Lignes directrices Sex and Gender Equity in Research Reporting (SAGER) [en anglais seulement]

Transcription complète

Webinaire de l'institut de la santé des femmes et des hommes, présenté par :
Dre Cara Tannenbaum; Dre Jennifer Zelmer; Dre Jackie Gahadan

Décembre 2016

Dre Cara Tannenbaum : Excellent. Donc voici notre programme pour aujourd'hui. Mon nom est Cara Tannenbaum. Je suis la Directrice scientifique de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC.

Aujourd'hui, je suis accompagnée de Jennifer Zelmer, que vous venez d'entendre, qui se joindra au débat concernant les lignes directrices SAGER, afin de discuter des raisons pour lesquelles on devrait ou non les adopter.

Jennifer est rédactrice en chef de la revue Healthcare Policy, et est aussi affiliée à l'Université de Victoria.

Jackie Gahagan est aussi parmi nous. Elle est rédactrice en matière de politiques pour le Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique et elle nous appelle de l'Université Dalhousie.

Donc, Jackie et Jennifer, vous nous entendez, n'est-ce pas?

Dre Jennifer Zelmer : Oui.

Dre Jackie Gahagan : Oui.

Dre Cara Tannenbaum : Merci de vous joindre à nous.

Maintenant, je dois vous dire que plusieurs personnes avaient confirmé leur présence et je ne voudrais pas embarrasser certains d'entre vous. Je pourrais cependant lire les noms des personnes qui avaient confirmé leur présence.

Souvent, il y a davantage de personnes qui appellent, donc si je ne mentionne pas votre nom, dites-le-moi; vous pouvez aussi attendre tranquillement la fin du webinaire et me le dire à ce moment pour que je note votre participation.

Donc, aujourd'hui, nous avons avec nous des représentants du CMAJ, du Canadian Journal of Experimental Psychology/ La Revue canadienne de psychologie expérimentale, de la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada (Health Promotion and Chronic Disease Prevention in Canada), l'Association canadienne des infirmières et infirmiers en néphrologie, je pense, mais je ne suis pas certaine ce que veut dire le T, la revue CANNT, le Journal of Medical Internet Research, Pain Research and Management, le Journal of Psychiatry and Neuroscience, le Canadian Journal on Aging/la Revue canadienne du vieillissement – qui est l'un de mes favoris puisque j'y étais la rédactrice associée du thème «santé» à un certain moment de ma vie. Nous avons aussi des représentants du Clinical and Experimental Obstetrics and Gynecology Journal. Plusieurs délégués des universités sont aussi en ligne et des représentants de plusieurs revues nous ont dit qu'ils essaieraient de se joindre à nous, mais je ne suis pas certaine si c'est le cas.

Je voulais d'abord vous dire merci, un grand merci d'être présents. C'est notre deuxième webinaire. La semaine passée, nous avions plusieurs autres journaux avec nous et je pense que je dois vous féliciter, parce que vous avez été sélectionnés pour participer aujourd'hui.

Ce n'est pas toutes les revues canadiennes qui ont reçu cette invitation. Nous avons ciblé les 50 revues canadiennes les mieux cotées dans les sciences de la santé, et vous vous trouvez sur cette liste. Félicitations.  Nous sommes donc enthousiasmés par le fait de discuter avec vous aujourd'hui.

L'objectif que j'avais identifié pour cette rencontre est de revoir les lignes directrices SAGER ensemble et de s'assurer qu'elles sont bien claires pour vous. Nous allons ensuite entendre le point de vue d'un rédacteur en chef.

Jackie nous parlera d'abord des succès et des défis qu'elle a rencontrés lors de l'adoption des lignes directrices SAGER par le Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique.

Je crois que Jennifer vous posera ensuite quelques questions audacieuses concernant les raisons qui expliquent pourquoi c'est parfois difficile d'adopter ces lignes directrices, et dans quelle mesure vous seriez disposés, ou non, à les adopter. Ensuite, s'il y en a parmi vous qui décident de nous soutenir et de mettre en œuvre ces lignes directrices – et j'essaierai bien de vous démontrer que ce serait fantastique que vous le fassiez – nous allons discuter des étapes que vous pouvez suivre, et la dernière heure est réservée aux questions et à la discussion.

Voici donc le programme pour aujourd'hui. Jennifer, est-ce que, avant de commencer, je devrais te laisser sonder d'abord les gens qui sont avec nous?

Dre Jennifer Zelmer : Merci beaucoup, Cara. On va donc commencer. Nous allons vous poser plusieurs questions de sondage au cours de ce webinaire. La première vise à nous donner une meilleure idée, collectivement, des participants qui se joignent à la conversation aujourd'hui.

Vous trouverez les questions de sondage dans la partie droite de votre écran. SVP, cliquez sur toutes les réponses qui s'appliquent à vous, étant donné que nous savons que plusieurs d'entre vous cumulent plusieurs «chapeaux»; lorsque vous aurez terminé de cocher vos choix, vous pourrez cliquer sur le bouton «soumettre» situé dans le coin droit en bas de votre écran.

Nous allons maintenant vous laisser quelques secondes pour identifier tous vos rôles.

Dre Cara Tannenbaum : Et bien entendu, on peut mentionner, Jennifer, que ce sondage est complètement anonyme et que nous ne pourrons absolument pas identifier qui a répondu quoi.

Dre Jennifer Zelmer : Merci, Cara.

Dre Cara Tannenbaum: OK, je pense que nous arrivons aux dernières secondes du sondage et que les résultats devraient apparaître bientôt. Les voici.

Dre Jennifer Zelmer: Nous y voilà. Ainsi, on peut observer que notre groupe comporte des personnes provenant de différentes perspectives. Certainement, on retrouve une prépondérance de rédacteurs de revues, mais aussi des gens qui proviennent de plus d'un milieu, et les nombres sur l'écran illustrent clairement ce mélange. Nous avons en effet aussi plusieurs personnes qui se sont identifiées comme des pairs évaluateurs et des auteurs.

Bienvenue à tous, quel que soit votre rôle. Cara, c'est à toi.

Dre Cara Tannenbaum : Excellent. Donc, en ce qui concerne les lignes directrices SAGER, l'acronyme signifie Sex and Gender Equity in Research.

Je m'adresse à vous aujourd'hui en tant que Directrice scientifique de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC. Le Canada a aussi un siège réservé sur le comité œuvrant sur les politiques liées au genre à la European Association of Science Editors.

En fait, nous avons travaillé avec ce comité sur les politiques liées au genre depuis déjà quelques années en vue de produire les lignes directrices sur l'équité en matière de sexe et de genre en recherche, et j'ai le plaisir de vous rapporter qu'à partir de cet été, elles seront incluses dans la bibliothèque du réseau Equator.

Avant de vous les expliquer, je pense, Jennifer, que vous allez leur demander qui en avait déjà entendu parler avant de recevoir notre invitation.

Dre Jennifer Zelmer : Effectivement -- J'allais vous demander cela et je vous rappelle ce que Cara vient de dire, que vos réponses demeurent confidentielles.

On veut ainsi avoir une meilleure idée de l'état des communications liées aux lignes directrices, pour identifier où elles ont été envoyées et où cela n'est pas le cas.

Si vous pouvez nous aider là-dessus en remplissant le sondage, je pense que nous obtiendrons les résultats dans quelques secondes.

Dre Cara Tannenbaum : Oui, il semble que nous avons un chronomètre pour ça. Il reste donc 10 secondes et je regarde le compte à rebours, nous y sommes presque, restez en ligne. Je vais voir si je peux accélérer le compte à rebours.

Dre Jennifer Zelmer : Nous y voilà. Donc, quelques personnes en avaient déjà entendu parler avant l'invitation, mais ce n'était pas le cas pour la majorité d'entre vous.

Nous sommes vraiment heureux que vous soyez avec nous aujourd'hui. Pour ceux qui avaient déjà entendu parler des lignes directrices, nous espérons que vous apprendrez tout de même de nouveaux aspects.

Cara, c'est à toi.

Dre Cara Tannenbaum : Bon, avec tout ce qui se passe aux IRSC ces jours-ci, on peut se demander pour quelle raison les IRSC pensaient que c'était important de vous contacter aujourd'hui afin de parler de l'équité en matière de sexe et de genre dans les communications en recherche. La réponse est, bien entendu, parce que les aspects liés au sexe et au genre sont importants.

Et pourtant, les différences liées au sexe et au genre sont souvent négligées et peu rapportées dans les programmes de recherche, lors de leur mise en œuvre, ainsi que dans les rapports et communications qui s'y rapportent.

Ceci implique des limites dans la généralisabilité des résultats de la recherche et leur application dans la pratique clinique, en particulier pour les femmes, mais aussi pour les hommes et les personnes de divers genres.

Je devine que votre question maintenant est si nous savons pourquoi les IRSC pensent que c'est important.

Évidemment, le sexe et le genre font partie des enjeux constitutionnels depuis les années 1980 au Canada, mais ce n'est que depuis 2009 que l'énoncé des politiques pour le portefeuille de la santé – dans lequel se retrouvent les IRSC – a été publié et que sa mise en œuvre a été encouragée.  

Et vous pouvez tous lire sur cette diapositive qu'il est inscrit dans la politique du portefeuille de la santé du Gouvernement du Canada que des analyses comparatives en fonction du sexe et du genre doivent être utilisées pour développer, mettre en œuvre et évaluer la recherche, les programmes et les politiques liés à ce portefeuille et qui concernent les divers besoins des femmes et des hommes.

Il semble que les IRSC aient opérationnalisé cette politique en incluant des questions sur ces sujets dans les propositions soumises par les demandeurs.

Et je suis certaine que plusieurs d'entre vous ont soumis des demandes de fonds aux IRSC. Vous avez probablement reconnu la question « Est-ce que les notions de sexe (aspects biologiques) sont prises en compte dans cette étude ? »; aussi, « Est-ce que les notions de genre (aspects socioculturels) sont prises en compte dans cette étude ?»

« Si vous répondez oui, veuillez décrire de quelle manière votre projet de recherche tiendra compte de ces questions, et sinon, veuillez expliquer pourquoi. »

Bien entendu, le non fait partie des choix de réponses, parce que certaines études fondamentales, ainsi que des études chez l'humain, sont uniquement réalisées chez un seul sexe.

Et ici, je pense à certains cas où cela ne ferait clairement pas de sens d'étudier les deux sexes, tel que dans le cas du cancer de la prostate chez l'homme ou du cancer des ovaires chez la femme.

Cependant, même dans certaines études très spécifiques au sexe, le genre pourrait être considéré – en tant que dimension socioculturelle d'un enjeu – et nous discuterons dans quelques secondes de notre définition du genre, donc voilà pourquoi la boîte est encore là même si vous étudiez un problème de santé touchant un sexe spécifique.

Donc, pourquoi a-t-on organisé ce webinaire aujourd'hui? Nous l'avons organisé puisqu'on se retrouve face à l'importance grandissante des aspects liés à la responsabilité dans les investissements de deniers publics, afin que l'argent alloué à la recherche donne des résultats qui s'appliquent réellement aux femmes, aux hommes, aux filles, aux garçons et aux personnes de divers genres.

Vous verrez sur l'écran que nous avons indiqué une variété de revues différentes, d'éditoriaux et même des médias publics montrant que le public réclame qu'on s'assure que les scientifiques prennent bien leurs responsabilités dans la réalisation et la communication de la recherche.

Dans le coin supérieur gauche, vous trouverez l'article d'opinion que j'ai publié il y a de cela deux semaines avec la Directrice de l'Office of Research on Women's Health du NIH, où on mentionne que le JAMA a officiellement endossé de nouvelles lignes directrices et standards pour la communication du sexe, du genre et parfois de ces deux aspects dans la recherche clinique.

Lorsque nous avons écrit cet article, nous l'avons en fait intitulé "Table 1: Should you be reporting sex and gender", parce que les gens confondent souvent les termes mâle ou masculin, femelle ou féminin. L'étude a-t-elle inclus des hommes et des femmes? Avez-vous vraiment mesuré cette variable, déterminé le caryotype afin d'identifier si, sur le plan génétique, ils étaient XX ou XY, ou les données étaient-elles autodéclarées et, par ailleurs, comment peut-on mesurer le genre?

Parfois, on retrouve en quelque sorte un protocole à deux questions, qui est maintenant recommandé, et qui consiste à demander « quel est le sexe qui vous a été attribué à la naissance » et « comment rapportez-vous votre identité de genre ». Ce sont les enjeux dont nous avons débattu dans l'article d'opinion du JAMA.

he Lancet fait aussi partie des ardents promoteurs pour un rehaussement des standards liés à l'inclusion du sexe et du genre en vue de mieux orienter les politiques et les pratiques, dans le cadre de leur politique visant à réduire le gaspillage en recherche.

Pour ceux d'entre vous qui ne sont pas au courant, on peut aussi mettre en évidence que même si la puissance d'une étude ne nous permet pas de conclure sur ces différences, il est important que les résultats soient ventilés afin que des méta-analyses puissent être faites, et qu'aucune donnée ne soit gaspillée, surtout lorsque des sujets humains ont été inclus dans les essais cliniques.  

Vous voyez ici l'article "Do women ever respond differently than men to prescription drugs", paru dans The Globe and Mail.

Châtelaine a même publié un article cette année qui montre comment la recherche médicale a manqué à ses devoirs envers les femmes et vous pouvez aussi voir des articles de CBC News et d'autres articles du Globe and Mail.

Ainsi, c'est non seulement le gouvernement et les scientifiques, mais aussi le grand public qui commencent à poser la question « est-ce que les médicaments que je prends ont vraiment été bien testés chez les hommes et les femmes », et « est-ce qu'on connaît la réponse à cette question? »

Lorsqu'on étudie les démences, on sait que davantage de femmes souffrent de démence, et on se demande si la recherche qui a cours est applicable aussi bien aux hommes qu'aux femmes.

C'est donc le type de questions que les gens sont en train de se poser et nous pensons, aux IRSC, que nous voulons contribuer à trouver des réponses pour ces questions.

Donc, revenons aux lignes directrices SAGER, qui vise-t-on par ces lignes directrices? En fait, c'est vous, vous tous qui étiez invités à cet appel, les rédacteurs en chef, les auteurs, les évaluateurs, les agences subventionnaires -- et je vais passer en revue les lignes directrices dans quelques instants, pour vous expliquer ce en quoi elles consistent.

Je vous ai mentionné déjà que ces lignes directrices ont été développées par consensus, par des représentants provenant de 10 pays différents et cette série de webinaires a été conçue pour le Canada, mais on retrouve aussi d'autres séries de webinaires qui sont présentement diffusées en Europe et ailleurs.

Les trois points principaux de ces lignes directrices, si on peut les résumer sur une diapositive – mais je vous encourage à les lire dans leur intégralité – sont que les auteurs devraient utiliser les termes « sexe » et « genre » de manière appropriée, afin d'éviter les confusions entre ces deux termes, et je vous commenterai ce point plus en détail plus tard dans ce webinaire.

Le deuxième point est que lorsque les sujets de la recherche incluent des organismes qu'on peut différencier en fonction du sexe, incluant les humains, les résultats -- la recherche devrait être conçue et menée de manière à permettre une mise en évidence des différences liées au sexe dans les résultats, même si ces différences n'étaient pas attendues au départ, donc une ventilation en fonction du sexe.

Dans le troisième point, dans les cas où les genres peuvent être différenciés, la recherche devrait aussi être effectuée et rapportée en tenant compte de ce niveau de distinction.

Comment? En s'assurant que les auteurs utilisent la bonne terminologie, en s'assurant que les méthodes liées à la détermination du sexe et du genre soient rapportées dans la section des méthodes de l'article, et en veillant à ce que les données brutes soient ventilées en fonction du sexe et du genre, lorsque cela s'applique.

Dans les lignes directrices, nous présentons pour chacune d'elle des sections des articles. Nous avons des recommandations pour les rédacteurs en chef, s'ils désirent sélectionner les manuscrits soumis à l'étape de soumission.

En d'autres mots, si vous vous rendez au tableau 3, qui concerne les résultats des études, s'il n'y a pas de ventilation en fonction du sexe, le rédacteur en chef pourrait à ce moment retourner l'article à la personne qui l'a soumis et lui demander de lire les instructions aux auteurs, en précisant que la revue ne publie que les manuscrits dont les données sont ventilées en fonction du sexe ou du genre. Il pourrait aussi demander aux auteurs d'expliquer dans leur lettre au rédacteur pourquoi ceci n'a pas été effectué.

Voilà donc le genre de recommandations que nous faisons en lien avec les lignes directrices SAGER. Il y a d'autres options, mais nous venons de présenter ici des exemples pour opérationnaliser ces lignes directrices.

Je pense que je vous ai mentionné auparavant que nous allons promouvoir ces lignes directrices non seulement à l'étape de publication des données, mais nous allons aussi les publiciser sur le site internet des IRSC, pour ceux qui soumettent leurs protocoles, bien entendu. Ce que les rédacteurs me disent quand nous discutons de ce sujet, c'est comment peuvent-ils insister et demander aux chercheurs de ventiler leurs données en fonction du sexe, et si on considère les chercheurs dans le domaine biomédical, comment peuvent-ils leur demander d'inclure des animaux mâles et femelles, s'ils n'ont pas reçu de subventions pour cela, a priori ?

Comment pouvez-vous en savoir plus là-dessus? Nous serons heureux de vous envoyer le lien pour l'article complet. Ceci est un dépliant. Vous pouvez consulter la page du réseau EQUATOR.

Nous avons aussi plusieurs éditoriaux qui ont été publiés. Et vous pouvez indiquer votre appui envers ces lignes directrices, si vous ne l'avez pas déjà fait, nous visons à obtenir un endossement international, comme vous le savez, en vue d'améliorer l'équité dans la publication dans ce domaine, en recherche, et nous vous encourageons à le faire.

Maintenant, je pense que Jennifer vous présentera ces lignes directrices avec davantage de détails un peu plus tard dans ce webinaire; notre but est que le Canada soit un leader.

Nous souhaitons fortement que, lorsque viendra le temps d'agir, les rédacteurs en chef canadiens insisteront, appuieront et encourageront la ventilation des données en fonction du sexe et genre dans les publications de recherche.

Nous aimerions que les lignes directrices soient adoptées dans la section des instructions aux auteurs. Nous voudrions pouvoir exposer les efforts que vous voyez, si c'est quelque chose qui vous intéresse. Et nous pouvons vous montrer plusieurs trucs et conseils au fur et à mesure que nous allons progresser dans ce webinaire et débattre des façons vous permettant de réaliser ces objectifs, et comment vous pourrez rassembler tous les membres de votre équipe éditoriale vers cet objectif, afin de travailler ensemble d'une manière qui est adaptée et qui fonctionnerait bien pour votre revue.

Ceci nous amène à considérer comment ça peut fonctionner en pratique. Jackie, je te passe le micro pour que tu nous en dises un peu plus sur ton expérience ?

Dre Jackie Gahagan : Oui, absolument. Je voudrais d'abord remercier Cara et son équipe de m'avoir invitée à ce webinaire de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC sur les lignes directrices SAGER. Je pense que cette discussion est très importante et qu'elle tombe à point.

Comme plusieurs d'entre vous le savent, le Canadian Journal of Public Health/ Revue canadienne de santé publique se consacre à promouvoir l'excellence dans la recherche, les travaux d'érudition, les politiques et les pratiques de santé publique.

Pour ce faire, il publie des études récentes sur la santé publique, et contribue ainsi à l'orientation des politiques et des réponses pratiques en santé publique.

En tant que membre du comité éditorial du Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique, j'ai été invitée par l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC en 2012, dans le cadre de leur conférence, afin de parler de la politique éditoriale du Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique sur le sexe et le genre, ce qui était très intéressant à l'époque, puisque nous n'en avions pas vraiment.

Même si nous n'avions pas de politique éditoriale formelle à ce moment-là, après la conférence, j'ai travaillé sur la conception d'une politique en collaboration avec les membres de notre comité éditorial, et j'ai le plaisir de vous mentionner que la politique sur le sexe et le genre a été formellement adoptée par le comité éditorial du Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique, ce qui est pour nous une petite réussite.

Toutefois, il restait encore à résoudre un défi majeur pour compléter le virage, qui était lié à la perception que la mise en place de cette politique allait augmenter la charge de travail pour le personnel de la revue, qu'elle alourdirait la tâche des évaluateurs, et qu'il serait nécessaire de créer une formation pour le personnel et les évaluateurs, pour leur montrer en détail comment l'appliquer.

Nous avions un autre souci dans le cas du Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique, soit qu'il faudrait reformater le système de soumission en ligne afin d'inclure les questions requises concernant le sexe et le genre, en suivant celles que les IRSC posent actuellement dans les demandes de financement.

Je vais donc utiliser l'analogie du serre-livres. L'idée principale est de combler les lacunes entre la formulation et le financement de la recherche qui considère le sexe et le genre, et la publication d'articles scientifiques révisés par des pairs qui émergent de ces recherches, de telle manière que les différences dans les résultats qui sont liés au sexe et au genre soient prises en compte lorsque cela est pertinent, tel que Cara l'a signalé.

Si nous comprenons l'importance des données probantes pour les revues dans le domaine de la santé telles que le Canadian Journal of Public Health/ La Revue canadienne de santé publique en vue de l'orientation des décisions dans le domaine de la santé, et notamment les politiques et pratiques dans les soins de santé, je pense que nous pouvons tous comprendre que l'inclusion des considérations liées au sexe et au genre, lorsqu'elles sont applicables, est une approche qui fait du sens pour assurer une meilleure qualité dans les preuves scientifiques qui servent à orienter les décisions visant à améliorer la santé publique.

Nous allons maintenant revenir au sondage informel, à la troisième question; Jennifer?

Dre Jennifer Zelmer : Merci beaucoup et merci de partager ton expérience.

En ce moment, nous aimerions avoir une idée où vous vous situez par rapport à ce qui a été discuté, en fait si vous appuyez l'adoption des lignes directrices SAGER. À la base, nous voulons savoir si nous vous avons déjà convaincus ou si nous devons continuer les explications là-dessus.

Si vous pouvez compléter le sondage qui se trouve sur votre écran, ça serait très utile.

Vous indiquez « oui » pour confirmer votre appui, « non » ou « pas encore certain », ou « j'aurais besoin de davantage d'information », « j'ai besoin de prendre le temps d'y penser ». Je pense que Rachel nous amènera les réponses dans quelques secondes.

Nous y sommes. Si on considère le total – notre dénominateur s'est accru, parce que quelques personnes se sont rajoutées en cours de route; bienvenue à tous ceux qui se sont joints à nous.

Un bon nombre d'entre vous sont déjà convaincus, d'autres ne sont pas certains, mais la bonne chose est que personne ne se retrouve dans la colonne du « non », ce qui est excellent.

Cara, c'est à ton tour.

Dre Cara Tannenbaum : Super. Donc, la question est pourquoi on n'adopterait pas les lignes directrices, et la réponse que j'obtiens habituellement c'est est-ce que le sexe et le genre sont vraiment importants dans la recherche en santé et, plus spécifiquement, est-ce qu'ils sont importants dans la discipline étudiée et, je suppose, sur le plan de l'expertise rapportée dans ma revue.

Pour être certains qu'on est tous sur la même longueur d'onde, l'Institut de la santé des femmes et des hommes a présenté des définitions claires pour le « sexe » et le « genre ».

En général, chaque cellule est sexuée, et chaque personne a un genre. Par le mot « sexe », on réfère aux caractéristiques biologiques des humains et des animaux, ce qui inclut des caractéristiques physiques, les chromosomes, les gènes, les hormones et l'anatomie.

Lorsqu'on utilise le mot « genre », on réfère aux rôles socialement construits, aux comportements, aux expressions et aux identités des filles, des femmes, des garçons, des hommes et des personnes de divers genres.

Le genre peut influencer la recherche de soins de santé. Je sais que nous avons quelques personnes de Psychiatry sur cet appel aujourd'hui, donc j'aime bien poser la question si les femmes sont diagnostiquées plus fréquemment que les hommes lorsqu'il s'agit de la dépression et, la réponse est oui, les femmes reçoivent plus souvent ce diagnostic, mais il y a quatre fois plus d'hommes qui se suicident.

Donc, le fait qu'elles soient diagnostiquées et qu'elles cherchent des soins à ce sujet ne veut pas nécessairement dire qu'elles souffrent davantage de dépression que les hommes.

Ainsi, il y aurait là une stigmatisation possiblement liée au genre pour les hommes qui chercheraient à obtenir des soins en santé mentale, il semble.

En génétique, il y a un rôle parce que le chromosome X a 1669 gènes. J'aime dire que le chromosome Y a seulement 426 gènes, mais il y a eu une publication il y a quelques années, qui a marqué plusieurs chercheurs, montrant que seulement 33 % des publications sur des études d'association pangénomique incluaient les chromosomes sexuels, et à cause des différences de taille, il était en fait plus difficile de les inclure dans l'étude et de chercher les associations. Ce qui signifie que les deux tiers de notre recherche en génétique ne considère pas les associations spécifiques au sexe.

Dans le domaine de l'obstétrique et de la gynécologie, de la transmission fœto-maternelle ou des origines développementales des maladies chroniques, nous savons maintenant que ce qui est transmis par le sperme, génétiquement et épigénétiquement, joue un rôle important dans l'issue des maladies.

C'est là que la génétique pourrait définitivement jouer un rôle. Pour ce qui est de la biologie, je vous présente sur cette diapositive l'article de référence du groupe de Mike Salter et Jeff Mogil, qui, de manière inédite, a montré que la douleur chronique était en fait médiée par différentes cellules immunitaires du corps, ce qui est révolutionnaire à mon avis, parce que ça signifie que nous devrions peut-être développer des thérapies différentes pour les hommes et pour les femmes en vue de traiter la douleur.

Et ici, je vous présente l'article du groupe de Louise Pilote, qui s'est posé la question suivante : « Est-ce que c'est vraiment le sexe ou plutôt le genre qui explique les maladies cardiaques précoces et les effets négatifs liés aux maladies cardiaques, chez les hommes et les femmes ?

Et elle a pu démontrer, dans le Journal of the American College of Cardiology, que le genre prédisait davantage les conséquences de la survenue d'un syndrome coronarien aigu que le sexe.

En ce moment, on pourrait penser, mais comment mesure-t-on le genre ? En fait, elle a innové en créant un score de genre – et plusieurs recherches sont là pour l'appuyer, plusieurs chercheurs ont étudié comment on peut faire cela – en utilisant les sept variables qui suivent, qui ont des corrélations avec le sexe, mais qui représentent en fait le genre.

Les sept variables incluent le pourvoyeur principal du ménage – qui peut être un rôle de genre, le revenu personnel, le nombre d'heures hebdomadaires consacrées aux tâches ménagères, le statut de la personne principalement responsable des tâches ménagères, le niveau de stress à la maison et enfin le répertoire sexuel lié au calcul du score de masculinité, si une personne est plus agressive, affirmée, si ses traits sont typiquement ou stéréotypiquement masculins, et le score de féminité, si la personne est attentionnée ou compréhensive.

Pour revenir là-dessus, ces éléments sont stéréotypés et plusieurs personnes, comme vous le savez, pensent qu'il y a de meilleures manières de mesurer le genre, mais c'est ainsi que ce groupe de recherche l'a fait et ce qu'ils ont trouvé, en premier lieu, vous le voyez sur l'axe des Y ici, la proportion d'hommes et de femmes qui, sur l'axe des X, ont été distribués en fonction de leurs caractéristiques féminines et masculines, et comme vous pouvez le voir, il n'y a pas de corrélation 1 pour 1 entre les deux.  

Ceci signifie qu'avec une l'analyse multivariée, il a été possible de regarder les interactions avec le sexe et le genre séparément. 

Sur le côté gauche de la diapositive, ici, ce groupe a montré qu'il n'y avait pas de différence dans les suites d'un syndrome coronarien aigu, avec environ 3 pour cent des femmes et 3 pour cent des hommes – ou devrait-on dire des individus de sexe masculin vs féminin – qui présentaient un état de santé plus préoccupant.

Cependant, lorsqu'ils ont regardé les symptômes récurrents du syndrome coronarien aigu en fonction du genre, ils ont pu montrer que le genre, en fait le genre féminin, doublait pratiquement le risque de conséquences négatives comparativement aux caractéristiques masculines, ce qui est fascinant et fait émerger de nouvelles questions concernant le pourquoi de ce phénomène.

Est-ce que c'est la manière de métaboliser le stress? Et, bien entendu, comment applique-t-on les connaissances et les interventions liées au genre, mais dans une approche de santé personnalisée; ce sont des questions que nous devons nous poser et aux IRSC, nous encourageons maintenant les chercheurs à apprendre comment mesurer le genre de manière appropriée.

Même si vous utilisez une base de données administrative, nous avons trois modules de formation qui permettent aux chercheurs et aux évaluateurs de se familiariser avec différentes méthodes visant la mesure et l'analyse du genre, et je pense que ce que nous allons trouver, c'est que les résultats seront fascinants et que cela amènera de meilleures pratiques et politiques fondées sur les données probantes.

Donc, définitivement, je pense que c'est important. Il y a un institut aux IRSC qui est dédié à ces questions, donc j'espère que je vous ai convaincus qu'elles sont importantes. Jennifer, tu veux passer à la prochaine question ?

Dre Jennifer Zelmer : Certainement, merci, Cara.

Donc, voici une question qui a surgi. Je suis la rédactrice en chef de la revue Healthcare Policy, et la réalité c'est que plusieurs d'entre nous acceptent ces rôles même s'ils ont déjà plusieurs dossiers sur la table, disons.

Donc, une des questions qui est ressortie est : comme je suis déjà occupée, comment peut-on faciliter cela.

Plusieurs outils et ressources ont été développés pour essayer de simplifier le processus de mise en œuvre. Il y a une déclaration type que vous voyez sur votre écran qui est disponible, et qui fait partie de la boîte à outils électroniques, qui peut être insérée dans les instructions pour les auteurs, ou pour les évaluateurs.

La boîte à outils inclut aussi plusieurs autres ressources. On y retrouve un feuillet d'une page qui résume les lignes directrices, plusieurs éditoriaux de journaux, ceux que Cara a mentionnés tantôt et d'autres, qui vous illustreront les points initiaux du raisonnement d'autres rédacteurs en chef qui se sont dirigés dans cette voie.

En plus de cette déclaration type pour les instructions aux auteurs et aux évaluateurs, vous trouverez des versions plus détaillées des lignes directrices et d'autres ressources.

De plus, des questions ont été posées concernant, vous savez, si toutes les personnes dans mon comité éditorial ou tous les évaluateurs ont reçu la formation nécessaire pour pouvoir fournir des commentaires appropriés sur ces sujets ou pour bien évaluer si les lignes directrices sont suivies, et heureusement, on peut trouver une série de modules de formation gratuits des IRSC, les liens peuvent être retrouvés dans la boîte à outils, et ceci fournit les connaissances de base qui sont nécessaires.

Ainsi, vous pouvez trouver les formations sur le sexe et le genre dans la recherche biomédicale, si votre revue porte davantage sur ces aspects, et sur le sexe et le genre dans la collecte de données primaires chez l'humain, avec certains enjeux que Cara a abordés concernant les moyens pour mesurer ces variables et les approches qui peuvent être utilisées. Aussi, le sexe et le genre dans l'analyse de données provenant de sujets humains. Ces modules vous apporteront les outils qui pourront vous aider dans l'appréciation et la présentation de vos données, afin qu'elles soient significatives et utiles.

Vous pouvez voir, au bas de votre écran, le lien vers toutes ces ressources.

Cara, je te redonne la parole. Une autre question s'est manifestée : pourquoi cette tâche incombe-t-elle aux revues.

Dre Cara Tannenbaum : Je pense que c'est la tâche de tous.

Comme vous le savez, nous avons un écosystème scientifique au Canada, qui inclut les chercheurs, les organismes subventionnaires, les comités d'éthique de la recherche, les revues scientifiques et les rédacteurs en chef, les évaluateurs et les utilisateurs de résultats.

Aux IRSC, on fait ce que l'on peut. On demande aux chercheurs de justifier et d'expliquer comment le sexe et le genre ont été pris en compte, mais sincèrement, sauf en ce qui concerne les rapports de fin de subvention, les IRSC n'ont pas les moyens de tenir les chercheurs responsables vis-à-vis de leur façon de mener leur recherche, par rapport à ce qu'ils ont dit qu'ils feraient.

C'est là que les comités d'éthique de la recherche entrent en jeu. Nous avons discuté avec divers comités d'éthique de la recherche, incluant le Comité d'éthique de la recherche de Santé Canada et de l'Agence de la santé publique du Canada. Suivant ces discussions, les comités d'éthique ont créé un formulaire de soumission afin de s'assurer que les questions liées au sexe et au genre ont été considérées par les chercheurs avant le dépôt de leur dossier à l'éthique.

Ceci peut inclure des questions comme « comment allez-vous recruter un nombre suffisant d'hommes et de femmes dans votre étude? » parce que, bien sûr, le recrutement diffère parfois.

D'autres questions abordent comment les communications seront effectuées, si les facteurs liés au genre sont pris en compte, par exemple qui effectuera les entrevues si c'est une recherche qualitative et, dans la recherche animale, on demande si les deux sexes seront étudiés. 

En ce qui concerne les revues et leurs rédacteurs scientifiques, nous pouvons déjà compter sur plusieurs revues qui ont pris des mesures là-dessus, ce qui contribue à une science de meilleure qualité.

Je me rappelle du cas d'un rédacteur d'une revue aux États-Unis – je ne me rappelle pas exactement lequel, je pense que ça concernait une étude sur le cancer – dans lequel un auteur a utilisé des lignées cellulaires de cellules mutées immortelles et le rédacteur leur a écrit pour leur demander le sexe des cellules et l'auteur leur a répondu en disant qu'il achetait ses lignées et puisqu'elles sont mutées, il ne pouvait pas vraiment répondre –, mais ceci est une pratique commune de se restreindre à dire la provenance des lignées cellulaires.  

Et le rédacteur lui a répondu en disant que le sexe des cellules devait être rapporté, les auteurs ont demandé si c'était sérieux; ils ont répondu qu'ils ne pouvaient pas, que la compagnie ne pouvait le dire, et le rédacteur leur a suggéré de faire un caryotypage, de regarder au microscope et de regarder le contenu chromosomique, et finalement l'auteur a fait la correction puis a resoumis son manuscrit.

Donc, je ne veux pas dire que nous avons passé la rondelle en faisant cela, mais les rédacteurs en chef ont un fort davantage lorsqu'il s'agit de ce qui sera rapporté et possiblement utilisé dans la pratique clinique.

Et, sérieusement, les évaluateurs pour les revues scientifiques se retrouvent souvent sur les comités d'éthique de la recherche, parmi les évaluateurs des IRSC, ils soumettent aussi leurs demandes et font de la recherche à un certain moment de leur vie.

Enfin, l'accroissement de la capacité sur tous les plans rendra service à tous, ultimement.

Nous nous sommes fortement engagés à travailler avec vous et j'espère entendre certaines de vos questions concernant comment on peut vous aider, en gardant en tête qu'il s'agit d'un travail d'équipe. Si on ne travaille pas ensemble, alors on n'aura pas autant de succès, que si on travaille individuellement là-dessus au Canada.

Et en ce qui concerne les enjeux de mise en œuvre? Jackie, traites-tu de cette question?

Dre Jackie Gahagan : Oui, bien sûr. Merci, Cara.

Je vais aborder quelques aspects auxquels il faut penser quand on considère les enjeux liés à la mise en œuvre, et comme Cara l'a mentionné, c'est un peu le travail le tous, ou plutôt chacun a un rôle à jouer afin que le sexe et le genre soient rapportés.

Comme on l'a mentionné tantôt, il y a des enjeux pratiques qu'il faut considérer quand on met en place des politiques éditoriales liées au sexe et au genre; on doit vérifier, par exemple, si la revue mère a déjà une telle politique.

Quand ce n'est pas le cas, cela peut nécessiter une discussion avec le rédacteur en chef, et aussi avec le comité éditorial, afin de considérer les lignes directrices actuelles pour les auteurs et comment intégrer les exigences liées au sexe et au genre.

Il est aussi important de noter qu'il existe une variété de modules sur le sexe et le genre, comme Cara l'a mentionné, et plusieurs informations reliées qui sont disponibles gratuitement à partir des sites internet des IRSC, de l'Institut de la santé des femmes et des hommes, et ces sites peuvent certainement être utilisés pour des séances de formation incluant le développement d'un gabarit pour les évaluateurs.

Ainsi, bien que certaines personnes peuvent laisser croire que la communication du sexe et du genre dans la recherche en santé n'est pas pertinente pour leur revue ou pour leur domaine d'étude, on peut argumenter, comme Cara l'a bien montré, que chaque cellule a un sexe et chaque personne, un genre. Les discussions avec les membres des comités éditoriaux concernant les possibilités et les paramètres applicables à leur revue constituent un point de départ clé pour débuter la mise en œuvre d'une politique éditoriale liée au sexe et au genre.

Tel qu'indiqué dans les lignes directrices SAGER, l'étape initiale de sélection des soumissions, où on peut déterminer si le sexe ou le genre est pertinent pour le domaine, est un excellent point de départ.

Et je vais maintenant laisser la parole à Jennifer afin de savoir si elle a quelque chose d'autre à ajouter sur le plan des enjeux de mise en œuvre.

Dre Jennifer Zelmer : En effet, une autre question qui est apparue lors de la mise en œuvre est liée à comment on s'assure qu'on exécute bien ce qu'on a dit qu'on ferait.

Ceci vise les points dans notre processus où on doit insérer de l'information ou une étape de contrôle.

Pour nous, le gabarit de l'évaluateur était en fait une excellente étape pour le faire. Nous avons aussi modifié notre flux de travail en tant que revue, afin de s'assurer que nous poursuivons bien nos efforts avec la mise en œuvre de ces lignes directrices. C'était une des questions pratiques qui ont été évoquées dans notre cas.

Dans le prochain point, il y a une bonne façon d'introduire ces efforts; vous pouvez le faire dès maintenant, si vous êtes assis devant votre ordinateur et que vous désirez débuter avec ces démarches initiales.

Tel que Cara l'a mentionné, il y a un site international qui compile les revues de renom qui appuient l'initiative. Il est possible, à cette étape, d'y inscrire votre nom comme individu, comme rédacteur, comme éditeur ou celui de votre revue. Vous pouvez voir le site internet ici. Le processus est simple, en deux étapes, cliquer et soumettre.

Évidemment, nous espérons que les gens vont aller de l'avant et adopter les lignes directrices.

Pour faire cela, vous pouvez les intégrer dans vos instructions aux auteurs, pour le processus de mise en œuvre, et dépendant de la revue, vous pouvez consulter d'autres sources, d'autres approches que vous pourrez utiliser pour renforcer la mise en œuvre des lignes directrices.

Nous vous encourageons à nous revenir là-dessus en tant que communauté, en particulier, à informer les IRSC qui sont aussi intéressés à partager les nouvelles provenant des revues canadiennes qui sont des chefs de file dans l'adoption des lignes directrices, et vous pouvez voir le courriel de Rachel sur l'écran ici, donc merci de nous laisser une note quand vous progresserez dans cette voie.

Aussi, nous aimerions en savoir plus sur vos expériences concernant ces lignes directrices, s'il y a des éléments qui ont facilité ou rendu plus difficile leur adoption. Tout ce que nous pouvons apprendre à partir de vos expériences liées à cette initiative est utile, afin de pouvoir partager ces connaissances.

Il y a des opportunités dans ce processus, à la fois au cours de la sélection initiale des soumissions et lorsqu'on envisage d'encourager les évaluateurs dans cette voie.

Plusieurs ressources sont disponibles dans la boîte à outils pour vous appuyer là-dedans, incluant dans la formation de l'équipe éditoriale dans votre communauté.  

Certains seront plus rapides et bien impliqués, mais certains autres pourraient nécessiter un peu d'aide pour être confortables et confiants dans l'évaluation des articles visés par les lignes directrices.

Maintenant que nous avons passé au travers de cet aperçu, nous serions ravis de recevoir vos commentaires, questions, points de discussion. Sentez-vous à l'aise d'envoyer un message à tout le monde qui participe au clavardage, vous pouvez le faire dans le coin inférieur droit de votre écran, ou, comme nous n'avons pas un si grand nombre de personnes en ligne aujourd'hui, vous pouvez intervenir oralement.

Cara, tu as probablement des questions et des commentaires qui sont arrivés pendant notre présentation, peut-être peut-on commencer avec ça.

Dre Cara Tannenbaum : Une question qu'on a ici c'est comment fait-on pour impliquer tout le monde; au Canada, en particulier, l'équipe éditoriale est souvent en mode virtuel, avec différents rédacteurs associés situés à travers le pays, qui communiquent plus ou moins régulièrement entre eux à travers des appels téléphoniques ou par Skype.

Jennifer, je pense que vous pourriez partager avec nous l'expérience de votre dernière rencontre annuelle de l'éditorial à ce sujet. Voudriez-vous aborder cette question ? Comment peut-on rassembler toute l'équipe éditoriale dans cette initiative ?

Dre Jennifer Zelmer : Bien entendu, pour nous, il s'agissait d'une opportunité qui est venue naturellement. Une fois par année, nous nous rencontrons de manière physique ou virtuelle en tant qu'équipe éditoriale et nous avons profité de l'opportunité pour faire circuler l'information à propos des lignes directrices à l'avance, et de proposer des options qui pouvaient être prises en compte.

Nous avons eu une conversation de fond ensemble afin de déterminer ce qu'elles impliquaient pour la revue, les différents aspects liés à leur mise en œuvre et nous avons aussi rassemblé le feedback pour ajuster le processus global dans certaines parties de cette conversation. C'était donc une excellente occasion de discussion pour nous en ce qui concerne les politiques, en tant qu'équipe éditoriale.

Une autre revue dans laquelle je suis impliquée nécessitera probablement de réaliser cette discussion dans un mode virtuel, parce que nous ne disposons pas de ce type d'opportunités. Donc je pense que plusieurs approches peuvent fonctionner dépendamment de la revue et des approches pour traiter ce type de questions.

Dre Cara Tannenbaum : Y en a-t-il parmi vous qui désirent poser une question ou nous informer d'un enjeu particulier?

Mme Patricia Box : Ici, c'est Patricia Box. Les lignes directrices, c'est un peu nouveau pour moi, donc je me demandais, dans les instructions pour les auteurs, quelles seraient les exigences minimales les plus importantes qu'on devrait communiquer aux gens, en lien avec leur soumission ?

Quels sont les points majeurs, si vous pouvez les expliquer, j'essaie de m'imaginer les aspects pratiques de leur mise en œuvre.

Dre Cara Tannenbaum : Bien entendu, je peux les résumer. Je pense que je vais faire un retour sur les trois principes.

Le premier est d'utiliser les termes « sexe » et « genre » correctement. Par exemple, dans plusieurs travaux de recherche biomédicale, on peut lire dans le résumé des choses comme « le décompte de cellules CD4 des souris mâles était plus élevé en réponse au vaccin que celui des femelles, donc les différences liées au genre étaient assez significatives.

Le problème avec ça c'est que je ne pense pas que les souris aient des genres. Donc, dès le départ, les termes sexe et genre n'ont pas été correctement utilisés, et nous demanderions aux évaluateurs qu'ils suggèrent aux auteurs de corriger le terme dans l'abrégé afin qu'on lise « les différences liées au sexe ». Donc, numéro un, utiliser correctement les termes « sexe » et « genre ». 

Mme Patricia Box : Et donc -- chez l'humain, pour différencier le sexe et le genre, demanderiez-vous qu'ils différencient en fonction de cette définition à deux questions dont vous avez parlé, ce qui a été déterminé à la naissance et ce à quoi on s'identifie, ou est-ce qu'on utilise toujours le terme « genre » chez l'humain ? Je ne suis pas sûre ce qu'on rechercherait dans ce cas.

Dre Cara Tannenbaum : C'est une très bonne question. Certainement, si on travaille sur l'identité de genre, par exemple si quelqu'un a soumis un manuscrit sur les jeunes transgenres et le risque de suicide dans cette population, alors nous demanderions comment avez-vous mesuré l'identité de genre, et je pense que les évaluateurs devraient considérer la méthode utilisée pour mesurer l'identité de genre.

Donc l'identité de genre s'applique si, vous savez, vous êtes née de sexe féminin, mais que, dans un continuum, vous vous sentez plus masculine à certains moments de votre vie, ça, c'est l'identité de genre.

Est-ce que ça doit être défini pour chacun des articles? Absolument pas. Et doit-on toujours utiliser le mot genre chez les humains? Absolument pas.

Si on regarde la clairance de la créatinine chez les hommes et les femmes, on sait que la clairance de la créatinine et la fonction hépatique varient en fonction du sexe. Il existe même une équation pour montrer cela; elle reflète le fait que les femmes ont des reins plus petits et moins de néphrons, et vous avez besoin d'ajuster en fonction du sexe parce que lorsqu'on parle de la clairance de créatinine, c'est du domaine biologique.

Donc, numéro un, utiliser les termes « sexe » et « genre » correctement. Parfois, le terme « sexe » serait plus approprié. Si vous étudiez les différences dans les hormones sexuelles, la taille du corps, si vous recherchez, vous savez, les œstrogènes et la testostérone, et le fait que la testostérone s'additionne, admettons, vous savez que les opioïdes inhibent la testostérone. C'est une différence liée au sexe chez les hommes, mais non chez les femmes.

Pour le genre, il est possible de mesurer différents construits, tels que l'identité de genre, les rôles de genre, les normes de genre et le genre institutionnalisé.

Et voilà donc pourquoi on recommande que les gens aillent suivre la formation, afin de se sentir plus confortables et confiants lorsqu'ils utilisent les termes « sexe » et « genre ».

Ce serait une des premières choses à opérationnaliser dans les instructions aux auteurs, bien qu'il soit possible d'indiquer simplement qu'il faut utiliser les termes « sexe » et « genre » correctement et peut-être présenter un lien vers une page de l'ISFH où on donnerait les différentes définitions.

Ensuite, ça doit apparaître dans la communication des résultats. Est-ce que les résultats ont été ventilés en fonction du sexe ou, vous savez, selon différentes méthodes où le sexe est un facteur, ou en fonction du genre.

On pourrait discuter, si vous vous rappelez, de l'étude que je vous ai montrée. Comment Louise Pilote a ventilé en fonction du genre et montré que le genre féminin était associé à des conséquences plus négatives lors de maladies du cœur ? Dans les résultats, ils avaient en effet ventilé en fonction du genre.

Donc, utilisez les termes correctement. Ventilez les résultats en fonction du sexe lorsque c'est approprié, ou en fonction du genre, et dans la méthode, expliquez comment vous définissez le sexe et le genre, en fonction de leurs caractéristiques différentes.

Est-ce cette réponse était confondante?

Mme Patricia Box : Non, j'ai seulement une autre question et je vais laisser la place à quelqu'un d'autre.

Je pense au fait que notre revue est internationale, et je ne sais pas si ça sera diffusé aux différents endroits d'où on reçoit les études, mais je pense que la plupart des gens ne différencient pas le sexe et le genre. Je pense qu'ils vont seulement demander dans leur formulaire : « êtes-vous un homme ou une femme ? Ils ne font rien pour différencier comme cela, au début de l'étude, donc je me demande comment on peut leur demander de le faire, on rejetterait beaucoup de manuscrits avec cette façon de faire.

Dre Cara Tannenbaum : Je pense qu'ici il faut penser transparence et reproductibilité dans la communication des résultats, et le NIH applique présentement cela avec sa nouvelle politique de reproductibilité; clairement, les rédacteurs en chef de revues scientifiques ne peuvent demander aux chercheurs de refaire un questionnaire là où c'était demandé « homme ou femme », mais ils peuvent demander de spécifier dans la section méthodes si le sexe était une donnée autodéclarée dans un questionnaire comportant deux catégories (hommes, femmes). C'est correct ainsi, c'est transparent.

Mme Patricia Box : Mmm.

Dre Cara Tannenbaum : C'est reproductible. On sait ce qui a été mesuré. On sait peut-être ce qu'on peut mesurer différemment et en posant des questions et en sensibilisant les gens, il est possible que cela encourage les chercheurs à penser, dans leur prochaine étude, à poser les questions différemment.

Mme Patricia Box : OK.

Dre Cara Tannenbaum : Est-ce que ça répond bien à votre question ?

Mme Patricia Box : Oui, oui. C'est utile.

Dre Cara Tannenbaum : Ça vous va?

Mme Patricia Box : Merci.

Dre Cara Tannenbaum: Excellent.

J'ai ici une autre question que quelqu'un nous a envoyée. Il est inscrit :

« La plupart, ou sinon tous les exemples de la présentation étaient liés à la recherche biomédicale ou clinique.  On avait l'impression dans notre comité éditorial que cet enjeu a été créé par des faiblesses dans la recherche médicale qui ne sont pas aussi pertinentes pour les chercheurs en sciences sociales, qui doivent se demander pourquoi on devrait, à plusieurs endroits dans le manuscrit, justifier une thématique, par exemple, les grands-mères et les veuves. »

Ma réponse rapide à cette question est que le genre est un déterminant social de la santé. Il existe même un acronyme, PROGRESS, qui indique qu'il est nécessaire de considérer le lieu de résidence, la religion, le statut socio-économique, le genre, le niveau d'éducation, je pense, en tant que déterminants sociaux de la santé, parmi lesquels le genre est extrêmement important.

Jackie, peut-être que votre revue couvre plusieurs thèmes liés à la recherche en sciences sociales ? Voudriez-vous répondre à cette question ?

Dre Jackie Gahagan : Oui. Merci, Cara.

Donc l'idée est que ça créerait une lourdeur et une division dans le texte. Tous les participants sont des grands-mères veuves et toutes des veuves grands-mères.

À partir de ma perspective en tant que chercheure en sciences sociales, le fait d'avoir un niveau de spécificité qui permet de discerner les implications liées au sexe et au genre dans la recherche est vraiment important, parce que les objectifs de mes travaux sont tels que ces données probantes font ensuite partie intégrante du processus de prise de décision, par exemple, pour des politiques ou des programmes de santé ou sociaux.

Donc, vous savez, je pense par exemple à cette étude que j'ai réalisée avec des femmes séropositives pour le VIH, où une composante biologique provient du manque d'efficacité des thérapies antirétrovirales chez les femmes, parce que la pharmacocinétique de ces médicaments n'a pas été testée chez des femmes et les données ont été extrapolées à partir d'une population masculine, pour être appliquées chez les jeunes et les femmes vivant avec le VIH.

Il y a aussi une composante liée au genre. Nous avons trouvé que la construction sociale du genre, en plus des problèmes de toxicité, pouvait contribuer au manque d'observance, ce qui impliquait que les femmes qui étaient mères et séropositives ne voulaient pas que leur statut VIH soit connu et elles évitaient parfois la prise de médicaments pendant la journée afin qu'elles ne soient pas vues en train de prendre des médicaments.

Donc je pense que c'est important de démêler le sexe et le genre lorsque c'est possible pour permettre de solidifier les bases avec lesquelles nous, chercheurs en sciences sociales, pouvons informer les gens concernant les politiques de santé et les soins et services sociaux.

Dre Cara Tannenbaum : Je pense, Jennifer, que vous vouliez en dire plus là-dessus ou …?

Dre Jennifer Zelmer : C'est certainement une question qui est apparue dans nos discussions et nous avons aussi reconnu que pour certaines évaluations de manuscrits ces considérations ne seraient pas pertinentes, et les lignes directrices permettraient ce type de procédure.

Donc, on revient à ton commentaire, je pense, Cara, en termes de transparence et d'ouverture dans les communications.

Pour être clair, dans certains cas, comme dans l'étude des politiques liées aux infrastructures essentielles dans le secteur de la santé, qui est un sujet « macro », dans certaines études, on peut noter que ce n'est pas pertinent dans ce contexte. Nous pensions que dans la majorité des cas, ça pourrait être pertinent, mais dans d'autres cas, ce ne l'est pas.

Dre Cara Tannenbaum : La seule chose que j'ajouterais est qu'il y a des résultats qui montrent que les dynamiques de genre et les relations de genre jouent un rôle dans le processus de prise de décision.

Donc, si vous consultez les décisions prises par les comités, si vous regardez les décisions prises lorsqu'il y a une femme ou un homme qui dirige l'équipe, autant dans le milieu de la recherche que dans les compagnies, il pourrait alors être utile de savoir qui prend les décisions et comment les dynamiques de genre peuvent jouer un rôle.

Certains d'entre vous ont peut-être entendu parler de Thomson Reuters, qui constitue un indice pour le milieu des affaires, vient d'ajouter la composition de l'équipe de leadership, en termes de distribution hommes/femmes, dans leur indice.

Certains résultats récents indiqueraient aussi que lorsqu'il y a des femmes dans l'équipe de direction, les revenus de la compagnie sont plus élevés.

Et encore, il est évident, dans les sciences sociales – je ne suis pas chercheure dans ce domaine, mais s'il y en avait un à mes côtés, il serait là pour rappeler la théorie féministe et pour illustrer l'optique masculine ou féminine du phénomène étudié et le contexte sociohistorique qui l'entoure.

Et, je pense qu'on n'a qu'à regarder au sud de la frontière pour voir comment les relations et les dynamiques de genre à grande échelle peuvent changer dans le monde.

Donc, je ne sais pas si ça vous aide, mais on pressent que, si on y porte l'attention qu'il faut, cela pourrait constituer une source importante d'information et contribuer aux connaissances et au développement des connaissances dans certains domaines.

Bon, y a-t-il d'autres questions? Sinon, peut-être que je vais terminer avec celle qui nous est parvenue lors du webinaire précédent.

Mme Patricia Box : Ici Patricia Box. J'ai une question supplémentaire.

Je trouve le concept du genre un peu confondant, dans le sens que, vous savez, vous nous avez donné un exemple où il était défini d'une certaine manière par un chercheur et, vous savez, compte tenu de sa fluidité, je trouve que ça serait un peu difficile, d'une certaine manière, de l'appliquer dans notre revue.

Par exemple, dans les exemples que vous avez donnés, j'ai plusieurs de ces caractéristiques masculines, donc probablement que je serais considérée masculine dans ce contexte, mais je ne m'identifie pas – si vous me posez la question comment je m'identifie – je ne m'identifie pas comme un homme, vous savez.

Donc je trouve que c'est un concept qui est difficile à appliquer, n'est-ce pas?

Dre Cara Tannenbaum : C'est vrai, c'est un concept complexe. Il est complexe parce que le genre est vraiment multidimensionnel.

Mme Patricia Box : Mm.

Dre Cara Tannenbaum : Et mon cours 101 consiste à diviser le genre en fonction de quatre dimensions différentes.

La première dimension porte sur le rôle de genre dans la société et je l'explique d'une manière qui est assez stéréotypée, que l'homme est à la tête du ménage et gagne, vous savez, il est le pourvoyeur principal et on enseigne aux femmes, dans certaines sociétés, que leur rôle est de prendre soin des enfants et de faire le ménage.

Ce que je viens de dire est très stéréotypé, et je ne dis pas que c'est bien ou mal, mais les rôles de genre peuvent être définis ainsi par la société dans une époque et un lieu donnés. Voilà pour les rôles de genre.

Ensuite vient l'identité de genre qui est liée à comment on se sent. Si vous vous sentez plus masculin, féminin ou transgenre, ça rentre dans ce sujet, l'identité de genre.

Le contexte est absolument fluide – au niveau des concepts et comment vous vous sentez – en fait j'aime dire, vous savez, que je suis une femme avec des couilles. Je dois l'être. Je suis assise au conseil scientifique aux IRSC avec 11 hommes comme directeurs scientifiques. C'est correct, et ça pourrait changer dépendamment du moment et du lieu.

La troisième dimension est ce qu'on appelle les relations de genre ou les interactions entre genres et c'est là que je parle de l'équipe de direction pour une revue. Vous savez, il y a des styles plus autocratiques, d'autres plus collaboratifs, comment cela interagit avec le fait que certaines personnes s'expriment et quand elles s'expriment.

La quatrième dimension est ce que j'appelle le genre institutionnalisé, qui est comment les médias dressent le portrait des genres, c'est-à-dire que vous êtes une femme parfaitement maigre, belle, comme Barbie, par rapport à Ken, c'est en gros comment on définit le genre institutionnalisé.  

C'est un concept fluide. On pourrait continuer cette conversation hors ligne si vous le désirez.

En fait, je vous recommanderais de suivre le cours en ligne, et ensuite d'essayer de voir comment ça pourrait être opérationnalisé.

Pour les rédacteurs, on pourrait poser la question si le sexe et le genre ont été pris en compte, et si oui, comment, et sinon, SVP justifier. Je pense que c'est en gros le rôle du rédacteur d'une revue.

Mme Patricia Box : Mm, OK.

Dre Cara Tannenbaum : Je vois que nous arrivons à la fin de notre webinaire. Y avait-il d'autres questions ou peut-on conclure, Jennifer?

Dre Jennifer Zelmer : Personne d'autre ne s'est manifesté, donc peut-être peut-on poursuivre avec la dernière question qui s'adresse à tout le monde.

Nous avons une dernière question de sondage concernant les options que vous pensez adopter après ce webinaire.

Donc, si vous pouvez nous aider à comprendre quelles mesures vous pourriez mettre de l'avant après ce webinaire et sentez-vous à l'aise de cocher « autre ».

Si vous cochez « autre », SVP envoyez-nous un court message dans le clavardage pour nous indiquer quelles autres mesures vous voudriez prendre, parce que nous aimerions bien comprendre les autres options disponibles, que vous pourriez aussi considérer.

Je pense bien que le sondage est terminé, donc Rachel rapportera les résultats dans quelques minutes.

Dre Cara Tannenbaum : Il nous reste encore 10 secondes.

Dre Jennifer Zelmer : Oh ---

Dre Cara Tannenbaum : En ce moment, je voudrais juste vous dire, comme nous arrivons à la fin, merci à tous.

Nous faisons appel à vous pour que vous fassiez partie de la solution. Je pense que cela impliquera des petits pas, mais j'ai l'espoir que dans 5 ou 10 ans, nous serons bien plus avancés que nous le sommes aujourd'hui. Voici vos résultats; Jennifer?

Dre Jennifer Zelmer : Parfait. Merci beaucoup.

C'est formidable qu'autant de gens sont intéressés à en savoir plus là-dessus. Si nous pouvons faire quelque chose pour vous aider dans le processus, dites-le-nous.

Nous espérons que la boîte à outils sera un bon point de départ pour vous aider à avancer, et c'est agréable de voir que beaucoup de gens sont aussi intéressés à agir de manière concrète pour leurs revues et les revues avec lesquelles ils sont affiliés.

Encore une fois, si on peut vous aider dans le processus, dites-le-nous, et quand vous adopterez les lignes directrices, SVP envoyez un courriel à Rachel afin qu'on s'assure de vous ajouter à la liste que les IRSC sont en train de compiler.

Inconnu : Bonjour, c'est Joleen. Juste une question. Quand ce webinaire sera-t-il disponible pour visualisation ?

Dre Cara Tannenbaum : Je pense qu'au cours des deux prochains jours, nous allons essayer de le mettre en ligne.

Inconnu: OK.

Dre Cara Tannenbaum : Devrait-on vous envoyer -- à tous, le lien quand il sera prêt ?

Mme Patricia Box : Oui.

Dre Cara Tannenbaum : OK, parfait. Nous pourrions l'envoyer comme un fichier à tous ceux qui sont intéressés. Contactez Rachel, et nous allons ensuite poster le lien pour tous.

Et bien entendu, la conversation pourrait être amorcée avec d'autres personnes qui visualisent le webinaire avec vous, ou vous pouvez aussi écouter l'autre webinaire. D'autres questions avaient alors été posées.

Enfin, je vous suis vraiment reconnaissante, parce que vous tous avez pris du temps dans votre horaire chargé pour participer aujourd'hui.

Je sais que plusieurs parmi vous sont rédacteurs dans un contexte bénévole. Pas tous, mais plusieurs parmi nous.

(RIRE)

Dre Cara Tannenbaum : Et comme je l'ai dit, faire partie de la solution et essayer de participer à l'évolution de la science est une grande responsabilité, mais il s'agit d'un outil puissant qui peut être utilisé par les rédacteurs des revues pour améliorer la santé et les connaissance ici au Canada.

Donc, pour terminer, je vais remercier Jennifer, merci à Jackie. Merci à tous de prendre ce temps.

Vous pouvez me contacter personnellement ou nous pourrions, vous pourriez contacter Rachel ou je serais heureuse de vous parler individuellement et nous ferons des suivis pour en savoir plus sur vos réussites et vos défis au cours de cette nouvelle initiative afin de s'assurer que le sexe et le genre soient bien rapportés.

Donc, merci beaucoup à tous et bon après-midi pour ceux qui auront à affronter la neige, comme moi. Au revoir.

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