À propos de l'Initiative de recherche sur la transplantation
En 2010, le conseil consultatif de l'IMII a déterminé que la greffe d'organes pleins et la transplantation de cellules souches hématopoïétiques (TCSH) étaient un domaine où des investissements stratégiques et des programmes ciblés pourraient permettre d'améliorer les résultats cliniques. La greffe est l'intervention privilégiée en situation de défaillance d'organe en stade final et la TCSH est une intervention établie dans de nombreux cas et peut soigner certains cancers. Toutefois, il demeure ardu de répondre à la demande croissante d'organes, de cellules et de tissus, et d'assurer non seulement la survie des greffons à long terme, mais aussi une bonne qualité de vie aux receveurs de greffe.Tous les ans, des milliers de Canadiens reçoivent des greffes d'organes solides, de cellules souches et de cellules des îlots pancréatiques. L'insuffisance rénale, hépatique, pulmonaire, cardiaque et intestinale en phase terminale peut être traitée par une transplantation d'organe. Dans le cas du cancer, la greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être synonyme de guérison. Le groupe des receveurs qui croît le plus vite est celui des personnes âgées de plus de 60 ans - segment de la population qui est appelé à augmenter considérablement dans les 20 prochaines années. Les greffes d'organes solides les plus courantes sont celles de reins, qui représentent environ 75 % du nombre total de greffes. On a beaucoup innové dans la technique employée dans la greffe du foie, de même que dans les soins préchirurgicaux et postchirurgicaux des patients. Résultat, la procédure est passée au premier rang des traitements de choix pour les patients atteints d'insuffisance hépatique terminale au Canada1. La greffe du coeur concerne à présent les deux extrémités de la pyramide des âges pour des cardiopathies de plus en plus complexes, et l'on reconnaît maintenant que les greffes sur des nourrissons ont de meilleurs résultats à long terme que les greffes du coeur pratiquées à tout autre stade de la vie. La greffe du poumon est aujourd'hui utilisée pour traiter des maladies pulmonaires au stade terminal, comme la fibrose kystique et l'emphysème. La greffe de l'intestin grêle est un nouveau domaine en pleine évolution qui peut améliorer le sort des enfants et des adultes souffrant d'insuffisance intestinale. Entre 1999 et 2008, 51 interventions de ce type ont eu lieu au Canada, et la moitié des receveurs étaient âgés de moins de 18 ans.
Avec plus de 4 000 Canadiens sur les listes d'attente des greffes d'organe, le nombre de donneurs (décédés) à l'échelle nationale ne suffit pas à répondre à la demande. Le faible taux de dons d'organes au Canada ne peut être attribué à un manque de soutien du public en la matière, mais, alors que bien des gens se déclarent prêts à faire don de leurs organes, très peu font, en fait, le nécessaire pour concrétiser cette volonté2. Des études doivent être menées afin que les taux de donneurs décédés et le nombre d'organes prélevés par donneur augmentent, et afin d'améliorer la pratique et la sécurité des dons de donneurs vivants. Des études s'imposent aussi pour améliorer la qualité des organes et des tissus greffés et pour réduire le risque de rejet. Si l'on parvenait à réduire au minimum la toxicité des médicaments et à faire en sorte que les patients se plient davantage à leur traitement, les greffes dureraient plus longtemps, ce qui éviterait d'avoir à les répéter et permettrait de garantir à chaque greffé la plus longue vie possible en bonne santé.
En plus des greffes d'organes solides, de 1 200 à 1 400 transplantations de cellules souches hématopoïétiques (TCSH) sont pratiquées tous les ans au Canada, principalement dans le traitement du cancer. D'autres formes de thérapie cellulaire, comme la greffe de cellules insulaires et de cellules souches, deviennent plus courantes. La greffe de moelle osseuse est à présent une forme établie de traitement de l'anémie aplastique, de certains troubles auto-immunitaires, des syndromes d'insuffisance médullaire, des immunodéficiences et dérèglements immunitaires, des hémoglobinopathies et des troubles du métabolisme, et elle est aujourd'hui beaucoup utilisée dans le traitement du cancer, y compris des leucémies, des lymphomes et des tumeurs solides telles que les neuroblastomes et les tumeurs cérébrales. Bien que les deux domaines présentent nombre des mêmes problèmes en ce qui concerne le rejet du greffon, les récidives, la maladie du greffon contre l'hôte, les effets toxiques des traitements et les infections, les problèmes de qualité du donneur sont moins graves dans les TCSH que dans celui des greffes d'organes solides. Dans le cas des TCSH, la greffe peut être autologue ou allogénique, et elle s'étend à présent au sang du cordon ombilical. Il existe aussi un réseau international de registres dont fait partie le Canada. La Société canadienne du sang s'occupe du « réseau de moelle et de cellules souches UniVie », qui comprend le Registre des donneurs non apparentés de moelle osseuse et la toute jeune banque nationale de sang du cordon ombilical.
- Institut canadien d'information sur la santé, Traitement du stade terminal de l'insuffisance organique au Canada, de 1999 à 2008 - Rapport annuel 2010 du RCITO (Ottawa, Ont. : ICIS, 2010),
- Final Report : Views Toward Organ and Tissue Donation and Transplantation Prepared for Canadian Blood Services by Ipsos Reid, 20 juillet 2010, http://www.bloodservices.ca/CentreApps/Internet/UW_V502_MainEngine.nsf/resources/Releases/$file/IPSOS+Report.pdf.