Les meilleurs chercheurs de 2016 – Biographies

Dre Julie Carrier
Centre d'études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS),
Université de Montréal

Dormez-vous?

Si vous ne dormez plus comme un bébé, vous n'êtes pas seul. Notre cerveau change à mesure que nous vieillissons, ce qui influe sur notre façon de dormir. Bien que plusieurs de ces changements soient normaux, des chercheurs pensent qu'en aidant les personnes âgées à mieux dormir, nous pourrions un jour contribuer au rajeunissement de certaines fonctions cérébrales, comme la concentration et la mémoire. En savoir plus


Dre Janice Keefe
Centre sur le vieillissement de la Nouvelle-Écosse,
Université Mount Saint Vincent

Personnes âgées – ajouter de la vie aux dernières années (projet SALTY)

Au cours de leurs dernières années de vie, les personnes âgées et leurs proches aidants sont confrontés à des questions médicales et sociales qui peuvent se répercuter sur leur bienêtre. Tout le monde souhaite bien vivre ses dernières années, mais cela peut s’avérer difficile, en particulier en maison de soins infirmiers.

Conçu par des intervenants de tout le pays (chercheurs, fournisseurs de soins, administrateurs de la santé, responsables des politiques, personnes âgées et leur famille), le projet « Seniors - Adding Life To Years (SALTY) » vise à améliorer la qualité de vie des personnes qui finissent leurs jours en maison de soins infirmiers et de leurs aidants, y compris les membres de leur famille, leurs amis et les bénévoles qui s’occupent d’eux. Nous évaluerons des pratiques, des politiques et des programmes prometteurs en usage dans des maisons de soins de quatre provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Ontario, et Nouvelle-Écosse), et accorderons une attention particulière aux problèmes liés à la démence, aux questions de genre et aux intérêts sous-représentés. La recherche du projet SALTY comporte quatre volets interreliés : surveillance des pratiques thérapeutiques; schématisation d’approches prometteuses en matière de relations dans les soins; évaluation de pratiques innovatrices; examen des politiques. Dans la conception de notre étude, nous interagissons directement avec des décideurs, des utilisateurs des connaissances, du personnel de maisons de soins de longue durée, des résidents et leurs aidants afin que les conclusions demeurent utiles aux pratiques et aux politiques, et à l’amélioration de la qualité de vie des personnes qui finissent leurs jours en maison de soins et de leurs aidants.


Dr Liang Li
Département de chimie,
Université de l'Alberta

Détection précoce de la démence : La salive pourrait renfermer des indices utiles au diagnostic et au traitement de la maladie d'Alzheimer

Les trous de mémoire sont tantôt une manifestation normale du vieillissement, tantôt le signe d'un problème plus grave, mais où peut-on tracer la ligne entre les deux?

Voilà une question qui préoccupe de plus en plus de Canadiens âgés et leurs proches. En 2011, quelque 747 000 personnes âgées de 65 ans ou plus au Canada – près de 15 % de cette population – étaient atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une autre forme de démence. La Société Alzheimer du Canada estime que ce chiffre pourrait s'élever à 1,4 million d'ici 2031.

Les chercheurs ont tenté, des années durant, de trouver une façon simple de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer et de mettre au point des médicaments pour la traiter. En savoir plus


Dr Cam Mustard
Président et scientifique principal,
Institut de recherche sur le travail et la santé

Surmonter les inégalités en santé pour prolonger la vie active (projet THRIVE)

En Europe et au Canada, les responsables des politiques font face à des défis particuliers en raison de l’augmentation de l’espérance de vie, du changement du profil d’âge de la population et de l’accroissement correspondant de la prévalence des maladies chroniques et de l’invalidité. Cette augmentation de l’espérance de vie n’est pas égale pour tous; en effet, certaines inégalités sont souvent négligées lors de l’élaboration des politiques. Les travailleurs peu qualifiés, par exemple, ont une espérance de vie plus courte, sont aux prises avec des maladies chroniques et l’invalidité précocement, sont plus susceptible d’être atteints de morbidités multiples en vieillissant et, par conséquent, vivront moins longtemps après la retraite. Les responsables des politiques européens et canadiens sont donc confrontés à un double défi : préserver la santé, la qualité de vie et le bien-être chez les groupes vieillissants tout en trouvant des façons plus efficaces de s’assurer que toutes les personnes âgées sont traitées équitablement dans les stratégies et les politiques visant le prolongement de la vie active.

Le projet THRIVE rassemble un groupe homogène de pays – le Royaume-Uni, le Canada, la Suède et le Danemark – qui sont tous aux prises avec des problèmes semblables en matière de politiques, mais qui ont adopté différentes stratégies pour les surmonter. Les membres du projet THRIVE sont tous des chefs de file dans le domaine de la recherche sur l’emploi et les inégalités en santé. Ils entretiennent une collaboration fructueuse les uns avec les autres depuis bon nombre d’années.

Nous réaliserons une analyse quantitative et comparative d’ensembles de données sur la population de chaque pays pour déterminer comment les profils de morbidité et de comorbidité associés à diverses affections physiques ou mentales varient tout au long de la vie active selon le statut socio-économique et le genre dans les différents pays. L’analyse nous permettra également d’en observer l’évolution au fil du temps. De plus, nous examinerons la variation sur le plan des conséquences de différentes maladies chroniques sur l’emploi des personnes vieillissantes selon le pays, ainsi que les raisons de cette variation et les répercussions pour les politiques visant à prolonger la vie active. La synthèse des résultats de l’analyse des ensembles de données nationaux permettra de connaître l’incidence des inégalités en santé sur la capacité à travailler plus longtemps dans chaque pays.


Dre Susan Slaughter
Faculty of Nursing,
Université de l'Alberta

MOVE (Mobility of Vulnerable Elders)

L’étude MOVE (Mobility of Vulnerable Elders) sur la mobilité des ainés vulnérables avait pour objectif d’évaluer l’effet des exercices de verticalisation (passer de la position assise à la position debout), une innovation simple, sur la mobilité et les facultés des résidents des foyers de soins de longue durée atteints de démence. La capacité de passer de la position assise à la position debout s’est améliorée chez les résidents ayant exécuté les exercices de verticalisation durant six mois, comparativement aux résidents qui ont reçu les soins habituels. Au bout de six mois, les résidents exécutant les exercices de verticalisation ont également présenté de meilleurs résultats fonctionnels que les autres résidents. Bien que la capacité à accomplir des tâches de la vie quotidienne ait diminué dans les deux groupes, le déclin a été plus lent chez les résidents ayant exécuté les exercices.

Les fournisseurs de soins directs ont intégré les exercices de verticalisation dans les activités quotidiennes des résidents (deux fois durant le quart de jour et deux fois durant le quart de soir). Cette intervention peu couteuse ne requiert pas de personnel, de formation ou d’équipement spécialisés, et ne nécessite pas beaucoup de temps. Le fait de maintenir la mobilité des résidents peut réduire le temps de soins directs nécessaire et, par ce fait même, réduire les couts liés aux soins. Par ailleurs, réduire les risques de conséquences indésirables liés à l’immobilité peut permettre de réaliser des économies dans le système de santé.

Les résultats de cette étude ont été présentés à la réunion annuelle de 2013 de l’Association canadienne de gérontologie et ont été publiés dans le Journal of the American Medical Directors Association en 2015.

En s’inspirant des résultats de l’étude MOVE, l’équipe de recherche a obtenu du financement de l’organisme Alberta Innovates – Health Solutions pour mener un essai contrôlé randomisé par grappes de 3 ans. Cet essai vise à évaluer les mérites relatifs de diverses interventions en matière d’application des connaissances pour améliorer la viabilité des exercices de verticalisation dans la pratique des fournisseurs de soins directs.


Dr Tom Stelfox
Medicine and Community Health Sciences,
Université de Calgary

Conception et évaluation d’un cheminement thérapeutique incluant la famille pour les patients âgés en phase critique

Avec le vieillissement de la population, un nombre grandissant de patients âgés sont admis aux soins intensifs pour y subir des traitements de survie. Puisque les patients âgés en phase critique sont traditionnellement exclus des essais cliniques, il existe peu de données pour guider les approches à employer pour cette catégorie de patients.

Dans des études d’observation sur des patients âgés atteints de maladies graves, on a constaté qu’il existait de nombreux problèmes en lien avec la communication et la prise de décision, et que les soins prodigués ne tenaient pas toujours compte des volontés ou des valeurs des patients et de leur famille. Dans certains cas, cela nuit à la qualité des soins de fin de vie, prolonge l’agonie des patients et crée de la frustration chez les familles. De plus, il arrive souvent que les survivants d’une phase critique ne se rétablissent pas complètement. En réponse directe à ces défis, notre équipe propose de faire la synthèse des connaissances existantes et de produire de nouvelles connaissances dans la création d’un cheminement thérapeutique incluant la famille afin de définir les meilleurs soins à prodiguer aux patients âgés pendant leur séjour aux soins intensifs et leur processus de rétablissement. Notre objectif est de garantir la prestation de soins de fin de vie optimaux et l’emploi de pratiques de réadaptation exemplaires. Le cheminement sera mis à l’essai en Alberta, puis mis en œuvre à l’échelle du pays. Les connaissances produites auront le potentiel d’améliorer la qualité des soins pour les patients âgés et vulnérables, et leur famille, au Canada et ailleurs dans le monde.


Dre Jennifer Walker
Centre de recherche en santé dans les milieux ruraux et du Nord,
Université Laurentienne

Bien vieillir dans la perspective des Premières Nations

Lorsque nous parlons de notre santé, on dirait parfois que nous parlons de son contraire. Nous énumérons nos malaises, nos médicaments, nos maux et nos douleurs. Nous évoquons des choses que nous pouvions faire (et manger!) lorsque nous étions plus jeunes et auxquelles nous avons dû renoncer, et nous dressons l’inventaire de nos maladies chroniques. Il est important de discuter de ses problèmes médicaux avec un professionnel de la santé, mais il semble souvent que l’on s’attarde uniquement à ce qui va mal – sans parler de ce qui va bien. En fait, pour nombre d’aînés des Premières Nations, l’accent mis sur les maladies chroniques et les « lacunes » en santé fausse complètement le portrait. En savoir plus

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