Médecine gériatrique

Répondre aux besoins en santé de la population vieillissante du Canada

Dr José Morais, au centre, en compagnie de l’équipe de médecine gériatrique du Centre universitaire de santé McGill

La population canadienne vieillit. Le recensement de 2016 a révélé que le pays avait atteint une étape démographique importante : pour la première fois, on comptait plus de Canadiens âgés de 65 ans et plus que de 14 ans et moins.

Cette tendance risque de s’accentuer; on estime en effet que d’ici 2036, le quart de la population aura 65 ans ou plus.

Les personnes de 65 ans seront bientôt considérées comme les « jeunes » de la société, en raison du nombre croissant de Canadiens âgés de 85 ans et plus. L’espérance de vie moyenne au Canada est de 80 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes. Les personnes qui atteignent 65 ans peuvent s’attendre à vivre en moyenne de 15 à 20 ans de plus, et il y a un nombre croissant de Canadiens centenaires.

Tous les humains aspirent à une vie longue, heureuse et en santé.

C’est cela qui motive le Dr José Morais et ses collègues du domaine de la médecine gériatrique.

Le Dr Morais est professeur agrégé et directeur de la Division de médecine gériatrique à l’Université McGill, ainsi qu’un chercheur financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).  Il est aussi directeur adjoint du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement, financé par le Fonds de recherche du Québec – Santé.

Le Dr Morais est responsable de la formation sur les soins aux aînés des étudiants en médecine de McGill. Selon lui, il est important que ses étudiants comprennent la complexité des soins aux aînés, qui peuvent être atteints de multiples affections chroniques, prendre beaucoup de médicaments, être atteints de troubles cognitifs ou avoir des problèmes de mobilité.

« La gériatrie est un système de soins vraiment interdisciplinaire, explique le Dr Morais. En tant que médecins, nous devons travailler avec tout un éventail de professionnels paramédicaux pour donner à nos patients les meilleurs soins possible. » Ces autres professionnels de la santé peuvent comprendre des physiothérapeutes, des orthophonistes, des psychologues, des travailleurs sociaux et des pharmaciens, qui forment ensemble une équipe soignante.

La gériatrie a été officiellement désignée spécialité médicale en 1982. Cette désignation a été obtenue grâce aux efforts de la Société canadienne de gériatrie (SCG), dont la mission est de promouvoir l’excellence des soins de santé pour les Canadiens âgés. La SCG soutient des activités d’éducation, de sensibilisation et de formation.

Le Dr Morais dirige le comité central d’organisation de la Réunion scientifique annuelle de la SCG, qui se tiendra du 18 au 21 avril, à Montréal.

« Cette rencontre est pour les gériatres, les chercheurs sur le vieillissement et les étudiants une occasion importante de présenter leurs travaux, souligne-t-il. La recherche sur le vieillissement est un domaine riche et stimulant, qui gagnera en importance à mesure que la population vieillit. »

Le programme de recherche du Dr Morais est axé sur la nutrition, plus précisément sur le métabolisme des protéines. Ses résultats de recherche ont contribué à démontrer l’importance pour les personnes âgées de maintenir une alimentation saine, qui commence par un apport suffisant en protéines.

« Nous avons montré que les aînés peuvent produire des protéines et maintenir leur masse musculaire de façon similaire à leurs cadets, à condition de manger chaque jour assez de protéines et de consommer une variété d’aliments sains, précise le Dr Morais. Par ailleurs, un apport adéquat en protéines diminue la résistance à l’anabolisme des protéines associée à l’âge. »

Dr Morais affirme que l’Institut du vieillissement a joué un rôle crucial, car il a servi d’élément rassembleur pour le milieu de la recherche sur le vieillissement, mobilisant celui-ci autour de priorités de recherche claires et facilitant la collaboration entre chercheurs, organismes de financement et autres partenaires.

« Nous sommes très heureux d’appuyer le travail de la Société canadienne de gériatrie (SCG), affirme le Dr Yves Joanette, directeur scientifique de l’Institut du vieillissement des IRSC. La SCG s’avère un lien essentiel entre les chercheurs et les cliniciens, qui fait en sorte que les résultats de recherche peuvent être utilisés pour améliorer la santé et la qualité de vie des aînés canadiens et de leur famille. »

Lorsqu’on lui demande comment il tente de persuader les jeunes et enthousiastes étudiants en médecine de se spécialiser en gériatrie, le Dr Morais invoque un argument simple et direct, soit le besoin évident de prendre soin des aînés, et toute la gratification qui y est associée.

« Si vous travaillez dans un hôpital, environ 60 % de vos patients sont des personnes âgées, souligne-t-il. De fait, vous ferez de la médecine gériatrique. Mentionnons aussi que les gériatres ont le taux de satisfaction professionnelle le plus élevé parmi les spécialistes », selon des sondages menés par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

« En tant que gériatres, nous avons des contacts fréquents avec beaucoup de nos patients et nous tissons des liens d’amitié avec eux et leur famille.

Pour servir l’humanité et bâtir des relations avec ses semblables, c’est la profession idéale. »

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