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis continuent d’être touchées de façon disproportionnelle par cette maladie. En effet, bien qu’ils comptent pour seulement 4,6 % de la population canadienne, les Autochtones représentent 12,2 % des nouveaux cas d’infection par le VIH, et 8,9 % des personnes vivant avec le VIH au Canada.

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a fixé un objectif mondial de 90-90-90 d’ici à 2030 – c’est-à-dire que 90 % des personnes infectées par le VIH seront conscientes de leur état, 90 % des personnes conscientes de leur état seront traitées, et 90 % des personnes traitées auront une charge virale réduite, ce qui signifie qu’elles risqueront moins d’en infecter d’autres.

Les IRSC annoncent un investissement dans la lutte contre le VIH/sida

Les IRSC sont heureux d’annoncer l’investissement récent de plus de 3,5 millions de dollars pour financer les travaux de chercheurs sur le VIH/sida à l’avant garde de la recherche biomédicale et clinique, ou travaillant dans les communautés les plus sujettes à l’infection par le VIH, dont les communautés autochtones.

Ce investissement permettra de financer 23 subventions de recherche.

Je suis heureux de dire que le Canada avance vers l’atteinte de ces objectifs : les données semblent indiquer qu’environ 80 % des personnes infectées par le VIH au Canada sont diagnostiquées, que 76 % des personnes diagnostiquées sont traitées, et que 89 % des personnes traitées présentent une charge virale réduite.

C’est un revirement de situation remarquable qui s’est produit au Canada au cours des 30 dernières années si l’on considère que l’infection par le VIH, qui équivalait auparavant à une condamnation à mort, est aujourd’hui une maladie chronique qui peut être prise en charge avec le bon traitement. L'ONUSIDA a annoncé le mois dernier que plus de 18 millions de personnes ont maintenant accès à une thérapie antirétrovirale.

Toutefois, il ne saurait être question de relâcher nos efforts : le VIH/sida continue de poser un risque pour certaines communautés en particulier, comme les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, les Autochtones et les utilisateurs de drogues par injection. À l’échelle internationale, les filles et les jeunes femmes en Afrique subsaharienne continuent d’être infectées par milliers chaque semaine. Et ici, au Canada, les Premières Nations, les Métis et les Inuit sont encore surreprésentés et leur nombre atteint des proportions épidémiques supérieures à celles des autres canadiens.

On me rappelle constamment, en ma qualité de directeur scientifique de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, l’incroyable travail accompli par le Canada pour lutter contre le VIH/sida et le rôle exemplaire que joue le pays en fournissant des données probantes pour mieux prendre en charge cette maladie. Entre 2010 et 2015, les IRSC ont investi près de 238 millions de dollars pour appuyer des chercheurs et des stagiaires qui, par leur travail, ajoutent à ce que nous savons déjà sur le virus et essaient sans cesse de concevoir de nouveaux traitements, des stratégies de prévention et, au bout du compte, un remède au VIH. Les chercheurs financés par les IRSC sont les auteurs de recherches vraiment impressionnantes sur des sujets allant des atteintes neurocognitives liées au VIH et des nouveaux défis que posent le VIH et le vieillissement, à la prévention en premier lieu des infections par la prophylaxie pré-exposition. Les investissements dans la recherche communautaire sont tout aussi importants. Ils procurent des moyens d’action aux membres de la communauté et les placent au centre des programmes de recherche dont les buts sont d’améliorer la santé communautaire et d’éliminer les disparités en matière de santé. Tout le monde y gagne quand les conclusions et les données probantes de la recherche en santé sont intégrées dans la politique et la pratique des soins de santé.

J’aimerais profiter de la Journée mondiale du sida cette année pour remercier les nombreux chercheurs sur le VIH/sida, responsables des politiques, médecins, infirmières, travailleurs sociaux et personnes vivant avec le VIH/sida qui ne ménagent aucun effort pour en finir avec le VIH/sida. Enfin, les IRSC ne seraient pas en mesure d’accomplir leur travail sans des partenaires clés comme l’Agence de la santé publique du Canada, les Services correctionnels du Canada, la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits de Santé Canada, la Fondation Bill et Melinda Gates , CATIE, l’Association canadienne de recherche sur le VIH/sida et la Fondation canadienne de recherche sur le sida, entre autres.

Marc Ouellette, Ph.D.
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC

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