Message des Drs Marc Ouellette et Steven Hoffman à l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques 2017

La Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques aura lieu cette année du 13 au 19 novembre. Le thème en sera : Demandez toujours les conseils d’un professionnel de santé avant de prendre des antibiotiques.

La résistance aux antimicrobiens (RAM) survient lorsque des microbes – bactéries, virus, champignons, parasites – évoluent de telle sorte que les médicaments auparavant efficaces pour les combattre cessent de l’être. Bien que la RAM soit un phénomène naturel, le mauvais usage des antibiotiques chez l’humain et l’animal accélère le processus. Les IRSC reconnaissent que la RAM constitue aujourd’hui une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. Elle peut toucher toute personne, sans distinction d’âge ni de pays. Des infections comme la pneumonie, la tuberculose et la gonorrhée deviennent plus difficiles à enrayer à mesure que les antibiotiques utilisés pour les traiter perdent de leur efficacité.

Le Canada s’est engagé à combattre la RAM sur plusieurs tribunes internationales, notamment le G7, le G20 et l’Assemblée générale des Nations-Unies. Les IRSC contribuent à ces activités internationales et dirigent les efforts de recherche au pays. Le 5 septembre 2017, le gouvernement du Canada a publié le Cadre pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens, qui définit une stratégie coordonnée de lutte à la RAM mobilisant tous les ordres de gouvernement et tous les secteurs, notamment la santé publique, les soins de santé, la santé animale et l’agriculture, ainsi que l’industrie et le milieu universitaire.

Bien que la RAM requière de nombreuses mesures immédiates, la résolution du problème dépendra en fin de compte d’un investissement continu dans la recherche sur les mécanismes de la résistance, les interventions pouvant l’atténuer et les méthodes de diagnostic, ainsi que sur les nouveaux antibiotiques ou produits de rechange qui remplaceront les médicaments devenus inefficaces. La RAM pose un défi tant social que biomédical, et c’est pourquoi il est essentiel d’investir dans l’innovation à la fois sociale et biomédicale.

Depuis cinq ans, les IRSC ont investi plus de 107 millions de dollars afin de mieux comprendre comment les microbes deviennent résistants aux traitements et comment faire face au problème. Au cours de la dernière année, les IRSC ont financé des équipes de recherche qui travailleront à parfaire les innovations dans le domaine du diagnostic au point de service en vue d’en arriver à concevoir de nouveaux outils de diagnostic qui aideront les cliniciens à rapidement distinguer les infections virales des infections bactériennes, ou détecter des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens. Nous avons aussi lancé une possibilité de financement sur la gouvernance mondiale dans le contexte de la RAM, et sommes parmi les principaux partenaires financiers de l’appel à projets sur la RAM (en anglais seulement) (interventions conçues pour promouvoir le bon usage des antibiotiques) lancé dans le cadre de l’Initiative de programmation conjointe (JPI) sur la résistance aux antimicrobiens.

La RAM constitue un défi collectif, tout comme le changement climatique. Chacun de nous peut contribuer, mais nous devons aussi coordonner les efforts de toute la société et aborder le problème par l’approche « Une santé », de sorte que les antibiotiques puissent continuer de fonctionner pour tous.

Nous pouvons vous assurer que les IRSC resteront des chefs de file dans la lutte contre la RAM.

Sincères salutations,

Dr Marc Ouellette
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et
immunitaires des IRSC

Dr Steven J. Hoffman
Directeur scientifique
Institut de la santé publique et
des populations des IRSC

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