Dr François Rousseau et Dre Sylvie Langlois

Titre du projet

PEGASUS : PErsonalisation par la Génomique du dépistage des Aneuploïdies dans le Sang matErnel

Problématique

Chaque année, 450 000 Canadiennes deviennent enceintes, et 70 % de ces femmes enceintes décident de participer à un programme de dépistage prénatal dans la population. L’approche actuelle, le dépistage intégré, permet de calculer le risque auquel une femme est exposée d’être porteuse d’un fœtus atteint de trisomie 21 en se fondant sur la combinaison de ses valeurs de biomarqueurs sériques au premier et au deuxième trimestre de sa grossesse, et des résultats de la clarté nucale (marqueur analysé lors de l’échographie fœtale). Chez ces femmes, le taux de détection de la trisomie 21 est de 85 %, mais le taux de résultats positifs au dépistage est de 4 %. Autrement dit, sur les quelque 10 000 femmes enceintes qui subissent un test diagnostique prénatal effractif (amniocentèse), 315 cas de trisomie 21 sont confirmés et 70 fœtus qui ne présentaient pas cette anomalie seront perdus en raison de l’intervention. Plusieurs méthodes de dépistage prénatal non effractives fondées sur la génomique ont été mises au point pour déceler la trisomie 21 et deux autres trisomies (18 et 13) chez le fœtus grâce à l’analyse génomique de l’ADN acellulaire circulant du fœtus dans le sang maternel.

Approche

Le projet PEGASUS visait à fournir les données probantes nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant la mise en œuvre de tests de dépistage prénatal non effractifs des aneuploïdies (trisomies 21, 18 et 13) fondés sur la génomique. Pour ce faire, les chercheurs ont comparé le rendement de deux techniques de dépistage prénatal non effractives, de même que le rapport entre les risques et les bienfaits qui leur sont associés et les ressources nécessaires à leur utilisation en tenant compte des valeurs personnelles des couples. Par la même occasion, ils ont également élaboré, puis validé des outils éducatifs et des outils de prise de décisions partagées adéquats. Au total, 3 819 femmes enceintes ont été recrutées pour participer à cette étude. Des échantillons de sang ont été prélevés et des tests de dépistage prénatal non effractifs ont été comparés. Des simulations pour déterminer le rapport coût-efficacité dans le contexte québécois ont été effectuées. Un sondage pancanadien auprès des femmes, de leur partenaire et de leurs prestataires de soins de santé a été mené pour explorer les attitudes, les valeurs et les préoccupations de ces parties prenantes. Une analyse juridique de la responsabilité du prestataire relativement à la proposition du test de dépistage prénatal non effractif a été effectuée et une analyse des questions de propriété intellectuelle liées aux techniques de dépistage prénatal non effractives a été réalisée dans le cadre d’un atelier auquel participaient des spécialistes du domaine. Des documents d’information et des outils de prise de décisions partagées sur le dépistage prénatal des trisomies 13, 18 et 21 et sur le recours aux tests de dépistage prénatal non effractifs secondaires avant les tests effractifs ont été créés. De plus, nous avons des programmes de formation en ligne destinés aux professionnels de la santé (p. ex. les sages-femmes, les médecins de famille et les obstétriciens-gynécologues).

Résultat

L’analyse des tests de dépistage prénatal non effractifs réalisés dans l’ensemble de la cohorte vient de se terminer (avril 2017). Les analyses statistiques sont toujours en cours, et les résultats finaux devraient être publiés au cours de l’été 2017. Les résultats préliminaires concernant 3 700 grossesses évaluées à l’insu à l’aide de deux méthodes de dépistage prénatal non effractives dans trois laboratoires, méthodes ensuite comparées à un test standard d’utilisation courante, suggèrent que le taux de détection approche les 99 % et que le taux de faux positifs est inférieur à 0,5 % pour ce qui est des trisomies 13, 18 et 21. Le test de dépistage prénatal non effractif effectué dans les laboratoires cliniques publics semble avoir la même efficacité diagnostique que les tests de dépistage prénatal non effractifs du commerce. Les données issues de la simulation effectuée pour déterminer le rapport coût-efficacité ont révélé que la réalisation du test de dépistage prénatal non effractif à titre de test secondaire, suivi d’une amniocentèse en cas de résultats anormaux, n’entraînerait pas de coûts au Québec et réduirait le nombre d’interventions effractives de plus de 90 %, et par là, le nombre de pertes de fœtus. Des documents d’information novateurs, y compris des témoignages vidéo de parents d’enfants atteints de trisomie 21, sont en cours d’élaboration. Des outils d’aide à la prise de décisions visant à promouvoir et à favoriser la prise de décisions partagées ont été mis au point et validés, tout comme les programmes de formation qui les accompagnent. La recherche effectuée sur l’adoption de ces outils permettra leur utilisation optimale au Canada au fur et à mesure de la mise en œuvre des tests de dépistage prénatal non effractifs.

Notons que 30 chercheurs et collaborateurs de 12 universités canadiennes et étrangères, ainsi que des intervenants canadiens clés participent au projet PEGASUS. Au nombre des codirecteurs du projet PEGASUS se trouvent le Dr Daniel Reinharz (Université Laval), responsable des analyses d’économie de la santé, la Dre Vardit Ravitsky (Université de Montréal) et le Dr Tim Caulfield (Université de l’Alberta), responsables des études éthiques, juridiques et sociales, et la Dre France Légaré (Université Laval) et la Dre Brenda Wilson (Université d’Ottawa), responsables des outils de mise en œuvre. Les centres de recrutement du projet PEGASUS ont été dirigés par la Dre Sylvie Langlois (Vancouver), la Dre Jo-Ann Johnson (Calgary), le Dr Doug Wilson (Ottawa), le Dr François Audibert (Montréal) et le Dr Jean Gekas (Québec). Les chercheurs du projet PEGASUS, qui dirigent la validation des tests de dépistage prénatal non effractifs au laboratoire clinique et la mise en œuvre de ces tests sont le Dr Aly Karsan (Vancouver), le Dr Guy Rouleau (Montréal) et le Dr François Rousseau (Québec).

Coordonnées

Dr François Rousseau
Hôpital Saint-François-d’Assise
10, rue de l’Espinay
Québec (Québec)  G1L 3L5
Tél : 418-525-4470
Courriel : francois.rousseau@mac.com

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