Célébrons la recherche en santé

Jetez un coup d’œil aux récits ci dessous pour découvrir comment et pourquoi les chercheurs en santé changent nos vies, et apprendre directement des patients comment la recherche en santé a touché leur vie.

Une meilleure gestion des risques pour faire face aux menaces transnationales à la santé

Relever les défis en santé mondiale par une approche scientifique

Dr Steven Hoffman
Institut de la santé publique et des populations des IRSC
Labo de stratégie mondiale, Université York

Comment circonscrire les menaces à la santé mondiale, comme les pandémies? Aucun gouvernement ne possède à lui seul les ressources ou les capacités nécessaires pour protéger ses citoyens contre les menaces à la santé publique qui dépassent les frontières. Cependant, l’étude des mécanismes de gouvernance mondiale peut nous aider à concevoir de meilleures approches de réduction des risques sanitaires.

Ma recherche est axée sur la lutte à des problèmes de santé mondiale comme la résistance aux antimicrobiens, les pandémies, la toxicomanie et la fausse information sur la santé. Comme nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté, nous serons inévitablement confrontés à des menaces encore plus sérieuses ignorant les frontières. Dans mon rôle de directeur scientifique aux IRSC, je peux mettre en place un programme de recherche permettant de faire face collectivement à ces risques mondiaux. J’ai bon espoir que mes efforts contribueront à protéger les gens, en particulier les plus vulnérables, contre les menaces transnationales à la santé publique.

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24 novembre 2017


Une nouvelle thérapie génique pour venir en aide aux personnes atteintes d’une maladie génétique oculaire

Un appel à l’aide d’une famille à l’origine d’une longue et brillante carrière en sciences de la vue

Dr Ian M. MacDonald
Université de l’Alberta

Je travaille avec une équipe de professionnels dévoués qui se consacrent à la recherche translationnelle sur les maladies héréditaires de l’œil.

J’ai commencé à m’intéresser à ce domaine de recherche dès mes études de premier cycle en génétique, suivies de mes études supérieures également en génétique. Je me suis vraiment spécialisé lorsque j’ai été contacté par une famille aux prises avec un trouble héréditaire de la rétine appelé choroïdérémie, qui voulait savoir si quelqu’un faisait des recherches à ce sujet. Ce contact initial a été le point de départ d’une carrière de 30 ans en sciences de la vue (avec le financement du Conseil de recherches médicales et, plus tard, des Instituts de recherche en santé du Canada) qui m’a mené de la cartographie génétique au clonage de gènes et à la thérapie génique.  

À l’été 2017, l’Alberta Ocular Gene Therapy Team a complété avec succès la première expérience clinique de thérapie oculaire génique pour la choroïdérémie (sur des humains) à l’Université de l’Alberta, à Edmonton. L’Hôpital Royal Alexandra a ainsi acquis une reconnaissance internationale et a démontré aux Canadiens que nous disposons d’une plateforme qui rendra possible la mise à l’essai de thérapies géniques sur des humains.

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24 novembre 2017


La volonté d’un chercheur de réduire le recours inutile à des antibiotiques

Miser sur les innovations en santé pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients

Dr John Conly
Université de Calgary et Alberta Health Services

Je suis médecin-chercheur formé en infectiologie à l’Université de Calgary. J’ai toujours été fasciné par les enquêtes et la recherche.

Je m’intéresse notamment au vaste domaine de la résistance aux antibiotiques, aux moyens d’améliorer les habitudes de prescription ainsi qu’aux politiques qui pourraient réduire l’utilisation non nécessaire des antibiotiques chez les humains et les animaux.

Je participe aussi activement à la recherche sur les risques d’infection aux points de service de santé, en particulier à cause des microbes résistants aux antibiotiques, et sur les façons d’adopter des approches innovatrices, comme de nouvelles technologies, pour prévenir ces infections.

Dans un champ de recherche connexe, je travaille à la conception et à l’application d’innovations en santé pour améliorer la qualité générale des soins et la sécurité des patients.

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24 novembre 2017


Les médicaments que nous prenons : les bons, les mauvais et les terribles

Mettre à profit les statistiques pour évaluer les risques et les avantages de médicaments d’usage courant

Dr Samy Suissa
Institut Lady Davis de recherches médicales, Hôpital général juif

Des millions de Canadiens tirent des bienfaits des médicaments qu’ils prennent tous les jours, mais ces mêmes médicaments causent des préjudices à des milliers d’autres.

Je dirige le RCEOM (Réseau canadien pour l’étude observationnelle des médicaments), un regroupement national de plus d’une centaine de chercheurs et d’adjoints de recherche financés par les IRSC qui mène des études pancanadiennes sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments.

J’effectue mes travaux dans le domaine de la pharmacoépidémiologie, une science faisant appel à des méthodes statistiques de pointe pour évaluer les risques et les avantages de médicaments communément prescrits dans la population. Pour mon travail, j’exploite les mégabases de données existantes sur des millions de patients mises sur pied par des programmes d’assurance-maladie comme celui de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) et du Clinical Practice Research Datalink du Royaume-Uni, pour trouver rapidement réponse à des questions d’intérêt pour la santé publique concernant l’innocuité des médicaments.

Cette recherche a contribué à la détection de risques importants associés à des médicaments prescrits pour l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), ainsi que des médicaments pour le diabète (y compris les nouvelles formes d’insuline) et divers traitements de maladies cardiovasculaires.

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24 novembre 2017


Les effets des protéines (connexines) à jonctions lacunaires sur la santé humaine

Une solide base de connaissances permet à des chercheurs d’explorer une deuxième famille de protéines formatrices de canaux appelées pannexines

Dr Dale W. Laird
Université Western Ontario

Notre programme de recherche porte sur plus d’une vingtaine de maladies humaines liées à des gènes qui codent pour les protéines (connexines) en cause dans les communications intercellulaires à jonctions lacunaires. Les mutations de la moitié des 21 gènes membres de la famille des connexines se traduisent par des anomalies du développement allant de la perte auditive jusqu’à l’insuffisance d’un organe réduisant l’espérance de vie. Nous suivons une approche multidimensionnelle incluant des cultures organotypiques, des souris génétiquement modifiées, des cellules de patients atteints de maladies liées aux connexines et des cellules souches humaines pour explorer l’étendue des mécanismes qui mènent à des maladies dans certains tissus, mais qui épargnent d’autres organes. Lorsqu’on comprendra mieux comment les mutations génétiques liées à la connexine causent des maladies et des difformités qui s’aggravent souvent avec l’âge, on pense que les découvertes en découlant pourraient mener à des études précliniques et à des traitements pour les maladies liées aux jonctions lacunaires. Au cours des dernières années, nos recherches se sont étendues à une deuxième famille de protéines formatrices de canaux appelées pannexines.

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24 novembre 2017


Le jardinage en milieu urbain : une approche autochtone de promotion du bien-être

Les jardins communautaires contribuent-ils à la santé individuelle et collective des jeunes Autochtones?

Dre Kathy Moscou
Université de Brandon

J’ai choisi la recherche en santé afin de travailler avec les communautés à mieux comprendre les facteurs influant sur les résultats de santé. Dans le cadre de cette recherche communautaire, nous travaillons avec des organismes autochtones de Winnipeg et de Brandon. Nous examinons ce qui contribue à la santé des quartiers et explorons l’utilité possible de jardins communautaires pour favoriser la santé individuelle et collective des jeunes Autochtones. À l’intérieur d’un cadre inspiré de la « roue médicinale », nous étudions les bienfaits globaux du jardinage en milieu urbain sur la santé. Les jeunes conçoivent, installent et entretiennent eux-mêmes des jardins ornementaux, ce qui fournit des indicateurs visuels et culturellement pertinents des bienfaits sur leur santé.

Notre méthode de recherche fait appel à des photos et à des entretiens (photovoix). Cette étude permettra d’enrichir les connaissances sur les approches autochtones de promotion du bien-être et de développer les capacités de recherche communautaire.

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24 novembre 2017


On ne peut trop insister sur l’importance d’un squelette solide!

Prévenir l’ostéoporose par des interventions alimentaires précoces

Dr Wendy Ward
Université Brock

La plupart des Canadiens ne pensent pas à l’importance d’avoir un squelette sain et solide avant d’avoir subi une fracture en raison de l’ostéoporose ou, dans mon cas, avant que cela n’arrive à un proche.

Maladie sournoise qui réduit la qualité et l’espérance de vie, l’ostéoporose est traditionnellement gérée avec des médicaments. Or mon équipe tente de savoir si une stratégie alimentaire ou à composante alimentaire pourrait contribuer à prévenir l’ostéoporose ou du moins à réduire les risques d’ostéoporose et de fractures de fragilité plus tard dans la vie. 

Nous nous servons de modèles bien caractérisés nous permettant de modifier l’alimentation des mères durant la grossesse ainsi que celle de leurs enfants peu de temps après la naissance, afin de réunir les conditions propices au développement d’une ossature plus saine et solide qui sera moins vulnérable aux fractures durant le vieillissement. Nous étudions les bienfaits potentiels de divers aliments et de leurs principaux composants sur la santé des os, notamment l’huile de poisson, les graines de lin, le soya, les fruits et leurs acides gras ou composés bioactifs correspondants. Nous utilisons une technologie d’imagerie 3D de pointe permettant d’évaluer la solidité des os.  

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24 novembre 2017


Cibler la recherche en vue d’un avenir meilleur : réduire le risque de naissance prématurée

Comprendre les effets de l’anxiété et de la dépression pendant la grossesse

Mme Kamala Adhikari Dahal
Université de Calgary

Malgré les travaux de recherche clinique et les interventions visant à réduire l’incidence mondiale des naissances prématurées, les taux ne diminuent pas. Voilà pourquoi il m’a semblé nécessaire d’examiner les facteurs de risque modifiables, plus particulièrement l’effet de l’exposition de la femme enceinte à des facteurs de stress sociaux à plusieurs niveaux, ainsi que de l’anxiété et de la dépression.

Mes travaux, qui consistent à analyser les données issues des études de cohorte All Our Families et Alberta Pregnancy Outcomes and Nutrition, guideront les décideurs quant à l’allocation de ressources visant à prévenir les naissances prématurées (milieux, populations, thèmes).

Les résultats pourront servir à la conception d’interventions populationnelles de réduction de l’anxiété et de la dépression chez les femmes enceintes vulnérables. Les IRSC m’ont remis une bourse d’études supérieures du Canada Vanier pour la réalisation de ce projet. Grâce à cette bourse et au milieu de formation doctorale idéal que m’offre l’Université de Calgary, je pourrai mener ce projet à bien et faire ma place en recherche scientifique.

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20 novembre 2017


De l’aspirine pour prévenir les infections à VIH

Exploration d’un moyen simple et abordable de prévenir la propagation du VIH

Dr Keith Fowke
Université du Manitoba

Avec plus de 1,5 million de nouveaux cas d’infection à VIH dans le monde chaque année, des approches novatrices en matière de prévention sont essentielles. Pour qu’il y ait transmission du VIH, il faut un virus viable et une cellule hôte sensible. Or, la plupart des approches biomédicales de prévention mettent l’accent sur le contrôle de la propagation du VIH (utilisation du condom) ou tentent de le neutraliser (médicaments, vaccins, microbicides contre le VIH). Toutefois, limiter le nombre de cellules cibles sensibles au VIH dans les voies génitales constitue une approche préventive qui n’a jamais encore été explorée.

L’inflammation mobilise des cellules immunitaires activées (très sensibles aux infections à VIH) vers les voies génitales, où elles peuvent entrer en contact avec le VIH. Nos études portent sur les travailleuses du sexe du Kenya, qui sont fortement exposées au VIH, mais qui demeurent néanmoins non infectées. En effet, nous avons noté que ces femmes présentaient moins d’inflammation, ce qui se traduit par une diminution des cellules cibles du VIH dans les voies génitales. Afin de reproduire ce phénomène, nous avons donné aux Kényanes une faible dose quotidienne d’anti-inflammatoire (aspirine) pendant six semaines; une réduction de 35 % des cellules cibles du VIH dans les voies génitales a été observée. 

Peut-on prévenir le VIH en utilisant des anti-inflammatoires sécuritaires et peu coûteux? D’autres études sur le sujet nous permettront de répondre à cette question.

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20 novembre 2017


Aider les enfants handicapés à réaliser leur plein potentiel

Des interventions exploitant la réalité virtuelle pour favoriser l’expression artistique et les mouvements physiques

Dr Alexander MacIntosh
Université de Toronto

Tous les enfants ont le droit de vivre pleinement et d’exploiter leur plein potentiel. En créant des technologies de réalité virtuelle pour les jeunes aux prises avec des handicaps, notre objectif est de les aider à s’épanouir dans l’art, la musique et les activités physiques qui sont importantes pour eux.

Nous menons nos recherches et créons ces technologies de réalité virtuelle en travaillant en étroite collaboration avec les enfants, les adolescents et leur famille. Ensemble, nous élaborons des jeux de réalité mixte nécessitant l’utilisation d’objets matériels (comme des instruments de musique et des blocs de construction), qui aident les enfants à réaliser leurs objectifs de physiothérapie et d’ergothérapie chez eux. Nous concevons aussi des jeux interactifs sur ordinateur contrôlés par des programmes personnalisés de reconnaissance des gestes. Ces jeux permettent aux enfants de pratiquer les mouvements nécessaires pour atteindre et saisir des objets. Grâce à nos recherches sur l’interprétation des mouvements, nous pouvons élaborer un soutien sur mesure visant à renforcer le potentiel créatif et fonctionnel des enfants et des adolescents handicapés.

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20 novembre 2017


Sauver des vies grâce à des hôpitaux plus propres

L’utilisation de rayons UV pour désinfecter les chambres d’hôpital

Dr William Anderson
Université de Waterloo

Les gens vont à l’hôpital pour être soignés, pas pour tomber malades. Malheureusement, un patient canadien sur dix contracte une nouvelle infection pendant son séjour à l’hôpital.

Nous travaillons à résoudre cette problématique dans mon laboratoire de génie chimique à Waterloo, dans le cadre de la Coalition for Healthcare Acquired Infection Reduction (coalition pour la réduction des infections nosocomiales).

Récemment, nous avons testé un nouveau système de désinfection par ultraviolets. Cet appareil fixé au mur se met en marche automatiquement chaque fois que la chambre est vide, produisant des rayons UV qui éliminent les microorganismes responsables des infections.

Après l’installation de ces appareils dans les salles de bains, les salles de service et les pièces de rangement pour l’équipement de l’hôpital St. Mary (Kitchener), nous avons observé une réduction significative du nombre de bactéries pathogènes sur les surfaces et dans l’air.

C’est très satisfaisant de savoir que nous mettons en place des solutions qui sauvent des vies – et que nous contribuons du même coup à réduire les quatre milliards de dollars investis chaque année au Canada pour contrer les infections nosocomiales.

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20 novembre 2017


Bien manger pour tenir le cancer en échec

Explorer les façons d’encourager une alimentation saine au Canada

Dre Rachel Murphy
Université de la Colombie-Britannique

Moins d’un Canadien sur trois consomme les portions quotidiennes de fruits et légumes recommandées. La malnutrition peut entraîner des effets négatifs sur la santé à long terme; 30 % de tous les cas de cancers y sont liés, en plus d’autres maladies chroniques. Mes recherches visent à comprendre en quoi la nutrition et d’autres comportements s’inscrivant dans un mode de vie sain peuvent prévenir le cancer. Elles ont aussi pour but d’élaborer des solutions pour encourager une saine alimentation.

Mes recherches sur la santé des populations ont permis d’identifier des marqueurs biologiques qui pourraient nous aider à comprendre les mécanismes par lesquels de bonnes habitudes alimentaires influent sur le cancer.

J’étudie aussi des programmes qui portent sur l’alimentation saine, notamment un programme en milieu scolaire qui vise à encourager, très tôt, l’adoption de saines habitudes alimentaires, et un programme qui enseigne des connaissances en matière de nutrition dans les communautés afin de faciliter l’adoption d’une saine alimentation.

Saisir l’importance de la nutrition constitue la clé pour assurer une bonne santé. Nos recherches fourniront des données pertinentes pouvant contribuer à prévenir l’incidence de nombreux cancers.

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20 novembre 2017


Parcours d’un médecin dans le domaine de l’épidémiologie : deux pays, deux cohortes

Utilisation de données à long terme pour améliorer les traitements contre l’asthme

Dr Malcolm Sears
Université McMaster

J’ai eu l’occasion de suivre une formation et de travailler en Nouvelle-Zélande, où le problème de l’augmentation et de l’aggravation des cas d’asthme est un enjeu considérable. À partir de la cohorte de naissances de l’étude multidisciplinaire de Dunedin sur la santé et le développement, nous avons établi les facteurs de risque et surveillé la détérioration de la fonction respiratoire chez des individus souffrant d’asthme persistant, de l’enfance à l’âge adulte.

Ici au Canada, un partenariat avec le RCE AllerGen et les Instituts de recherche en santé du Canada a permis de suivre la cohorte de naissances de l’étude CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development). Plus de 40 chercheurs utilisent cette cohorte pour étudier les facteurs génétiques, épigénétiques, environnementaux, infectieux, psychosociaux, hormonaux, nutritionnels ainsi que les facteurs relatifs au microbiome sous-jacents à l’asthme et aux allergies. La cohorte de l’étude CHILD, regroupant des enfants aujourd’hui âgés de 5 à 8 ans, fournit de solides assises pour les études d’envergure portant sur les origines développementales de la santé et des maladies. L’étude de la Nouvelle-Zélande évalue actuellement les « enfants » de la cohorte en tant qu’individus de 45 ans, générant des données uniques d’une grande valeur. L’étude CHILD devrait se poursuivre ainsi au cours de l’enfance et de l’adolescence, jusqu’à l’âge adulte, employant des technologies novatrices qui donneront lieu à de nouvelles découvertes prometteuses sur la santé.

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20 novembre 2017


Un nuage à l’horizon

Une seule bouffée de cigarette peut mener à une dépendance à vie

Dre Jennifer O’Loughlin
Centre de recherche du CHUM

Bien que la cigarette fasse six millions de victimes chaque année, un article publié récemment dans The Lancet laisse entendre que le pire est encore à venir. Cent millions de personnes sont décédées durant le 20e siècle, et ce nombre passera à un milliard si rien n’est fait pour contrer le tabagisme.

Pendant les 17 dernières années, notre équipe a suivi 1 294 élèves de septième année à Montréal afin de mieux comprendre les premières origines du tabagisme. À ce jour, la plus importante découverte réside dans le fait que les symptômes de la dépendance à la nicotine se manifestent très rapidement après la première bouffée de cigarette chez certains enfants. Cette vulnérabilité les expose à un risque élevé de tabagisme régulier à l’âge adulte, avec tous les risques concomitants que cela comporte pour la santé. Nous ne sommes pas en mesure de déterminer quels enfants sont les plus vulnérables, alors le message de santé publique est que même une seule bouffée de cigarette peut entraîner une dépendance à vie. Dans le cadre d’un autre projet, nous notons les disparités sociales observées dans les programmes de lutte contre le tabagisme en milieu scolaire. Ces données guideront la mise au point de mesures pertinentes et efficaces visant à réduire le tabagisme, surtout dans les milieux défavorisés.

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20 novembre 2017


Cancer de la prostate : de l’espoir grâce à la recherche

Lien entre la protéine mTOR et la virulence du cancer

Drs Vincent Giguère et Étienne Audet-Walsh
Centre de recherche sur le cancer Goodman, Université McGill

On croyait d’abord que la protéine mTOR était localisée dans le cytoplasme de la plupart des cellules humaines. Toutefois, on a non seulement découvert la présence de cette protéine dans le noyau des cellules cancéreuses de la prostate, mais aussi l’existence d’une corrélation entre le contenu en mTOR du noyau et la virulence du cancer. Il y a peu de signes de la présence de la protéine mTOR dans le noyau de cellules prostatiques saines, mais sa présence dans le noyau augmente considérablement à mesure que le cancer progresse vers une issue défavorable. Plus le cancer est virulent, plus grandes sont la concentration et l’activité de la protéine mTOR dans le noyau. En conséquence, une signature du gène dépendant de la mTOR a été décelée avec succès, ce qui pourrait contribuer à prédire la probabilité de récidive chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate.

De plus, les travaux réalisés par les Drs Giguère et Audet-Walsh démontrent que le récepteur des androgènes, principal facteur du développement du cancer de la prostate, agit avec la protéine mTOR dans le noyau pour exercer son action oncogène sur les cellules cancéreuses de la prostate. La présence de la protéine mTOR permet à ces dernières de reprogrammer leur métabolisme afin de soutenir leur croissance et leur prolifération rapides.

Ces deux chercheurs travaillent au Centre de recherche sur le cancer Goodman, en collaboration avec la Dre Simone Chevalier, au Centre universitaire de santé McGill.

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20 novembre 2017


Aider ceux qui aident les autres

Accroître les soins aux personnes atteintes d’un cancer

Dre Sylvie Lambert
Université McGill

Au Canada, la qualité des soins offerts aux personnes atteintes d’un cancer repose sur les soins fournis par les partenaires ou les membres de la famille. Le cancer occupe le deuxième rang des maladies nécessitant le plus de soins de santé au Canada. Malgré cela, les aidants naturels demeurent des effectifs travaillant en grande partie dans l’ombre et bénéficiant d’un soutien minime, ce qui se traduit par beaucoup d’anxiété et une mauvaise qualité de vie. Voilà d’ailleurs pourquoi le programme de recherche de la Dre Sylvie Lambert est axé sur la mise au point et l’évaluation de mesures cliniques qui fournissent les meilleurs renseignements et le meilleur soutien possible afin de répondre aux besoins des personnes atteintes d’un cancer et de leur famille. L’équipe de la Dre Lambert tente de réduire au minimum les coûts liés aux mesures pour en assurer la viabilité. Ces mesures comprennent l’utilisation de plateformes en ligne ou d’approches adaptées aux besoins particuliers des aidants naturels.

La Dre Sylvie Lambert est professeure adjointe à l’École de sciences infirmières Ingram de l’Université McGill, et titulaire d’une chaire de recherche du Canada en soutien à l’autogestion durable pour les personnes atteintes de cancer et leurs aidants naturels.

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20 novembre 2017


Approfondir nos connaissances sur le diabète de type 2

Des percées en matière de recherche sur l’insuline et la croissance cellulaire

Dr Barry I. Posner
Centre universitaire de santé McGill

Mes recherches portent sur l’action de l’insuline et des facteurs de croissance, et mettent l’accent sur leur lien avec la pathogenèse du diabète de type 2. Nous avons découvert des récepteurs hormonaux dans des tissus qui n’avaient jamais encore été considérés comme des tissus cibles. Nous avons également détecté des récepteurs d’insuline et d’autres hormones peptidiques dans les organes circumventriculaires du système nerveux central (SNC), servant de base structurelle permettant d’influencer le fonctionnement du SNC. Nous avons été les premiers à démontrer que les complexes récepteurs de surface cellulaire de l’insuline et des facteurs de croissance sont rapidement intégrés en endosomes, ce qui déclenche la signalisation cellulaire (hypothèse de la signalisation endosomale). Nous considérons les composés de peroxovanadium (pV) comme de puissants imitateurs de l’insuline qui inhibent des phosphotyrosines phosphatases désactivant les récepteurs de l’insuline (RI). Ces découvertes ont mené à des études définissant divers processus endosomaux responsables de la régulation du fonctionnement des RI et des récepteurs de facteur de croissance, y compris la régulation du pH et de la protéolyse. Notre groupe a également été le premier à utiliser une étude d’association pangénomique pour identifier les gènes associés au diabète de type 2.

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20 novembre 2017


Maman en santé, bébé en santé

Mesures visant à améliorer la santé mentale des mères, l’allaitement et la santé après l’accouchement

Dre Cindy-Lee Dennis
Université de Toronto

Mon principe est simple : « Un bébé en santé, ça commence par une maman en santé. » Cette conviction m’a amenée à axer l’ensemble de mon programme de recherche sur l’évaluation rigoureuse de mesures visant à améliorer directement la santé des mères, ce qui entraîne un impact positif indirect sur les nouveau-nés.

Mes champs d’intérêt comprennent : 1) améliorer l’expérience d’allaitement; 2) détecter, prévenir et traiter la dépression et l’anxiété périnatales; 3) évaluer la santé des mères immigrantes et de leur bébé; 4) mettre au point des mesures postpartum faisant intervenir les pères.

L’échelle d’autoefficacité de l’allaitement que j’ai élaborée est devenue l’instrument de mesure de l’allaitement le plus utilisé dans le monde. Cet outil m’offre de nombreuses occasions de collaborer avec des chercheurs de l’étranger, notamment des Émirats arabes unis, du Brésil, de la Turquie et de la Chine.

Je suis actuellement chercheuse principale dans six études multicentriques d’envergure, et cochercheuse dans le cadre de 20 autres études financées. Par ailleurs, j’ai récemment reçu un financement de 17 millions de dollars sur 10 ans de la part des IRSC qui servira à mener un essai. L’objectif est de déterminer si une intervention de quatre phases (de la préconception à la petite enfance) peut 1) réduire le surpoids et l’obésité chez les enfants; 2) réduire les facteurs de risque cardiométabolique; 3) favoriser le développement de l’enfant et sa maturité scolaire à l’âge de cinq ans; 4) avoir des répercussions positives pour les parents.

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20 novembre 2017


Aider les personnes souffrant de déficience développementale à surmonter les barrières à leur santé optimale

Le portrait global : Développer une nouvelle perspective sur la meilleure façon de répondre aux besoins de santé complexes des adultes souffrant de déficience développementale

Dre Yona Lunsky
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et Institut de recherche en services de santé (IRSS)

Les personnes souffrant de déficience développementale ont souvent des besoins de santé complexes et éprouvent des difficultés à obtenir les soins appropriés. Souvent, cela s’explique par le fait que les fournisseurs de soins ne possèdent pas les bonnes connaissances pour les aider, en raison du manque de recherche sur les besoins de cette population.

Nous travaillons à combler cette lacune en explorant davantage les besoins en soins de santé des personnes souffrant de déficience développementale et de leurs familles, afin de s’assurer que notre système de santé ne les abandonne pas. Une partie de notre travail consiste donc à étudier tous les adultes souffrant de déficience développementale en Ontario, afin de dresser un portrait global de ce qui fonctionne dans le système de santé, et de ce qui pose le plus de problèmes.

En nous guidant avec les statistiques et les histoires personnelles racontées par les gens, nous travaillons avec les patients, les familles et les professionnels de la santé à la création d’outils qui aideront les personnes souffrant de déficience développementale à jouir d’une santé optimale.

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20 novembre 2017


Choisir judicieusement : une approche rentable de diagnostic de la douleur lombaire

Un outil de prise de décisions cliniques aide les urgentologues à déterminer quels patients requièrent des radiographies pour des douleurs lombaires

Dre Jill Hayden
Université Dalhousie

La Dre Jill Hayden, épidémiologiste à l’Université Dalhousie, et son équipe ont obtenu du financement des IRSC pour concevoir un outil de prise de décisions cliniques visant à aider les urgentologues à déterminer quels patients souffrant de douleurs lombaires devraient être soumis à un contrôle radiographique.

« Près du tiers des patients qui se présentent aux urgences en raison de douleurs lombaires reçoivent des tests d’imagerie diagnostique », explique la Dre Hayden. « Nous savons pourtant que les pathologies sévères de la région lombaire ne touchent que 5 % des patients. »

« Il est clair, d’après les données scientifiques, que les rayons X ne sont pas sans danger », indique le Dr Kirk Magee, directeur de la recherche au Département d’urgentologie de l’Université Dalhousie. « En plus de produire des radiations, les rayons X peuvent mener à des tests plus invasifs. Outre la sécurité des patients, l’utilisation responsable des ressources doit figurer parmi nos préoccupations. »

Une équipe de chercheurs et de cliniciens talentueux basés en Nouvelle-Écosse et à Ottawa collabore à l’étude de cinq ans menée auprès de 4 000 patients. « Le défi consiste à détecter les patients les plus à risque de pathologie sévère, tout en évitant les radiographies inutiles à ceux qui courent de faibles risques. »

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20 novembre 2017


Heel2Toe : programme d’entraînement à la marche pour personnes âgées

Une stratégie simple pour permettre aux personnes âgées d’améliorer leur démarche et d’avancer à grands pas vers la santé

Dre Nancy Mayo
Université McGill

Lorsqu’elles marchent, beaucoup de personnes âgées ne peuvent maintenir un niveau d’intensité qui favorise la santé et corresponde aux Directives canadiennes en matière d’activité physique, en raison du déconditionnement amené par la maladie, d’un manque d’attention, ou du vieillissement. Les anomalies dans la façon de marcher peuvent amener une cascade de problèmes finissant par créer une démarche lente, instable et traînante, qui augmente les efforts nécessaires pour avancer, ainsi que la fatigue et les risques de chute, de fracture de la hanche, et même de décès.

Les données démontrent que l’entraînement à la marche est un moyen efficace d’améliorer la démarche, mais les bienfaits s’estompent une fois la formation terminée. Les physiothérapeutes se servent de messages verbaux et non verbaux pour inciter les patients à toucher le sol avec leur talon en premier à chaque pas. Cette stratégie simple permet de redresser la posture et d’allonger les foulées.

Mais une fois que les messages verbaux cessent, les patients retrouvent leur démarche inefficace (pied à plat sur le sol). Notre équipe a conçu un appareil de biofeedback qui émet un signal auditif en temps réel pour chaque « bon » pas, où le talon touche le sol en premier : Heel2Toe. Ce produit convient à toutes les maladies pouvant causer des problèmes de démarche.

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20 novembre 2017


Les souvenirs : sont-ils vraiment comprimés entre les pages de notre esprit?

La méthode de stockage des souvenirs dans le cerveau reste un mystère, mais la recherche continue

Dr Wayne Sossin
Université McGill

J’ai commencé à m’intéresser à la mémoire grâce aux ordinateurs. Il est facile de comprendre comment la mémoire est stockée dans les ordinateurs (ce sont nos inventions), mais la méthode de stockage des souvenirs dans le cerveau est un phénomène fascinant qui reste à élucider.

En biologie moléculaire, quelques pionniers ont réussi à résoudre les plus grandes énigmes relatives au fonctionnement de la vie en se posant des questions simples. Cela m’a incité à étudier la mémoire à l’aide d’un modèle simple, où les points de connexion entre les neurones (synapses) qui stockent les souvenirs sont déjà identifiés, et qui me permet de poser deux questions simples : Qu’est-ce qui a causé des changements dans ces connexions? Comment ces changements sont-ils maintenus?

Nos réponses ont de nombreuses implications en santé, notamment pour comprendre comment effacer des souvenirs pathologiques après un traumatisme et comment stimuler la formation de souvenirs dans le cerveau vieillissant et malade. Mais il demeure que nous ne comprenons toujours pas le mécanisme biologique fondamental associé à une fonction aussi élémentaire que la mémoire, et c’est ce qui me motive dans mon travail au quotidien.

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20 novembre 2017


Du laboratoire au chevet du patient : l’histoire fascinante de cinq décennies de recherche en santé

Des chercheurs canadiens font œuvre de pionniers en révélant le rôle des protéines dans les principaux processus biologiques de l’organisme

Drs Nabil G. Seidah et Michel Chrétien
Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)

Constituant un vaste groupe de molécules biochimiquement actives qui sont essentielles au fonctionnement des cellules, les protéines sécrétées, comme les hormones, les enzymes et les récepteurs, et les proprotéines convertases appartiennent à une famille de protéines qui activent d’autres protéines et participent à de nombreux processus biologiques importants.

En 1967, le travail de pionnier accompli séparément par Michel Chrétien et Donald Steiner a révélé que ces produits étaient dérivés de précurseurs inactifs (pro-opiomélanocortine (POMC) et pro-insuline) à la suite du clivage effectué au site des paires de résidus basiques par des protéases spécifiques (proprotéines convertases; PCSK).

Ce modèle précurseur-produit s’est révélé plus tard applicable à la plupart des protéines sécrétées qui sont traitées dans le cerveau et en périphérie.

Il a fallu 40 ans aux équipes financées par le Conseil de recherches médicales et les Instituts de recherche en santé du Canada, successivement dirigées par les Drs Chrétien et Seidah, pour découvrir les neuf membres de la famille des PCSK et valider leurs fonctions dans l’organisme en santé et malade.

Le dernier membre de la famille, la PCSK9, représente une énorme réussite pour notre équipe, puisque son inhibition est utilisée partout dans le monde pour traiter l’hypercholestérolémie. On recherche activement les effets des autres PCSK dans des maladies comme le cancer et les métastases, la neurodégénérescence et d’autres pathologies.

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20 novembre 2017


Aider les écoles à mieux répondre aux besoins des élèves en santé mentale

Des chercheurs s’efforcent d’évaluer l’efficacité réelle des interventions de santé mentale en milieu scolaire

Dre Karen Patte
Université Brock

Mon principal domaine d’intérêt est la promotion de la santé mentale chez les jeunes, et la prévention et la détection précoce des maladies mentales. Les écoles sont un milieu propice aux efforts de cette nature, puisque presque tous les jeunes Canadiens y passent en moyenne 25 heures par semaine.

Lors de nos recherches, les autorités scolaires nous ont toutes dit que la santé mentale était leur priorité de prévention numéro un; pourtant, la majorité des écoles indiquent que les besoins en santé mentale des élèves ne sont pas comblés. Les écoles ont besoin de soutien pour aborder la santé mentale des jeunes, mais nous avons encore peu de données probantes sur la manière d’intervenir efficacement et de façon sécuritaire.

Étant donné l’urgence d’agir, il y a eu une expansion des programmes associés à la santé mentale offerts dans les écoles; cependant, la majorité de ces programmes n’ont pas été évalués ou ne sont pas fondés sur des données probantes. Notre équipe a donc conçu et testé des outils visant à évaluer l’efficacité réelle des interventions de santé mentale en milieu scolaire.

Nous mettrons ces outils en œuvre dans plus de 80 écoles secondaires dans le cadre de l’étude COMPASS en cours. Le projet est conçu pour améliorer continuellement les programmes, les politiques et les ressources scolaires afin de promouvoir la santé mentale des jeunes.

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20 novembre 2017


De gauche à droite : Gaofeng Dong (stagiaire postdoctoral); Hasan Salim (étudiant en dentisterie); Yung-Hua Li (chercheur principal); Xiao-Lin Tian (technicienne et responsable du laboratoire) et Kayla Cyr (étudiante en dentisterie)

Chasseurs de bactéries!

Des microbiologistes buccodentaires s’efforcent d’élaborer de nouvelles stratégies de prévention des caries dentaires

Dr Yung-Hua Li
Université Dalhousie

Les caries dentaires sont une des affections les plus courantes chez l’humain, et presque tout le monde sera touché durant sa vie. Bien que les caries ne mettent pas la vie en danger, leur diagnostic et leur traitement répété représentent un important fardeau financier pour les systèmes de santé publics du monde entier.

Les caries dentaires sont causées par des bactéries vivant dans la bouche. Une bactérie, Streptococcus mutans, est considérée comme étant le principal pathogène cariogène, puisqu’elle est très efficace pour former de la plaque dentaire, métaboliser le sucre et produire des acides qui attaquent la surface des dents. Cette bactérie arrive aussi à s’adapter aux mécanismes de défense de son hôte, ce qui lui permet de mieux survivre dans la cavité orale.

Dans ce projet, nous examinons comment cette bactérie s’adapte aux mécanismes de défense de l’hôte. Les connaissances que nous en tirerons nous permettront d’élaborer de nouvelles stratégies de prévention des caries dentaires.

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20 novembre 2017


La dépendance aux drogues au Canada : d’innombrables défis à relever

Surmonter la dépendance aux drogues grâce à des avancées et à de nouvelles stratégies thérapeutiques

Dr Bernard Le Foll
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

La dépendance est un défi de taille au Canada. Ce sont l’alcool et le tabac qui ont le plus de répercussions, mais nous sommes aussi aux prises avec une crise des opioïdes et une augmentation de l’utilisation de cannabis. En tant que médecin spécialiste en toxicomanie, je coordonne les soins médicaux au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto afin de donner aux patients l’accès aux dernières avancées dans le traitement de la dépendance.

Nous étudions aussi les processus qui sous-tendent la dépendance dans le but d’élaborer de nouvelles stratégies de traitement dans le laboratoire. Cette approche a porté fruit : nous avons découvert plusieurs nouvelles stratégies thérapeutiques possibles. Nous avons notamment déterminé qu’en modulant la fonction de certains récepteurs ou de certaines zones du cerveau, nous pourrions diminuer la motivation à consommer des drogues et ainsi prévenir les rechutes.

Nous étudions actuellement quelques-unes de ces approches novatrices dans une population clinique, l’idée étant d’élaborer de nouveaux traitements.

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20 novembre 2017


Une survivante du cancer du sein devenue auteure

L’expérience d’une patiente relativement à la recherche en santé se transforme en nouvelle carrière

Mme Martina Wood
Survivante du cancer du sein et défenseuse des patients, Mississauga

Quand j’ai reçu un diagnostic de cancer du sein de stade II en 2014, j’ai voulu faire tout ce que je pouvais.

Lorsqu’on m’a demandé de choisir parmi les traitements possibles, je n’avais pas les connaissances nécessaires pour prendre une bonne décision. C’est alors que je me suis plongée dans des revues médicales et des rapports de congrès, et que j’ai consulté mon pathologiste et une amie infirmière en oncologie.

Les données de recherche que j’ai recueillies étaient « d’avant-garde », notamment une nouvelle ligne directrice qui n’était pas encore une norme de soins en raison d’un décalage dans la mise en œuvre (encore en cours). À l’aide des notes de la conférence de Saint-Gall de 2015, j’ai créé une matrice pour déterminer le sous-type d’une personne et des arbres décisionnels, pour voir ses options (lumpectomie ou mastectomie?, etc.) et les facteurs à prendre en considération pour une recommandation de traitement.

J’ai écrit un livre pour faire part de ces recherches précieuses à d’autres femmes dans un format convivial : Smart Decisions about Breast Cancer : choices, risks, living well, preventing recurrence, publié en octobre 2015 et encore extrêmement pertinent.

Je suis heureuse que mon travail puisse aider d’autres femmes à prendre des décisions éclairées.

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20 novembre 2017


Reconnaître l’influence d’une communication efficace sur les soins aux patients et les résultats

Créer une expérience positive pour les patients grâce à de bonnes aptitudes de communication

Dre Sally Thorne
Université de la Colombie-Britannique

Le programme de recherche de Sally Thorne met au jour les perspectives des patients sur les retombées humaines de la manière dont nous conceptualisons et fournissons les soins pour les affections chroniques, notamment le cancer.

En particulier, la Dre Thorne concentre ses efforts sur les aspects relationnels de la prestation de soins, dont la communication entre les professionnels de la santé et les bénéficiaires de soins, qu’elle voit comme un facteur essentiel des résultats pour la santé.

Quand nous reconnaissons à quel point la communication a une grande influence sur l’expérience des patients, surtout dans le contexte de ces problèmes de santé complexes, nous cherchons inévitablement à savoir comment améliorer la qualité de l’environnement de communication dans lequel les patients reçoivent leurs soins.

Le besoin de connaissances utilisables, bien fondées, cliniquement significatives et pratiques dans ce domaine est exponentiel, et continue d’être le moteur de ce programme de recherche.

Des communications de plus en plus complexes sont requises, étant donné les développements comme une approche palliative à l’égard des soins – pour toutes les maladies chroniques et limitant l’espérance de vie –, de nouveaux instruments juridiques comme les directives préalables et la venue de l’aide médicale à mourir.

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20 novembre 2017


Remanier les gènes pour combattre les bactéries

Étudier comment le remaniement des gènes par la génomique pourrait mener à la création de médicaments antibactériens plus efficaces

Dr Marc Ouellette
Directeur scientifique, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL)

Pendant mes études de premier cycle en biologie à l’Université d’Ottawa, j’ai été abasourdi par les mécanismes de variation antigénique chez les trypanosomes africains. L’influence des remaniements de l’ADN chez ces organismes sur l’expression génique était tout simplement ahurissante. C’est pourquoi l’ADN est devenu mon principal intérêt de recherche. Comme doctorant à l’Université Laval, j’ai étudié l’association entre l’ADN et la résistance aux antibiotiques chez les bactéries. J’ai ensuite fait un stage postdoctoral à Amsterdam ayant pour sujet la variation antigénique chez les trypanosomes. J’ai alors commencé à m’intéresser à la façon dont les parasites liés (Leishmania) remaniaient encore plus l’ADN pour résister aux médicaments. Tout mon travail sur les remaniements de gènes chez les bactéries et les parasites a mené à des études sur la résistance aux médicaments! Je suis revenu au Canada en 1990 pour travailler à l’Université Laval. Je me suis concentré sur la résistance aux antimicrobiens en tant qu’enjeu mondial de santé publique et sur l’utilité possible de la génomique, qui pourrait fournir des outils et des cibles pour s’y attaquer.

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15 novembre 2017


Aider les personnes qui consomment à adapter leurs soins de santé

Comprendre les obstacles que rencontre une population marginalisée quant à l’accès aux soins de santé primaires

Dre Karen Urbanoski
Université de Victoria

Karen Urbanoski, chercheuse au Centre de recherche sur les toxicomanies de la Colombie-Britannique (CARBC) et à l’École de santé publique et de politique sociale de l’Université de Victoria, codirige une étude de recherche axée sur le patient portant sur l’offre de soins de santé primaires empreints de compassion et d’empathie aux personnes qui consomment des drogues, une population marginalisée.

Des chercheurs en santé du CARBC s’associent avec des fournisseurs de soins, des décideurs et des consommateurs en vue de déterminer les obstacles à l’accès aux soins de santé primaires pour cette population. « Le projet vise entre autres à aider les médecins à comprendre ce que vit ce groupe lorsqu’il cherche à obtenir des soins de santé, explique la Dre Urbanoski, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la consommation d'alcool et de drogues, les dépendances et la recherche sur les services en santé. C’est très difficile pour ces personnes, qu’elles consomment de la drogue ou soient aux prises avec d’autres désavantages, comme la pauvreté, l’itinérance, la violence, le racisme ou le colonialisme. Nous croyons que ces travaux pourraient être intégrés à la formation et servir à la création d’un modèle de prestation sécuritaire de soins de première ligne. »

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10 novembre 2017


La recherche inclusive pour lutter contre les disparités sur le plan de la santé subies par les collectivités autochtones

La reconnaissance des forces et de la valeur du savoir et des traditions culturelles autochtones peut favoriser la guérison

Dre Charlotte Loppie
Université de Victoria

Toute sa carrière, Charlotte Loppie a veillé à ce que la participation des collectivités autochtones soit au cœur du processus de recherche. Professeure à l’École de santé publique et de politique sociale de l’Université de Victoria et directrice du Centre de recherche autochtone et d’engagement dirigé par la communauté, la Dre Loppie réalise des projets de recherche (en anglais seulement) « constamment proposés et dirigés par des collectivités ou des groupes autochtones, qui sont alors des partenaires à part entière et égale participant activement à tous les aspects du processus de recherche ».

La Dre Loppie collabore actuellement à Visioning Health II, une étude qui s’appuie sur le travail réalisé par Doris Peltier (Réseau canadien autochtone du sida) et Tracey Prentice auprès de femmes autochtones séropositives pour le VIH et qui avait révélé que la recherche tenant compte du savoir, des traditions culturelles et des forces autochtones favorise la guérison des participantes.

L’étude en cours est menée en partenariat avec des femmes autochtones séropositives pour le VIH de huit régions canadiennes et vise à comprendre les répercussions de ce processus de recherche sur la santé des femmes.

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10 novembre 2017


Ces blessures qu’on ne voit pas : sensibiliser la population aux commotions cérébrales

Le mystère entourant les commotions cérébrales demeure une priorité de recherche en santé

Dr Brian Christie
Université de Victoria

Pour les professionnels de la santé qui tentent de comprendre le problème complexe qu’est la commotion cérébrale, il est primordial de mener des recherches pour en percer le mystère, soutient le Dr Brian Christie, chercheur de l’Université de Victoria travaillant sur le cerveau. Le Dr Christie et son équipe s’efforcent principalement de comprendre les mécanismes biologiques déterminant le potentiel d’apprentissage et la capacité de se remettre d’une neuropathologie en lien avec les lésions cérébrales acquises et avec les lésions découlant d’une affection héréditaire.

Le laboratoire clinique du Dr Christie cherche à trouver de meilleures façons d’évaluer et de traiter les lésions cérébrales et la démence chez diverses populations cliniques. Au total, ces activités de recherche (en anglais seulement) ont aidé des milliers d’athlètes de l’île de Vancouver, qui ont reçu de l’information et ont bénéficié de technologies de pointe de traitement des lésions cérébrales et de récupération. 

« Les lésions cérébrales suscitent beaucoup d’intérêt, et nous avons la chance d’avoir profité d’un grand engagement communautaire, se félicite le Dr Christie. Les données générées par de nouveaux outils d’évaluation aideront les médecins, les parents, les joueurs et les entraîneurs à prendre de meilleures décisions quant au traitement et aux stratégies de retour au jeu sécuritaire. »

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10 novembre 2017


COMPASS : montrer de nouvelles orientations pour la promotion de la santé des jeunes

Un outil national d’application de la recherche aide à orienter efficacement et à améliorer les politiques et les programmes en santé des jeunes

Dr Scott Leatherdale
Université de Waterloo

Avec le soutien des IRSC, j’ai créé le système COMPASS, un outil national d’application de la recherche, afin d’orienter plus efficacement les politiques et les programmes de prévention pour les jeunes, et d’en améliorer continuellement l’efficacité.

En tant que système d’apprentissage, COMPASS a été conçu dans le but :

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10 novembre 2017


Inné ou acquis, peu importe : l’être humain est un tout

Le délicat équilibre entre facteurs génétiques et environnementaux détermine la capacité d’un organisme à s’adapter à son milieu et à s’y épanouir

Dre Marla Sokolowski
Université de Toronto

La capacité d’un organisme à s’adapter à son milieu et à s’y épanouir dépend d’un délicat équilibre entre facteurs génétiques et environnementaux. On reconnaît de plus en plus le rôle clé que jouent les interactions gènes-environnement dans la santé humaine. En effet, un nombre croissant d’études font état de variants génétiques qui accentuent ou atténuent les effets des expositions environnementales entraînant la maladie.

Les drosophiles sont un modèle idéal pour étudier cette relation, compte tenu du fait que leur génotype et leur environnement peuvent être manipulés avec exactitude et que leurs organes s’étudient directement. Mon laboratoire se penche sur un paradigme bien décrit selon lequel, en présence de deux allèles naturels du gène foraging (for), on note des différences touchant des phénotypes complexes, comme le comportement de recherche de nourriture, le métabolisme, la résistance au stress et l’apprentissage et la mémoire en lien avec la disponibilité de la nourriture.

Fait important : le gène for est conservé chez l’humain, et des études ont montré qu’il modulait le comportement et le métabolisme de différentes espèces. Nous espérons utiliser notre expertise en comportement, génétique, biologie moléculaire, épigénétique, neurobiologie, évolution et écologie pour élucider davantage l’importance des interactions gène-environnement et de découvrir les voies par lesquelles l’environnement d’une personne finit par influencer ses caractéristiques biologiques.

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10 novembre 2017


Les risques pour la santé au travail associés à l’économie du partage

En chute libre : les structures règlementaires établies pour les normes d’emploi et de santé au travail ne s’appliquent plus

Dr Ellen MacEachen
Université de Waterloo

On ignore les risques pour la santé que pose la croissance de l’« économie du partage » au Canada. Cette nouvelle réalité présente divers défis, notamment le fait que les structures règlementaires établies pour les normes d’emploi et de santé au travail ne s’y appliquent pas. Des organismes de règlementation s’efforcent d’élaborer des programmes et des politiques, mais les efforts en ce sens ont été inconstants et épars. Nous nous penchons sur le cas du service de covoiturage uberX et évaluons le développement du risque pour la santé au travail et les occasions de règlementation. Cette étude utilise des méthodes de recherche qualitative pour examiner la façon dont Uber et les parties concernées évaluent et gèrent les risques en milieu de travail et la sécurité des passagers, et envisager une règlementation appropriée dans un paysage changeant de risque pour la santé. L’étude créera des connaissances sur les risques du covoiturage, les différences entre les hommes et les femmes, et les mécanismes de ces risques. En consultation avec des intervenants clés, nous trouverons des options règlementaires prometteuses pour les politiques de santé au travail.

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10 novembre 2017


Percer le mystère entourant la cooccurrence de maladies physiques et mentales chez les enfants

Repérer les enfants à risque pour orienter les interventions de prévention ou de réduction de l’incidence de la multimorbidité précoce

Dr Mark Ferro
Université de Waterloo

La multimorbidité (cooccurrence de maladies physiques et mentales) touche environ 10 % des enfants. Parce que beaucoup de maladies physiques et mentales sont chroniques par nature, la multimorbidité a des conséquences qui durent toute la vie. Bien que des données montrent que la maladie physique augmente le risque de maladie mentale, les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont mal compris. Le Dr Ferro étudie le rôle des facteurs biologiques et psychosociaux dans l’apparition de la multimorbidité chez les enfants. Ses recherches indiquent que le risque pour la santé mentale est remarquablement constant chez les enfants atteints de différentes maladies physiques, ce qui laisse supposer un risque inhérent chez ces enfants, peu importe le type de maladie physique. Le travail du Dr Ferro, qui cherche à expliquer à quel point le risque est influencé par les mécanismes biologiques comme l’inflammation systémique, les expériences psychosociales comme les changements dans l’environnement familial, ou une combinaison de ces deux processus, aide à repérer les enfants à risque, ce qui oriente ensuite les interventions de prévention et de réduction de l’incidence de la multimorbidité précoce.

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10 novembre 2017


Atténuer les effets de l’exploitation minière sur la santé des communautés

Appuyer les efforts des pays en développement en vue de l’intégration d’outils d’évaluation des effets sur la santé dans les politiques régissant l’autorisation de l’exploitation minière

Dr Craig Janes
Université de Waterloo

Pour beaucoup de pays, la richesse promise par l’exploitation de métaux, de pétrole et de gaz représente des occasions potentielles de développement économique et social. Mais l’exploitation minière a aussi des répercussions importantes sur la santé des communautés qui vivent sur les sites d’exploitation ou à proximité.

Ces répercussions vont bien au-delà de la pollution et de la dégradation de l’air, du sol et de l’eau, et comprennent les problèmes souvent complexes associés aux effets comme l’afflux de population et les pressions sur le logement et l’infrastructure de services de santé essentiels.

Notre équipe internationale s’est concentrée sur l’élaboration de moyens plus efficaces de gérer ces répercussions, à commencer par la Mongolie, un pays où les intérêts miniers canadiens sont dominants. Au cours des cinq dernières années, avec le soutien des IRSC, nous avons appuyé les efforts mongols, qui ont été couronnés de succès, pour intégrer des outils d’évaluation des effets sur la santé dans les politiques d’autorisation de l’exploitation minière. Récemment, nous avons commencé à étendre ces efforts à deux pays d’Afrique où les intérêts canadiens dominent aussi : la Zambie et la Tanzanie.

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10 novembre 2017


Recueillir des données probantes pour le renforcement du contrôle du tabac

Aussi addictive et nocive qu’il y a 50 ans, la cigarette tue chaque année plus de six-millions de fumeurs

Dr David Hammond
Université de Waterloo

Le tabac demeure la première cause de décès prématurés dans le monde : il tue chaque année plus de six-millions de personnes. Bien que les risques pour la santé soient connus, la cigarette est encore tout aussi addictive et nocive qu’il y a 50 ans. En collaboration avec des gouvernements du monde entier, le Dr David Hammond s’attaque à l’épidémie mondiale du tabac en préconisant des lois plus strictes en matière de contrôle et de nouvelles mesures de prévention.

Ses recherches sur les effets des emballages neutres, les cigarettes faibles en nicotine et la consommation de produits du tabac chez les jeunes fournissent aux décideurs les meilleures données probantes pouvant guider le resserrement de la législation et l’élaboration de nouvelles politiques pour protéger la santé des populations. Le Dr Hammond étudie aussi les politiques visant à réduire la consommation de sucre de la population canadienne.

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10 novembre 2017


CRISPR/Cas9 : une nouvelle technologie de l’ADN offre une lueur d’espoir

Les maladies héréditaires, dont la dystrophie musculaire de Duchenne, pourraient disparaître grâce à la technologie de correction génétique

Dr Jacques P. Tremblay
Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval

Mon équipe de recherche utilise une nouvelle technologie, CRISPR-Cas9, pour créer des traitements pour les maladies héréditaires. Cette technique permet de modifier le génome humain en coupant l’ADN précisément à l’endroit choisi à l’aide d’une nucléase Cas9 et d’un ARN guide (ARNg) qui s’hybride avec une séquence unique de 20 nucléotides dans le génome humain.

Nous avons trouvé la technique CRISPR-Cas9 utile pour enlever une répétition anormale d’un trinucléotide GAA (triplets d’ADN) en clivant avant et après cette répétition. L’intervention augmente l’expression de la protéine frataxine, ce qui serait thérapeutique.

La dystrophie musculaire de Duchenne est due à des mutations ponctuelles ou à des délétions qui changent le cadre de lecture du gène de la dystrophine. Ces mutations entraînent l’absence de la protéine dystrophine sous la membrane des fibres musculaires, ce qui cause des lésions fréquentes aux fibres et une faiblesse musculaire progressive.

Grâce à la technologie CRISPR-Cas9, nous avons pu retirer la partie superflue du gène de la dystrophine afin de restaurer le cadre de lecture normal du gène et l’expression normale de la protéine. La restauration de cette protéine devrait prévenir le développement de la faiblesse musculaire. La technique CRISPR-Cas9 pourrait un jour servir à corriger les gènes responsables de milliers de maladies héréditaires qui touchent des millions de patients.

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10 novembre 2017


Un médecin de famille de première ligne transfère son expérience dans sa recherche

La bonne mise en application des connaissances médicales change la vie des patients

Dr James A. Dickinson
Université de Calgary

Je suis médecin de famille, et je suis devenu chercheur parce que beaucoup de recommandations sur la façon de traiter nos patients ne correspondaient pas à la réalité que nous voyons en première ligne. J’ai donc commencé à travailler sur divers sujets, me demandant principalement si nous appliquions bien les connaissances médicales à la pratique.

Récemment, j’ai commencé à travailler sur des lignes directrices de prévention. Celles-ci visent surtout à éviter tout cas de maladie, mais ne tiennent pas compte des méfaits potentiels associés à l’excès de prévention. Mes collègues et moi utilisons des approches épidémiologiques pour mesurer ces méfaits. Nous tentons ensuite de modifier les politiques et de fournir des renseignements visant un équilibre entre les bienfaits potentiels et les méfaits probables. Cela aide les médecins à déterminer avec leurs patients si les procédures préventives proposées sont bonnes pour eux, et permet la prise de meilleures décisions quant aux tests de dépistage (début, fin, fréquence).

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10 novembre 2017


C’est un fait : la pauvreté a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie

Un partenariat ambitieux entre les médecins, les éducateurs, les gouvernements et les organismes communautaires favorise l’accès des Manitobains aux prestations et améliore leur qualité de vie

Dre Noralou Roos
Université du Manitoba

À titre d’administratrice fondatrice du Centre d’élaboration de la politique des soins de santé du Manitoba, je mène des recherches sur les liens entre les déterminants sociaux et la santé de la population. Les études le démontrent clairement : la pauvreté a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie des gens. La pauvreté entraîne une faible scolarisation, le sous-emploi, des maladies et une mort précoce. Mon équipe et moi avons compilé des études fondées sur des données probantes pour convaincre les professionnels de la santé de diagnostiquer la pauvreté chez les patients afin de leur permettre d’obtenir de l’aide. L’initiative Demandez vos prestations (en anglais seulement) fournit de l’information aux médecins et autres professionnels de la santé pour les amener à poser à tous les patients un ensemble précis de questions au sujet de leurs revenus et des prestations auxquelles ils ont droit. Par exemple, produire sa déclaration de revenus est l’une des meilleures façons d’augmenter ses revenus et de combattre la pauvreté. En effet, en 2016, 21 millions de dollars ont été remis à 9 100 Manitobains gagnant moins de 40 000 $ par année qui ont produit leur déclaration de revenus. Cette initiative repose sur un partenariat ambitieux entre les médecins, les éducateurs, les organismes communautaires et les instances fédérales et provinciales visant à favoriser l’accès des Manitobains aux prestations et à ainsi améliorer leur qualité de vie.

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10 novembre 2017


L’accès à des soins dentaires de qualité est loin d’être universel

Donner la parole à ceux qui n’ont pas accès à des soins dentaires de qualité et susciter la compassion des futurs professionnels de la santé dentaire

Dr Mario A. Brondani
Université de la Colombie-Britannique

On pourrait penser qu’allez chez le dentiste va de soi. Pourtant, quand j’ai été bénévole il y a plus de 20 ans dans une maison de soins infirmiers près de mon cabinet, j’ai été choqué de constater l’état de la bouche de certains résidents. J’ai alors décidé de mener des recherches sur l’accès aux soins de santé buccodentaire chez les personnes démunies ou ne se sentant pas bienvenues dans un cabinet dentaire.

J’aime sensibiliser mes étudiants des cycles supérieurs. Je me concentre sur les aspects généraux entourant la santé dentaire publique (politiques et défense des intérêts en matière de dentisterie gériatrique dans les maisons de soins infirmiers, stigmatisation de certaines personnes de notre société, études qualitatives en santé) et donne voix au chapitre à mes participants.

Je m’implique aussi dans l’amélioration de la formation des futurs professionnels en santé dentaire en faisant la promotion du savoir fondé sur des données probantes, et en suscitant aussi la compassion chez mes étudiants pour qu’ils aient à cœur de s’occuper des personnes défavorisées. La formation doit transcender les murs de la clinique pour permettre aux étudiants d’optimiser la prestation des soins par une meilleure compréhension des diverses facettes de la santé buccodentaire.

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10 novembre 2017


Fière de son passé

Bilan de la carrière d’une chercheuse en santé

Dre Margaret Lock
Université McGill

Ayant d’abord suivi une formation en biochimie et bactériologie, j’ai commencé mes recherches en santé pendant mon doctorat en anthropologie médicale à l’Université de Californie (Berkeley). Mes premiers travaux se sont déroulés principalement au Japon et portaient sur les transitions du cycle de vie, ainsi que sur la mort cérébrale et la transplantation d’organes.

J’ai enseigné à la faculté de médecine et à celle des arts de l’Université McGill pendant plus de 40 ans. De 2002 à 2006, j’ai fait partie d’une équipe qui a reçu une subvention de fonctionnement des IRSC. Notre projet s’intitulait Transfer of Bioscience Knowledge: Gene-Based Vulnerability in Psychiatry. J’ai utilisé ce financement pour suivre les personnes se soumettant au dépistage des gènes de prédisposition et leur réponse au dépistage génétique.

Je suis maintenant à la retraite et je m’intéresse à la génomique et à l’épigénétique, plus précisément aux nouvelles découvertes sur le développement humain, la santé et les maladies.

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10 novembre 2017


L’arthrose, maladie dégénérative des articulations, touche la moitié des personnes de plus de 65 ans

Témoin du déclin de sa grand-mère causé par l’arthrose, une petite-fille dévouée consacre sa carrière à la recherche de solutions

Dre S. Amanda Ali
Réseau universitaire de santé

L’arthrose est une maladie dégénérative des articulations qui touche la moitié des personnes de plus de 65 ans, dont ma grand-mère. Après avoir été personnellement témoin de sa perte d’autonomie et de qualité de vie, j’ai décidé de consacrer ma carrière de chercheuse à la découverte de nouveaux traitements et à l’amélioration des soins.

Il n’existe pas de remède à l’arthrose, mais plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être utilisées pour atténuer les symptômes et freiner la maladie. L’arthrose peut être liée à divers facteurs de risque, notamment l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, les blessures et les gènes. La classification des patients selon leurs propres facteurs de risque pourrait nous aider à mieux adapter le traitement à chacun afin qu’il soit plus efficace.

C’est là l’objectif du laboratoire Kapoor : trouver des marqueurs sanguins qui pourraient servir à classer les patients atteints d’arthrose selon leurs facteurs de risque et, au bout du compte, améliorer les soins prodigués.

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10 novembre 2017


Trouver de nouvelles cibles thérapeutiques pour contrer l’antibiorésistance

Concevoir la prochaine génération d’antibiotiques pour mieux lutter contre l’antibiorésistance

Dr Hans-Joachim Wieden
Université de Lethbridge

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaît que l’augmentation des infections résistantes aux antibiotiques constitue une menace pour la médecine moderne et la santé publique. Son Plan d’action mondial mise d’ailleurs sur la recherche et la mise au point de nouveaux antibiotiques. Plus de la moitié des antibiotiques actuels ciblent le ribosome des bactéries, essentiel à la cellule pour traduire l’information génétique en protéines fonctionnelles. Il est donc crucial de bien comprendre le processus en jeu pour élaborer de nouvelles stratégies antimicrobiennes et surmonter la résistance existante et émergente aux antimicrobiens.

Dans ce contexte, nos recherches portent sur le cycle fonctionnel du ribosome bactérien, et la manière dont les antibiotiques interfèrent sélectivement avec des propriétés importantes et les inhibent. La découverte de nouveaux points d’inhibition ou d’apports moléculaires indispensables au fonctionnement du ribosome bactérien permettrait de trouver des molécules capables de cibler spécifiquement ces processus. Nos recherches permettront de définir les paramètres devant encadrer la conception rationnelle de la prochaine génération d’antibiotiques qui nous aideront à combattre l’antibiorésistance.

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10 novembre 2017


Chaque année, 250 millions de personnes dans le monde contractent une infection parasitaire transmise par un petit insecte volant

Les pays en développement des régions tropicales sont aux prises avec un gros problème : de minuscules mouches des sables porteuses d’une infection parasitaire mortelle, la leishmaniose

Dr Kishor Wasan
Université de la Saskatchewan

Des plaies ouvertes, des ulcères des muqueuses, une enflure du foie, de la fièvre – même la mort : tout ça causé par la piqûre d’une minuscule mouche des sables. L’enjeu est de taille. Dans les pays en développement des régions tropicales, plus de deux millions de personnes sont infectées chaque année (et plus de 250 millions de personnes dans le monde) par la leishmaniose, une infection parasitaire transmise par les mouches des sables femelles infectées. Même dans les pays développés, ce genre d’infections parasitaires est une cause de décès importante chez les personnes immunodéficientes (p. ex. les patients atteints du cancer ou du sida).

C’est là qu’entre en jeu le Dr Kishor Wasan, professeur et doyen à l’Université de la Saskatchewan et professeur auxiliaire et chercheur-boursier universitaire émérite à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). Il a travaillé sans relâche pour créer une forme d’amphotéricine B administrée par voie orale qui resterait stable dans des conditions tropicales.

L’entreprise de Vancouver iCo Therapeutics inc. a conclu un partenariat avec la UBC pour faire avancer la formule d’amphotéricine B du Dr Wasan pour le traitement de la leishmaniose et d’autres infections fongiques. Les travaux actuels visent à développer une formule qui pourrait être administrée par voie orale sans effets secondaires graves. L’administration par voie orale constituerait une amélioration considérable par rapport au traitement actuel, qui est cher et très toxique, et peut seulement être administré par injection. Une avancée comme celle-ci rend la technologie idéale pour l’application dans les pays en développement. L’entente de commercialisation entre la UBC et iCo garantit que l’élaboration de cette formule d’amphotéricine B appuiera nos objectifs d’accès mondial.

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10 novembre 2017


Le Dr James T. Rutka et son équipe de recherche sur les tumeurs au cerveau dans le laboratoire de l’institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de Toronto.

Du laboratoire au chevet du patient : le chercheur qui rêvait d’un remède

Transformer les découvertes scientifiques en résultats tangibles pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de tumeurs létales au cerveau

Dr James Rutka
Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de Toronto et Université de Toronto

J’ai choisi de faire de la recherche parce que, en tant que neurochirurgien à l’Université de Toronto, je savais que nous avions peu de traitements efficaces pour les patients atteints de tumeurs au cerveau. Mon laboratoire se consacre à améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui sous-tendent la croissance et l’invasion du cancer du cerveau.

Les tumeurs cérébrales sont parmi les cancers les plus mortels et les plus dévastateurs, et nous avons besoin de nouvelles stratégies de traitement pour aider les patients qui en sont atteints. Nous étudions des façons d’arrêter ou de ralentir les principaux « moteurs moléculaires » qui entraînent la propagation des cellules tumorales dans le cerveau. Je me concentre sur une grande voie de signalisation qui est principalement responsable de ce phénomène : la voie des GTPases Rho.

En utilisant de nouveaux médicaments et composés qui ciblent cette voie, dont des nanoparticules d’or conjuguées, j’augmente l’apport de produits chimiothérapeutiques prometteurs dans la zone d’invasion des tumeurs au cerveau à l’aide d’un traitement par ultrasons focalisés guidés par résonance magnétique (MRgFUS).

Le traitement par MRgFUS a la capacité unique de traverser la barrière hématoencéphalique et de permettre l’atteinte de concentrations élevées de médicaments aux zones ciblées à l’intérieur et autour d’une tumeur au cerveau. Les principaux types de tumeurs cérébrales sur lesquels mon laboratoire se concentre avec cette stratégie de traitement sont le glioblastome et le gliome pontique intrinsèque diffus. Il s’agit de cancers pour lesquels il n’existe pas de traitement fiable ou efficace.

Mon objectif à long terme est de pouvoir appliquer les découvertes scientifiques de mon laboratoire de recherche dans des essais cliniques tangibles chez les humains qui amélioreront la survie globale et la qualité de vie des patients atteints de ces tumeurs létales. J’aimerais remercier de tout cœur l’Institut du cancer des IRSC de soutenir généreusement mon programme de recherche à l’Hôpital pour enfants de Toronto, et ce, depuis de nombreuses années.

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10 novembre 2017


Plus d’enfants et de jeunes en détresse que jamais auparavant : explorer un ensemble complexe de facteurs interreliés

Intervention précoce : travailler avec les patients et les familles pour améliorer les résultats en matière de santé mentale des enfants et des adolescents

Dre Leslie Anne Campbell
Université Dalhousie

Le programme de recherche de la Dre Leslie Anne Campbell vise à améliorer les résultats en matière de santé mentale des enfants et des adolescents au Centre de soins de santé IWK d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Ces dernières années, de plus en plus d’enfants et de jeunes canadiens se présentent à l’urgence pour des problèmes de santé mentale ou de comportement, alors que les taux pour les autres affections sont stables.

Nos projets en cours visent à comprendre les causes de cette tendance.

En établissant des liens entre les données existantes et en travaillant avec les communautés pour combler les lacunes dans les données, la Dre Campbell et son équipe peuvent explorer des facteurs de risque et de protection complexes que présentent le nombre croissant de jeunes patients qui se rendent à l’urgence. Nous collaborons avec des jeunes et des familles, au moyen de stratégies de participation des patients, afin de mieux comprendre leur perspective et de l’intégrer à nos orientations de recherche pour nous assurer que nous répondons aux bonnes questions de la bonne façon.

Notre travail vise à orienter les politiques et la planification ainsi qu’à rendre les soins plus efficaces et axés sur le patient et à faire en sorte ce qu’ils soient offerts en temps opportun.

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10 novembre 2017


Une communauté rurale dans une région où les vers sont endémiques

Gare aux infections par des vers!

Une infection par un ver peut nuire à la santé d’une personne tout au long de sa vie

Dre Theresa W. Gyorkos
Université McGill

La recherche sur les infections par des vers ne vous passe probablement jamais par la tête. Au Canada, nous entrons rarement en contact avec des vers. Mais ceux-ci peuvent causer (et causent) des maladies. Les enfants d’âge préscolaire et primaire et les filles et les femmes en âge de procréer vivant dans plus de 100 pays où ces infections sont endémiques risquent continuellement d’être infectés et de souffrir de problèmes de santé.

Selon la charge de vers et l’âge auquel les vers sont acquis, les infections par des vers peuvent avoir une petite ou une grande incidence sur la santé d’une personne tout au long de sa vie. Les vers sont au cœur du programme de recherche international de mon équipe depuis les années 1990, et nombre de nos projets ont été financés par les IRSC.

Une grande partie de ces recherches ont contribué à orienter les politiques en matière de santé visant à réduire la morbidité attribuable aux vers. Récemment, nous avons collaboré avec l’Organisation mondiale de la santé afin d’explorer de nouvelles stratégies pour réduire le fardeau chez les filles et les femmes en âge de procréer.

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10 novembre 2017


Mieux traiter les maladies cardiovasculaires grâce à notre horloge interne, le rythme circadien

Appliquer la biologie circadienne au traitement des patients atteints de cardiopathies

Dre Tami A. Martino
Université de Guelph

Les recherches menées dans mon laboratoire à l’Université de Guelph visent à comprendre comment nous pouvons appliquer la biologie circadienne pour améliorer le traitement des patients atteints de maladies cardiovasculaires. Les cardiopathies ont atteint des proportions épidémiques et touchent environ un adulte sur trois au Canada. Nos travaux portent sur la biologie circadienne et la santé cardiaque chez les hommes et les femmes.

L’objectif de notre recherche financée par les IRSC est d’appliquer la biologie circadienne (sommeil, physiologie et biologie moléculaire de jour et de nuit) à la médecine clinique, plus précisément dans le but de créer de nouveaux traitements pour les crises cardiaques.

Selon nos constatations, nous pourrions être en mesure de créer de nouveaux traitements pour les crises cardiaques pouvant être utilisés parallèlement aux traitements conventionnels, ce qui réduirait la cicatrisation du cœur (expansion de l’infarctus) et améliorerait les issues pour les patients.

Nous avons aussi créé le Centre for Cardiovascular Investigations à l’Université de Guelph, dans le but de faire progresser l’innovation en santé cardiovasculaire au Canada et de former la prochaine génération de scientifiques et de cliniciens.

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10 novembre 2017


Tracer une carte du fonctionnement du corps

L’analyse informatique permet de compiler une mine d’or d’information sur le réseau cellulaire complexe

Dr Gary Bader
Université de Toronto

Le projet du génome humain a dévoilé un grand nombre d’éléments, mais les scientifiques ne comprennent pas encore exactement comment ces éléments interagissent. Il est important de révéler et de comprendre ces renseignements, puisque les biomolécules interagissent à l’intérieur de nous et s’organisent en réseaux et en voies complexes qui contrôlent tous les aspects de la fonction cellulaire.

Les maladies apparaissent quand ce réseau est brisé de façons particulières. En comprenant comment fonctionne ce réseau compliqué, nous pourrions améliorer le diagnostic, le pronostic et le traitement, et réduire le coût des soins médicaux au Canada et dans le monde. Mon laboratoire conçoit des méthodes d’analyse informatique visant à relier tous les renseignements que nous avons sur nos cellules en une carte du fonctionnement du corps humain. Nos méthodes ont mené à la découverte de systèmes biologiques sous-jacents à l’autisme et à la première piste de traitement ciblé pour un cancer infantile du cerveau.

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10 novembre 2017


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